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Harcèlement : Le Cégep de Lévis-Lauzon accusé de vouloir faire diversion


Le stationnement et l'entrée principale du Cégep de Lévis-Lauzon

Le Tribunal administratif du travail a conclu qu'un ex-cadre du Cégep de Lévis-Lauzon a été victime de harcèlement psychologique.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

Les syndicats qui représentent les employés du Cégep de Lévis-Lauzon reprochent au conseil d’administration de l’établissement de ne rien faire pour mettre fin au harcèlement psychologique pratiqué par la haute direction, et ce, malgré un jugement accablant du Tribunal administratif du travail.

Ils déplorent qu’aucune mesure n’ait été prise à l’endroit des deux gestionnaires visées par la décision du tribunal : la directrice générale, Isabelle Fortier, et la directrice des ressources humaines, Anne Carrier.

Les deux femmes sont au coeur d’un jugement qui a condamné le Cégep de Lévis-Lauzon à verser des indemnités totalisant 42 000 $ à un ex-cadre ayant été victime de harcèlement psychologique. L’établissement a l’intention de demander une révision de la décision.

À la suite de la publication, dans les médias, de reportages portant sur le jugement, le conseil d’administration s’est réuni en séance extraordinaire samedi dernier. Il a entre autres décidé de mettre sur pied une enquête visant à poser un diagnostic institutionnel. L’exercice doit permettre de trouver des solutions pour assainir les relations de travail à l’intérieur du cégep.

Diversion

Les présidents des syndicats des professionnels (SPGQ), des professeurs (FNEEQ-CSN) et du personnel de soutien (FEESP-CSN) y voient une manoeuvre de diversion.

Dans une lettre envoyée mardi à la présidente du C. A., Danielle-Maude Gosselin, et dont Radio-Canada a obtenu copie, ils affirment que ce ne sont pas les relations de travail qui sont en cause, mais plutôt le comportement des hautes dirigeantes.

Les travailleuses et travailleurs du collège ne sont pas responsables du harcèlement psychologique et des représailles qu’ont fait subir au plaignant les personnes visées par le jugement. Ce harcèlement n’était aucunement justifié et vous devez prendre acte du jugement et vous gouverner en conséquence, écrivent-ils.

Plan rapproché d'une lettre signée par les présidents des trois syndicats représentant les employés du Cégep de Lévis-Lauzon

Les présidents de syndicats Julie Comtois, Marie-Pierre Gagné et Yves Hallé ont signé une lettre adressée à la présidente du C. A. du cégep.

Photo : Radio-Canada / Louis Gagné

Les signataires de la missive ajoutent que l’heure n’est pas à la diversion ni aux démonstrations de force.

Nous ne sommes pas dupes et vous demandons d’agir dans l’intérêt du collège et non dans celui de la direction générale. Il est temps de dénoncer et d’affirmer haut et fort que le harcèlement psychologique n’a pas sa place dans notre institution.

Extrait de la lettre des présidents de syndicats

Inquiétudes des employés

Les chefs des trois syndicats jugent que la réaction de la présidente du C. A. au jugement du tribunal n’aide en rien à calmer les inquiétudes de la communauté collégiale à l’égard de la direction.

Ça devient inquiétant de venir travailler quand on voit la réponse du C. A. à un jugement de harcèlement psychologique. On voit mal comment il pourrait se porter à la défense des employés. Il ne joue pas son rôle, confie le président du Syndicat du personnel du soutien du Cégep de Lévis-Lauzon, Yves Hallé, en entrevue à Radio-Canada.

La présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), Ann Gingras, abonde dans le même sens. Elle croit que les membres du C. A. doivent prendre les mesures qui s’imposent afin de rassurer les employés.

Comment est-ce qu'on peut s'attendre à ce que les salariés aient confiance en des personnes qui n'ont pas juste été coupables de harcèlement psychologique, mais qui ont aussi [reçu] des dommages punitifs et moraux de la part du juge, qui estimait que la situation était très, très grave?, demande-t-elle.

Ann Gingras lors d'une entrevue via webcam

Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN)

Photo : Radio-Canada

Mme Gingras prévient les administrateurs que s’ils sont incapables d’assumer leurs responsabilités en matière de harcèlement psychologique, elle n’hésitera pas à demander l’intervention du ministre de l’Éducation.

Réponse du C. A.

Dans une réponse adressée mercredi aux syndicats, la présidente du conseil d’administration du Cégep de Lévis-Lauzon assure partager leurs préoccupations à l’égard de l’importance de préserver un climat de travail exempt de harcèlement psychologique.

Danielle-Maude Gosselin ne partage toutefois pas leur point de vue sur le processus ayant mené aux décisions prises par le C. A. samedi dernier, notamment celle qui concerne le diagnostic organisationnel.

Selon la présidente, le ton et le contenu de la lettre des syndicats démontrent qu’un tel exercice s’avère nécessaire pour assainir les relations de travail et améliorer le fonctionnement de l’établissement.

Mme Gosselin précise que le mandat sera confié à une firme ou une personne indépendante qui sera choisie par les administrateurs.

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Québec

Relations de travail