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Canicule ou pas, la baignade en condo devra attendre

Piscine extérieure d'un complexe immobilier

La piscine de la copropriété L'Aventura, à Québec, attend d'accueillir ses premiers baigneurs.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

Les personnes vivant en copropriété qui cherchent désespérément à se rafraîchir devront prendre leur mal en patience. Malgré la vague de temps chaud et humide qui déferle actuellement sur le Québec, l’accès à leur piscine demeure interdit jusqu’à nouvel ordre en raison de la COVID-19.

Depuis quelques jours, Marie-Cécile Bodéüs, avocate spécialisée en droit de la copropriété, est bombardée de questions portant sur l’ouverture des piscines et des terrasses.

Elle explique que de nombreux propriétaires de condos comptent sur ces espaces communs pour échapper à la chaleur durant l’été.

Il faut comprendre que pour bien des copropriétaires, [la présence] d'une piscine extérieure ou d'une terrasse est un attrait important quand ils achètent leur copropriété [et que] certains n'ont pas d'air climatisé dans leur unité privative, souligne Me Bodéüs en entrevue à Radio-Canada.

Restrictions

Si la piscine de leur immeuble finit par rouvrir, les copropriétaires devront se plier à des conditions d’utilisation très strictes, prévient l’avocate associée chez de Grandpré et Jolicoeur.

Il va falloir restreindre l’accès à la piscine, limiter le nombre de baigneurs [et mettre en place] un programme d'entretien substantiellement plus élevé que les autres années pour désinfecter les escaliers, les plongeons et le mobilier autour de la piscine, mentionne-t-elle.

Marie-Cécile Bodéüs accorde une entrevue via webcam.

Marie-Cécile Bodéüs, avocate spécialisée en droit de la copropriété

Photo : Radio-Canada

Contrôler les allées et venues, faire respecter les mesures de distanciation physique, gérer le temps de baignade, s’assurer que le niveau de chlore est suffisamment élevé pour empêcher le virus de survivre dans l’eau, etc. : l’ouverture des piscines représente un défi de taille pour les administrateurs de copropriétés.

Chose certaine, on ne retrouvera pas le plaisir de la baignade qu'on avait l'été dernier.

Me Marie-Cécile Bodéüs, avocate spécialisée en droit de la copropriété

Me Bodéüs croit que les gestionnaires ont tout intérêt à prendre leur rôle au sérieux s’ils désirent éviter les ennuis.

Le conseil d’administration pourrait s’exposer à des poursuites de la part de copropriétaires si jamais il y a des contaminations parce que [les règles] n’ont pas été suivies. Un syndicat de copropriété a l'obligation de s'assurer de la sécurité de ses résidents et de s'assurer aussi que ses équipements soient en état pour le faire, fait valoir l’avocate.

Frais de copropriété

Marie-Cécile Bodéüs rapporte que des copropriétaires lui demandent régulièrement si la fermeture prolongée de leur piscine ou de leur salle d’entraînement en raison de la COVID-19 pourrait leur valoir une réduction de leurs frais de copropriété.

La réponse est malheureusement non. Le syndicat a besoin de ces cotisations-là, parce que la piscine, même si elle demeure fermée, elle va avoir besoin d'entretien, alors les frais [mensuels] ne devraient pas baisser pour autant, précise l’avocate.

Qu’en est-il des personnes qui habitent dans des condos locatifs? Ont-ils tendance à réclamer une diminution de leur loyer pour compenser la fermeture des espaces communs?

Le phénomène est très limité si l’on en croit Jean-François Deschênes, vice-président aux opérations chez Groupe Huot, une entreprise qui offre en location quelque 6000 unités de copropriété à Québec.

Une piscine extérieure dans un quartier résidentiel

Les personnes qui habitent dans les condos locatifs du Groupe Huot attendent avec impatience l'ouverture de leur piscine extérieure.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

Les gens comprennent que les sous qui vont à l’entretien de la piscine sont dépensés présentement parce qu’on travaille à les ouvrir. Ils comprennent que c’est le gouvernement qui nous oblige à les maintenir fermées , raconte M. Deschênes.

Coûts d’entretien à la hausse

Il affirme que la crise sanitaire n’a pas diminué les coûts d’entretien du parc immobilier de Groupe Huot. Elle a plutôt forcé l’entreprise à consacrer davantage de ressources pour nettoyer et désinfecter les aires communes de ses immeubles.

Le gestionnaire dit recevoir plusieurs dizaines d’appels par jour de locataires qui cherchent à savoir quand ils pourront se baigner.

On aimerait ça ouvrir les piscines, mais ce n'est pas une décision qui nous appartient, affirme Jean-François Deschênes.

En attendant d’obtenir le feu vert des autorités, Groupe Huot s’affaire à nettoyer et à traiter au chlore les piscines extérieures de ses différents complexes immobiliers pour être fin prêt le moment venu.

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