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Montréal réclame un fonds d'urgence pour aider les ménages sans logement

Une femme et deux enfants montent un escalier derrière une pancarte de logement à louer.

À Montréal, le taux d'inoccupation des logements a atteint en 2019 son niveau le plus bas en 15 ans.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

D'année en année, la période de déménagement est difficile pour de nombreux Montréalais, particulièrement pour les ménages à faible revenu. Une situation que vient compliquer davantage la COVID-19, souligne l'administration Plante, qui réclame de Québec un fonds d'urgence de 5 millions de dollars et appelle les propriétaires à la solidarité.

Insistant sur la nécessité de ne laisser personne derrière, la mairesse Valérie Plante a voulu se faire rassurante au cours d'une conférence de presse, mercredi : la Ville et ses partenaires ont mis les bouchées doubles au cours des dernières semaines pour bonifier les mesures d'accompagnement aux ménages qui auront besoin d'un logement.

Mais elle demande aux autres ordres de gouvernement de fournir leur part d'efforts.

Elle a indiqué avoir réclamé de Québec un fonds d’urgence de 5 millions de dollars pour aider à accompagner les locataires dans le besoin.

La requête a été faite auprès du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation du Québec (MAMH), et des discussions sont en cours, a précisé Mme Plante.

On ne peut pas y arriver seuls. La Ville de Montréal ne peut pas être la seule responsable pour trouver des solutions à un problème, somme toute, beaucoup plus grand que la ville de Montréal.

Valérie Plante

La somme serait par exemple allouée à l'entreposage des biens, à l'aide à la logistique et à l'hébergement d'urgence.

La Ville a d'ailleurs déjà conclu des ententes avec des hôtels, a précisé la mairesse.

On réfléchit entre autres à la possibilité de réquisitionner des hôtels qui vont pouvoir servir à loger des ménages qui n’auraient pas trouvé ce dont ils ont besoin pour le 1er juillet, a-t-elle dit.

Le taux d'inoccupation dans la métropole québécoise a atteint en 2019 son niveau le plus bas en 15 ans, soit 1,5 %, atteignant même 0,5 % dans les arrondissements du Sud-Ouest et de Verdun.

Selon les données de la Ville, entre 80 000 et 100 000 ménages montréalais changent d'adresse chaque année.

Pandémie et déménagement ne font pas bon ménage

Avant la pandémie, la Ville de Montréal se préparait déjà à accompagner, cette année, de 150 à 200 ménages, soit deux à trois fois plus que l'an dernier.

Taux d'inoccupation très bas, prix des loyers en perpétuelle augmentation, la situation n'était déjà pas rose pour les locataires vulnérables. En raison de la COVID-19, nous nous préparons à une situation plus difficile encore, a souligné la mairesse.

La pause involontaire occasionnée par la pandémie a jeté au chômage plusieurs travailleurs et compliqué les recherches de logement, venant ainsi exacerber une situation déjà précaire.

Valérie Plante a par ailleurs annoncé la création d'un comité de pilotage, formé de partenaires publics et communautaires, ainsi que de représentants de propriétaires et de locataires. Ce comité, qui se réunit toutes les deux semaines, doit assurer une réponse en temps réel aux besoins des ménages montréalais, précise le communiqué.

La Ville a aussi doublé les effectifs de première ligne de l'Office municipal d'habitation de Montréal (OMHM) afin d'améliorer l’accompagnement aux ménages dans le besoin et a collaboré avec le Centre de coordination des mesures d’urgence pour organiser l'aide sur le terrain.

Et si la situation se révélait aussi critique qu'en 2000, marquée par un taux d'inoccupation sous la barre de 1 % et le logement d'urgence de centaines de ménages montréalais? On sera prêt, a assuré la mairesse.

Jusqu'ici, 144 ménages ont fait appel au guichet unique du 311 pour avoir de l'aide, a précisé le responsable de l’habitation au sein du comité exécutif, Robert Beaudry.

L'an dernier, il y en a eu un total de 150. Ça pourrait être plus que le double cette année, a estimé M. Beaudry.

Déjà, 11 des 144 ménages ayant sollicité l'assistance de la Ville ont été accompagnés de façon active, a-t-il dit. Et on n'est pas encore en juin, a-t-il laissé tomber.

Plaidoyer pour l'entente Canada-Québec en habitation

Mme Plante a lancé un cri du cœur aux gouvernements du Québec et du Canada pour qu'ils signent enfin l'entente Canada-Québec en habitation, prévue dans la Stratégie nationale sur le logement, annoncée par le fédéral en 2017.

Celle-ci prévoit de combler sur 10 ans, à l'échelle nationale, les besoins en logement de 530 000 familles, notamment en créant de 100 000 nouveaux logements.

Outre l'aide à court terme, il faut travailler à résorber la pénurie de logements, qui, a souligné Mme Plante, tend à s’intensifier d’année en année. Tout ça doit s’inscrire dans une stratégie beaucoup plus large, a-t-elle soutenu.

Projet Montréal, qui a fait de l'habitation sa priorité, a promis de faire construire 6000 logements sociaux et 6000 logements abordables au cours de son mandat. M. Beaudry a indiqué que 70 % de l'objectif avait été atteint.

Les besoins sont énormes, a ajouté Mme Plante, spécifiant que 20 000 ménages étaient en attente d’un logement social.

Appel à la solidarité des propriétaires

Robert Beaudry a en outre a appelé les propriétaires qui avaient des logements disponibles, de façon permanente ou même temporaire, à faire preuve de solidarité.

Il les a aussi invités à s'entendre avec leurs locataires qui n'ont pas renouvelé leur bail, mais qui n'ont pas trouvé un nouveau logement en raison de la pandémie.

Quant à ceux qui ont l'habitude de louer leurs logements sur Airbnb, ils sont encouragés à les offrir aux ménages montréalais.

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