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La fronde s'intensifie contre le conseiller de Boris Johnson

Le dirigeant conservateur était déjà accusé par l'opposition d'avoir tardé à décréter le confinement.

Boris Johnson debout sur une tribune

Le premier ministre britannique Boris Johnson doit gérer la tempête entourant son conseiller politique en même temps que la difficile sortie de confinement de la population.

Photo : Reuters / ANDREW PARSONS

Agence France-Presse

Le gouvernement britannique a vu mardi la fronde s'intensifier dans son propre camp au sujet du déplacement en plein confinement du conseiller du premier ministre Boris Johnson, Dominic Cummings, dont les explications n'ont pas suffi à éteindre l'incendie.

Après la démission d'un secrétaire d'État, plusieurs députés ont rejoint les rangs des désormais près de 40 élus conservateurs qui réclament, selon les médias britanniques, le départ du très influent et controversé conseiller, considéré comme le cerveau de la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit.

Monté au créneau personnellement pour défendre son proche allié, Boris Johnson se retrouve à devoir gérer cette affaire en pleine phase très délicate du déconfinement.

Des habitants de ma circonscription n'ont pas pu dire au revoir à leurs proches, des familles n'ont pas pu faire leur deuil ensemble, des gens n'ont pas pu visiter leurs proches malades parce qu'ils suivaient les recommandations du gouvernement, a expliqué le démissionnaire secrétaire d'État pour l'Écosse, Douglas Ross, sur Twitter.

Je ne peux pas, en toute bonne foi, leur dire qu'ils avaient tous tort et qu'un conseiller du gouvernement avait raison, a-t-il poursuivi.

Lors d'une conférence de presse exceptionnelle pour un conseiller lundi, Dominic Cummings n'a exprimé ni excuses ni regrets, mais il a assuré avoir agi de manière légale et raisonnable en parcourant 400 kilomètres malgré le confinement qui imposait aux Britanniques de rester chez eux.

Craignant d'être contaminé par le nouveau coronavirus, il a expliqué s'être rendu avec sa femme et leur fils de 4 ans chez ses parents à Durham, dans le nord-est de l'Angleterre, parce qu'il cherchait une solution pour faire garder son enfant.

Un second déplacement est particulièrement critiqué : une visite à proximité du château médiéval de Barnard, à une quarantaine de kilomètres du domicile de ses parents, le jour de l'anniversaire de sa femme.

Le conseiller a assuré que cette virée en voiture devait lui permettre de vérifier qu'il pouvait conduire en toute sécurité, car sa vue avait été affectée par le virus.

Dominic Cummings porte une chemise blanche et parle devant un fond vert.

Le conseiller du premier ministre Boris Johnson, Dominic Cummings, a effectué un déplacement de 400 kilomètres malgré le confinement imposé aux Britanniques.

Photo : Reuters / Archives

La tempête gronde

Lors d'une conférence de presse mardi, le ministre de la Santé Matt Hancock a indiqué que le gouvernement examinerait la possibilité de supprimer les amendes infligées aux personnes n'ayant pas respecté le confinement pour des raisons de garde d'enfant.

Je dois consulter mes collègues du Trésor avant de pouvoir vous répondre complètement, a-t-il indiqué à la question d'un membre du public, un pasteur de Brighton.

Malgré la tentative du gouvernement de venir en aide au conseiller, la tempête continue de gronder, y compris dans le camp conservateur, où selon la presse britannique près de 40 députés réclament sa démission.

Selon un sondage publié mardi par l'institut YouGov, 59 % des personnes interrogées sont favorables à sa démission et 52 % des partisans du Brexit, dont M. Cummings est une figure de proue.

Outre cette affaire, Michael Heseltine, figure du parti tory, s'est interrogé sur l'influence du conseiller qui n'a de compte à rendre à personne à part le premier ministre, mais semble avoir de plus en plus de pouvoir.

Boris Johnson a tenu deux conférences de presse pour défendre son conseiller dont il est très proche, concédant lundi soir regretter la confusion et la colère provoquées par l'affaire.

Il doit s’occuper de ce dossier en même temps que la sortie d'un confinement difficile à gérer au Royaume-Uni, où de nombreux parcs et plages se sont retrouvés bondés ce week-end.

Le premier ministre critiqué

Le dirigeant conservateur était déjà accusé par l'opposition d'avoir tardé à décréter le confinement et à fournir suffisamment de combinaisons médicales et de masques aux soignants et employés de maisons de retraite.

Le Royaume-Uni est au deuxième rang des pays les plus endeuillés par le nouveau coronavirus, après les États-Unis : 37 048 personnes déclarées positives à la COVID-19 sont décédées, selon un bilan du ministère de la Santé publié mardi.

Pour la première fois depuis le 18 mars, l'Irlande du Nord n'a enregistré aucun décès, s'est réjoui Matt Hancock.

Mais le décompte dépasse les 46 000 décès si on inclut les cas non confirmés, mais suspectés, selon le Bureau national des statistiques.

M. Hancock a également annoncé que l'antiviral remdesivir, dont une étude a démontré l'efficacité modeste contre le nouveau coronavirus, allait être administré à certains patients au Royaume-Uni.

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