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La Maison-Blanche annonce un décret sur les réseaux sociaux

Donald Trump s'adresse aux journalistes.

Le président des États-Unis, Donald Trump

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Après avoir été menacés de fermeture par le président Trump mercredi matin, les réseaux sociaux font face à un nouvel écueil : des responsables de la Maison-Blanche ont indiqué en soirée qu'ils feraient l'objet d'un décret présidentiel.

Les responsables, qui ont parlé aux journalistes voyageant avec le président Trump vers Washington depuis la Floride à bord d'Air Force One, n'ont cependant donné aucune précision.

En matinée, le président écrivait sur Twitter qu'il allait réglementer de façon sévère ou même fermer les plateformes de réseaux sociaux si elles continuaient de faire taire totalement les voix des conservateurs.

Contacté par l'agence Reuters, Twitter, cible de l'ire du président, a refusé de réagir à la nouvelle, tandis que Facebook et Google ne l'avaient toujours pas commentée en début de soirée.

Les plateformes sociales sont dans la ligne de mire du président américain depuis que Twitter a accolé, mardi, un avertissement à deux de ses messages sur le vote par la poste, les signalant comme étant trompeurs.

L'entreprise a souvent été accusée d'inaction dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, notamment ceux du président américain.

Cette fois, Twitter a assorti les tweets dans lesquels le président assimilait la mise en place du vote par la poste à une fraude massive de cette mention : Obtenez les faits sur le vote par la poste, accompagnée d'un point d'exclamation et d'un lien menant à une page indiquant que ses accusations sont sans fondement.

La réplique n'a pas tardé, le président – utilisateur assidu de Twitter – critiquant son moyen de communication de prédilection sur le réseau social même. Dès mardi soir, il a accusé l'entreprise de s'ingérer dans les élections et a menacé d'intervenir pour l'empêcher de s'en prendre à la liberté de parole.

Mercredi, il en a remis dans une salve de tweets matinale, accusant les réseaux sociaux d'être intervenus dans la campagne présidentielle de 2016.

Nous avons vu ce qu'ils ont essayé de faire, et qui a été un échec, en 2016. Nous ne pouvons pas permettre que cela se reproduise dans une version plus sophistiquée, a-t-il lancé.

Ironiquement, les réseaux sociaux, Facebook en tête, ont été montrés du doigt pour la campagne de désinformation qu'a pu y mener la Russie lors de la campagne présidentielle américaine de 2016, à l'avantage de Donald Trump.

Des reportages avaient également révélé que Cambridge Analytica, une entreprise spécialisée dans le profilage psychographique qui avait été recrutée par l'équipe de Donald Trump, avait obtenu des données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook, sans autorisation ou de façon trompeuse, pour bâtir un programme informatique permettant de prédire et d'influencer le choix des électeurs.

La lutte contre la désinformation est donc considérée comme particulièrement cruciale par les réseaux sociaux depuis les tentatives de manipulation de l'élection présidentielle américaine et du référendum sur le Brexit, en 2016.

Le vote postal cloué au pilori

En matinée, le président – toujours sur Twitter – a aussi repris ses attaques à l'endroit du vote par la poste, que veulent favoriser les gouverneurs de plusieurs États en raison de la pandémie de coronavirus.

Nous ne pouvons pas laisser le vote par correspondance s'enraciner dans notre pays. Cela serait un bar ouvert pour la tricherie, la fraude et le vol de votes, a-t-il écrit.

Celui qui tricherait le plus gagnerait. [C'est la même chose pour les] réseaux sociaux. Reprenez-vous, MAINTENANT!!!!, a ajouté le président.

L'enjeu du vote par correspondance est au centre de la croisade du moment du président Trump. Il a pourtant lui-même voté par correspondance lors de la primaire républicaine de Floride, tenue en mars.

Les tweets auxquels Twitter a réagi visaient le gouverneur démocrate de Californie, qui a annoncé récemment que l'ensemble du vote de novembre se déroulerait par la poste.

Selon les données de la Californie, la majorité des électeurs de l'État votaient déjà par correspondance.

Sans nécessairement aller aussi loin que la Californie, plusieurs gouverneurs – des démocrates, mais aussi des républicains – entendent permettre aux électeurs de voter par la poste, soit lors des primaires, soit lors des élections générales de novembre en raison des risques associés à la COVID-19.

Au cours des derniers jours, le président a attaqué à ce sujet le Michigan et le Nevada, entre autres sur Twitter.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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