•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

20 ans après la mort de Maurice Richard, d’anciens coéquipiers demeurent admiratifs

20 ans après sa mort, André Pronovost et Jean-Guy Talbot se souviennent de leur coéquipier Maurice Richard.

André Pronovost tient dans ses mains une photo en noir et blanc de Maurice Richard et la Coupe Stanley.

André Pronovost n’a jamais eu l’honneur de porter le prestigieux titre de capitaine. C’est en mémoire de son idole et ami qu’il prend la pose pour souligner les 20 ans qui se sont écoulés depuis la mort du Rocket Richard.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Ils ont aujourd’hui 84 et 87 ans. Même si six décennies se sont écoulées depuis leurs derniers coups de patin ensemble, André Pronovost et Jean-Guy Talbot sont toujours aussi admiratifs envers leur ancien coéquipier; Maurice le Rocket Richard, mort il y a 20 ans jour pour jour.

Il a toujours été mon idole. Quand j’étais jeune, il n’y en avait pas d’autres dans notre petit groupe qui avait le droit de s’appeler Maurice Richard. C’était moi qui s’appelais Maurice quand on jouait ensemble dans la rue ou à la patinoire. En grandissant, j’avais le rêve d’un jour jouer avec lui, raconte André Pronovost qui aura finalement joué plus de 500 matchs dans la LNH.

Adolescent, André Pronovost attendait impatiemment un soir le match du Canadien de Montréal présenté chez lui, à Shawinigan. Dans le hall d’entrée de l’aréna municipal, un homme portant un sac d’équipement tente de se faufiler à travers les nombreux spectateurs qui attendent l’ouverture des portes.

Maurice Richard en 1954

Maurice Richard en 1954

Photo : Associated Press

Je lui bloquais sans le vouloir le chemin. Il m’a accroché. Il s’est retourné et m’a dit : "Excuse-moi". C’était Maurice Richard, mon idole. C’était la première fois que je le voyais en personne, se souvient l'ancien ailier. L’année suivante, j’ai rejoint le Canadien junior de Verdun. Son jeune frère Henri était aussi de l’équipe. Maurice venait donc nous voir jouer parfois. Ça ouvrait la porte à des discussions et des conseils. Je savais que je m’approchais de mon rêve de jouer avec lui. La saison suivante, j’étais au camp d’entraînement du Canadien. J’ai obtenu mon poste sur le troisième trio. Je ne jouais pas beaucoup, mais Maurice nous disait : "Les kids, vous allez avoir votre chance."

Quatre victoires de la Coupe Stanley à ses quatre premières saisons professionnelles : André Pronovost pouvait difficilement espérer mieux.

Maurice Richard et Jean Béliveau posent avec la Coupe Stanley

Maurice Richard et Jean Béliveau posent avec la Coupe Stanley, après avoir battu les Bruins de Boston, le 20 avril 1958.

Photo : PC/AP

Maurice, c’était notre meneur. Il ne parlait pas souvent, mais il nous montrait le chemin par ses actions. Ça se voyait quand il était fâché. On savait qu’on devait travailler plus fort. C’était naturel chez lui de mener l’équipe. Je considère que j’étais privilégié un peu, avec Maurice. Souvent, je lui demandais des conseils. Il me donnait le conseil, là je pratiquais. Le lendemain il venait voir. " Tu as pratiqué, je vais t’en donner un autre! ". J’ai été réellement choyé avec Maurice, poursuit monsieur Pronovost, qui ne cache pas que le Rocket a eu une grande influence sur sa carrière et sur son tir du revers!

Meilleur que Gordie Howe?

Jean-Guy Talbot a remporté sept Coupes Stanley au cours de sa carrière, dont cinq aux côtés du Rocket. Il affirme sans hésitation que Maurice Richard était le meilleur de sa génération. Meilleur que Gordie Howe, dit-il.

Quand il dépassait la ligne bleue et s’en allait vers le filet, ça ne se tassait pas : c’est lui qui les tassait. Il était tellement fort! Il pouvait en porter un sur son dos pour aller marquer.

Jean-Guy Talbot à propos de son ex-coéquipier Maurice Richard
un homme avec une coupe.

Jean-Guy Talbot a remporté 7 Coupes Stanley, dont 5 consécutives.

Photo : Radio-Canada

Pour le Rocket, il ne faisait aucun doute qu’une équipe gagnante devait afficher à l’entraînement la même ardeur que lors d’un match officiel.

C’était notre plus grande star. On hésitait peut-être à l’accoter un peu dans la bande lors des pratiques. Ça le fâchait. Il nous disait : " Hey, le kid aweille, c’est comme une game!" Il était capable d’en prendre. Quand on avait besoin d’un but ou d’un gros jeu pour réveiller l’équipe, c’était lui qui se levait. C’était naturel chez lui, de poursuivre André Pronovost.

Un homme populaire et altruiste

Ne refusez jamais un autographe à un fan, parce que vous ne savez pas à quel moment il va vous oublier, répétait le célèbre numéro 9 à ses jeunes coéquipiers.

Après les matchs du Canadien, les joueurs signaient quelques autographes à la sortie du Forum.

Quand Maurice arrivait après nous, tout le monde s’en allait vers lui et plus personne ne s’intéressait à nous [rires]. On arrivait pour partir et Maurice durcissait le ton. Il disait : "Hey les kids, vous restez avec moi. " On disait : "Oui, mais Maurice, c’est juste toi qu’ils veulent voir!" Puis, soudainement, il commençait à nous présenter aux amateurs. Plutôt que de signer leur calepin et le leur redonner, il nous le passait et disait : "Lui, c’est André Pronovost, lui, c’est Phil Goyette, lui, c’est Claude Provost. Il ne voulait pas être le seul visage de l’équipe", se remémore André Provonost.

Plusieurs ont décrit le Rocket comme un homme froid.

Maurice Richard, en 1969, au micro de Radio-Canada

Maurice Richard, en 1969, au micro de Radio-Canada

Photo : Radio-Canada / Francis J. Menten

Tout le monde pensait qu’il était snob. Il ne l’était pas du tout. Ils sont faits de même, les Richard. Henri, ce n’était pas un parleur lui non plus. C’est un gars très humble. Tout le monde était gêné avec. Moi, je lui jouais des tours de temps en temps. On aurait dit qu’il aimait ça. Il ne le disait pas, mais il ne se fâchait pas. Il me faisait des gros yeux parfois, mais je n’étais pas inquiet , rigole encore Jean-Guy Talbot.

Vingt ans après la mort de celui qui a tracé le chemin pour les athlètes francophones qui rêvent de la Ligue nationale de hockey, Jean-Guy Talbot et André Pronovost regardent encore régulièrement avec nostalgie des photos de cette glorieuse époque où, menés par une légende, ils sont entrés à leur tour dans l’histoire d’une franchise incomparable.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Hockey

Sports