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David Morin a aménagé une classe dans un garage pour enseigner aux enfants de son voisinage à Saint-Étienne-des-Grès en Mauricie.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Plusieurs parents ont bien des inquiétudes quant au retour en classe de leurs enfants. En Mauricie, un enseignant a dissipé toutes leurs appréhensions en faisant revivre la tradition de l'école de rang. Il enseigne bénévolement aux élèves de sa rue dans un garage qu'il a transformé en salle de classe.

La cloche ne sonne pas sur la rue Biron, à Saint-Étienne-des-Grès, et pourtant les élèves se rendent assidûment en classe deux fois par jour.

Ces élèves proviennent de trois familles qui habitent sur la rue. Il y a les Morin, les Desaulniers et les Girard, lance leur enseignant, David Morin, en guise de présentation.

Monsieur David, comme l'appellent ses élèves, est enseignant dans une école secondaire de Trois-Rivières. Comme ses élèves ne retourneront pas en classe d'ici la fin de l'année scolaire, il a dû se résigner à leur enseigner virtuellement.

Mais le traditionnel cours magistral lui manquait.

Lorsque le ministère de l'Éducation a annoncé le retour en classe de façon volontaire des élèves du primaire à l'extérieur de la région de Montréal, il a vu l'occasion de renouer avec sa passion.

Quand on a appris que les jeunes devaient soit retourner à l'école, soit faire l'école à la maison, on était ambivalents. On ne voulait pas les retourner à l'école, mais en même temps, les parents ne sont pas tous aptes à enseigner à la maison. Donc, moi, je me suis offert, j'ai dit : "Ça me manque, si vous voulez, je pourrais enseigner", explique David Morin.

Il a donc aménagé une classe dans un garage prêté par des voisins et il a recruté les enfants des familles vivant sur la rue comme élèves. Derrière des pupitres improvisés, on retrouve sept élèves de tous les niveaux, de la 3e année du primaire jusqu'à la 1re année du secondaire.

Entourés par les pots de peinture, les tuyaux d'arrosage et les escabeaux, les élèves écoutent attentivement les consignes de Monsieur David. Au début, il ne faisait pas chaud, donc le poêle était allumé le matin comme dans une école de rang, comme dans le temps des Filles de Caleb, raconte David Morin.

Des élèves devant un poêle à bois font leur devoir.

« Au début, il ne faisait pas chaud, donc le poêle était allumé le matin comme dans une école de rang, comme dans le temps des ''Filles de Caleb'' », raconte David Morin.

Photo : Avec la gracieuseté de David Morin

Même si l'atmosphère est détendue, ce n'est pas la récréation pour autant à l'école du garage. Les enfants travaillent à partir de leur matériel scolaire et Monsieur David suit le plan fourni par leurs enseignants chaque semaine.

Je ne veux pas qu'ils le fassent juste pour le faire, je veux vraiment qu'ils progressent. On est en communication avec certains enseignants qui ont su ce que je fais et ils me demandent comment vont leurs élèves, précise David Morin.

Je n’ai aucun doute qu'ils seront prêts pour la rentrée scolaire, et même je dirais que certains vont être en avance!

David Morin

Pour les parents, l'école du garage a permis de chasser bien des soucis, confie Catherine Morand, mère de deux élèves. En tant que parent, je trouve difficile d'enseigner à mon enfant, parce que c'est très loin en arrière. D'avoir une aide comme ça, je trouve ça génial.

Un garage transformé en classe avec des élèves et leur enseignant.

L'école du garage accueille 7 élèves de la 3e année du primaire à la 1re année du secondaire.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Les enfants aussi sont reconnaissants envers leur enseignant. C'est toute la gang de la rue qui vient dans notre garage. Monsieur David n'est pas obligé de faire ça, il n'est pas payé et il vient nous aider, dit Olivier Desaulniers, un élève de 5e année.

Est-ce que c'est mieux qu'à l'école? Faudrait pas que mes profs entendent ça, mais oui!, lance spontanément Aurélie Girard, une élève de 3e année. Il faut dire que Monsieur David a bien des trucs pour les captiver.

Aujourd'hui, ça va être une sortie en vélo, on va prendre une crème glacée au village. On va essayer de faire rouler l'économie locale en même temps, annonce-t-il à ses élèves avant de terminer sa classe.

La journée d'école se finit donc au casse-croûte Chez Lulu avec des élèves et un enseignant comblés. Si c'était pas de la passion, on ne ferait pas ça. Présentement, c'est vraiment par passion, assure Monsieur David.

Si la motivation et la réussite vont de pair, l'école du garage pourra certainement ajouter quelques étoiles à son cahier.

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