•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La main tendue de Joe Biden aux démocrates progressistes

Depuis le début de la pandémie, l’ancien vice-président ouvre la porte à un programme social plus ambitieux. Convaincra-t-il les progressistes sceptiques à l'égard de sa candidature?

Joe Biden et Bernie Sanders se donnant un coup de coude.

Joe Biden et Bernie Sanders ont remplacé la traditionnelle poignée de main d'avant débat par un coup de coude amical.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

À Wilmington, métropole du Delaware, la gare de train porte le nom de Joe Biden. Dans ce petit État de moins d’un million d’habitants, les résidents sont nombreux à avoir une histoire à raconter à propos de l’ancien vice-président, sans contredit le politicien le plus connu de la région.

C’est par exemple grâce à l’appui de celui qui a été sénateur du Delaware pendant plus de 30 ans que Larry Lambert a obtenu le financement nécessaire pour terminer ses études universitaires. C’est mon héros personnel; sans lui, je n’aurais pas pu obtenir mon diplôme, explique-t-il.

Aujourd’hui candidat aux élections à la législature de l’État, Larry Lambert ne s’en cache pas : il n’est pas exactement sur la même longueur d’onde que son héros quand vient le moment de parler politique.

Larry Lambert regarde à la caméra.

Larry Lambert considère Joe Biden comme un « héros », mais n'est pas toujours d'accord avec lui sur les questions politiques.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Accès à l’assurance maladie, augmentation du salaire minimum : les propositions de ce candidat progressiste s’apparentent davantage aux idées du sénateur du Vermont Bernie Sanders qu’à celles de l’ancien vice-président.

Le retour à la normale après la présidence Trump, qui a été la ligne directrice de la campagne Biden pendant les primaires démocrates, n’est pas une solution, selon Larry Lambert.

Le retour à la normale est ce qui nous a mis dans ce pétrin en premier lieu. Il faut aller de l’avant, pas regarder en arrière.

Larry Lambert, politicien démocrate du Delaware

Jess Scarane, qui fait campagne pour remporter l’ancien siège de Joe Biden au Sénat, maintenant détenu par un élu démocrate plus centriste, va plus loin.

Selon elle, l’art du compromis qui caractérise de nombreux élus du Delaware, dont l’ancien vice-président, n’a pas profité à un pan de la population de cet État, qui est le siège de la majorité des banques américaines, mais où les inégalités économiques sont importantes.

Une rue de Wilmington, dans le Delaware.

La ville de Wilmington, siège de nombreuses banques américaines, détient son lot d'inégalités sociales et économiques.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Pour de nombreuses personnes, ne pas aimer Trump sera suffisant pour aller voter. Mais pour beaucoup, ce ne sera pas assez, parce que leur vie n’était pas nécessairement extraordinaire il y a quatre ans.

Jess Scarane, politicienne démocrate du Delaware

Jess Scarane croit que la balle est dans le camp du parti et de son candidat pour éviter que le scénario de 2016 ne se reproduise et que des électeurs démocrates ne restent à la maison le jour du vote.

Une transformation de l’économie

Pendant les primaires démocrates, Joe Biden a présenté des promesses beaucoup plus prudentes que certains de ses adversaires, comme les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

Les crises sanitaire et économique qui secouent les États-Unis et le monde depuis quelques mois ont été l’occasion pour Joe Biden de revoir certaines de ses positions. Dans son propre État du Delaware, le taux de chômage est passé de moins de 4 % à plus de 14 % entre février et avril.

Des voitures alignées, coffre ouvert, pour récupérer des victuailles.

Une banque alimentaire à Claymont, dans la région de Wilmington au Delaware

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Nous avons l’occasion non seulement de reconstruire l’économie, mais de la transformer, a ainsi déclaré l’ancien vice-président qui, ces dernières semaines, a fait plusieurs fois référence à Franklin Delano Roosevelt, le président démocrate qui a mis sur pied de nombreuses réformes sociales après la grande dépression des années 1930.

Sans devenir un adepte de l’accès universel à la santé, Joe Biden a par exemple mis sur pied un groupe de réflexion sur ce thème qui inclut des élus du parti qui y sont favorables. Un autre panel, qui lui se concentre sur la question des changements climatiques, a pour membre Alexandria Ocasio-Cortez, véritable porte-parole du courant progressiste au sein du Parti démocrate.

Joe Biden a aussi proposé d’effacer les dettes de certains étudiants, se ralliant ainsi en partie à une proposition de son ancienne rivale, la sénatrice Elizabeth Warren.

Cette main tendue de Joe Biden semble satisfaire Madinah Wilson-Anton. Cette autre candidate progressiste du Delaware, bien qu’elle travaille pour l’Institut Biden de l'Université du Delaware, n’est pas enthousiasmée par la candidature de l’ancien vice-président.

Je vois que Joe Biden travaille avec les progressistes. J’espère qu’il va continuer de faire ça, dit-elle.

Une photo de Joe Biden à son restaurant favori.

La présence de Joe Biden au Claymont Steak Shop a été immortalisée.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Mais pour parvenir à la Maison-Blanche, Joe Biden mise aussi sur l’appui d’électeurs modérés, notamment dans des États-clés du Midwest. Comment percevraient-ils un virage à gauche du candidat?

Au Claymont Steak Shop, l'un des restaurants favoris de l’ancien vice-président près de Wilmington, le propriétaire Basil Kolias se montre par exemple prudent lorsqu'il est question des réformes économiques et sociales.

S’il croit qu’une intervention gouvernementale est nécessaire pour affronter une crise comme celle à laquelle les États-Unis font présentement face, il ajoute que la question est de savoir où tracer la ligne.

Une question à laquelle Joe Biden et le Parti démocrate devront répondre au cours des prochains mois.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique américaine

International