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Naufrage mortel à T.-N.-L. : un transmetteur « fortement » recommandé absent du bateau

Des bateaux sur le bord d'un quai.

L'un des trois quais de pêcheurs de St. Lawrence. Le bateau Sarah Anne a disparu au large du village terre-neuvien lundi dernier.

Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon

Radio-Canada a appris que le navire qui a fait naufrage au large de St. Lawrence lundi n’était pas équipé d’une balise d’urgence « fortement recommandée » par Transports Canada.

La Garde côtière confirme que le bateau Sarah Anne ne comportait pas de radiobalise de localisation des sinistres (RLS), un transmetteur qui peut envoyer un signal automatique d’urgence aux autorités quand un navire est en danger.

La cause de l’accident mortel dans la baie de Plaisance n’est pas connue, mais la Garde côtière et plusieurs résidents de St. Lawrence soupçonnent que le naufrage est survenu rapidement.

Une carte montrant où se situe St. Lawrence.

St. Lawrence se situe dans la péninsule de Burin, à Terre-Neuve.

Photo : Radio-Canada

Trois corps ont déjà été retrouvés sans gilet de sauvetage.

Le dernier membre de l’équipage manque toujours à l’appel, mais la Garde côtière a mis fin aux recherches mercredi soir à 20 h 45, heure de Terre-Neuve.

Pas de signal d’alerte

L’équipage n’a pas envoyé de signal d’alerte à l’aide de ses deux radios, et l’opération de recherche et de sauvetage de la Garde côtière ne s’est déclenchée qu’après l'appel d’un résident qui s’inquiétait de l’absence du bateau, vers 20 h lundi soir.

Brenda Greenslade, directrice générale de l’Association pour la sécurité des pêcheurs de Terre-Neuve-et-Labrador, assure que le Sarah Anne était conforme aux règles actuelles.

Le navire n’était pas obligé de compter une RLS, parce que ce n'était pas un bateau d’une jauge brute de 15 tonneaux et qu’il se situait à moins de 20 milles marins de la côte.

Une radiobalise de localisation des sinistres.

Une radiobalise de localisation des sinistres (RLS)

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Mme Greenslade note cependant que Transports Canada suggère la présence d’une RLS sur tout bateau de pêche comme moyen efficace pour envoyer un signal de détresse, même si l’appareil n’est pas obligatoire.

Des règles plus strictes à l'horizon

Transports Canada s'apprête à renforcer les règles concernant les balises d'urgence sur les bateaux de pêche, selon une porte-parole du ministère. De nouveaux règlements pourraient d'ailleurs être adoptés dans la prochaine année.

Ces changements proposés surviennent après que plusieurs documents – des rapports du Bureau de la sécurité des Transports et une analyse du Comité sénatorial des pêches et des océans (Nouvelle fenêtre) – ont présenté des résultats semblables

Tous ces documents comprenaient une recommandation à Transports Canada visant à rendre obligatoire la présence d’une RLS sur les bateaux de pêche.

Selon le rapport sénatorial intitulé Quand chaque minute compte, le fait de ne pas avoir de RLS à bord de ces petits bateaux met en péril la sécurité des équipages et se solde parfois par des pertes de vies humaines.

Le comité a souvent entendu que les règlements entourant les radiobalises de localisation des sinistres ne s’appliquent pas aux petits bateaux de pêche, et les petits bateaux forment pourtant la majeure partie de la flotte de pêche commerciale au Canada, explique le sénateur Marc Gold, vice-président du comité à l’époque.

Des milliers de dollars en équipements

Selon le rapport du Sénat, le prix d’une RLS varie de 250 $ à 1000 $ l’unité, un coût jugé raisonnable par les sénateurs. Mais Marc Gold note que le comité a suggéré à Transports Canada d’accorder aux pêcheurs un délai de deux ans pour se conformer aux nouvelles mesures.

On reconnaissait que l’imposition de telles obligations peut coûter cher à l’industrie et que l’industrie fait face à de grands défis économiques, explique-t-il.

Keith Sullivan, le président du syndicat des pêcheurs de Terre-Neuve-et-Labrador (FFAW-Unifor), appuie les modifications aux règlements, mais dit que le gouvernement devrait être prêt à soutenir l’industrie s’il alourdit les coûts de fonctionnement des pêcheurs.

Keith Sullivan.

Keith Sullivan, président du syndicat FFAW-Unifor (archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Il faut avoir ces conversations avec les gens qui travaillent dans l’industrie; mais avec toute la technologie que nous avons aujourd’hui, avec les signaux d’urgence automatiques dans les vaisseaux et même sur les individus, ce sont des choses qui peuvent sauver des vies. Je pense qu’il faut examiner sérieusement ces possibilités, indique M. Sullivan.

Il faut avoir les radeaux de sauvetage, les radios, les combinaisons de survie, et il faut aussi payer l’entretien du bateau et tous les équipements. [Cela représente] des milliers et des milliers de dollars. Il faut que ces équipements de sécurité soient disponibles et que les pêcheurs paient des prix raisonnables, ajoute-t-il.

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Terre-Neuve-et-Labrador

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