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COVID-19 : les besoins des nouveaux arrivants en hausse, selon des organismes albertains

Un élève devant son écran d'ordinateur portable.

En Alberta, de nombreux nouveaux arrivants ont besoin d'ordinateurs pour leurs enfants.

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Selon des organismes d'appui aux nouveaux arrivants francophones en Alberta, la COVID-19 a exacerbé la situation de ces derniers. Isolement, perte d’emploi et difficulté à se procurer un ordinateur pour la scolarité de leurs enfants... Autant de facteurs qui ont rendu leur intégration plus difficile.

Les employés de ces organismes travaillent d’arrache-pied pour les aider à trouver les aides financières auxquelles ils ont droit, des ordinateurs, de l’appui scolaire et même de la nourriture.

À Edmonton et à Fort McMurray, l’organisme Francophonie albertaine plurielle (FRAP) a réorganisé son offre de service. Selon son directeur général, Alphonse Ahola, les demandes d’aide ont augmenté de 200 % comparativement à l’an dernier.

Alphonse Ndem Ahola parle au journaliste.

Le directeur général de la FRAP, Alphonse Ahola, dit que le gouvernement fédéral a réduit le budget de l'organisme de 30 %, car le nombre d'immigrants francophones a baissé.

Photo : Radio-Canada

Ils ont besoin de soutien pour faire leur demande d’aide financière aux gouvernements provincial et fédéral, mais pas seulement, dit M. Ahola.

« Les besoins sont très nombreux. »

— Une citation de  Alphonse Ahola, directeur général de la FRAP

Un des services très utilisés est celui de la traduction. Comme de nombreux nouveaux arrivants francophones sont unilingues, ils ont besoin d’aide pour communiquer, notamment avec leur médecin.

Un homme assis devant des ordinateurs.

Comme les employés de nombreuses organisations, ceux du FRAP font du télétravail.

Photo : Courtoisie de la FRAP

En situation normale, l’employé de la FRAP rejoint son client chez le médecin pour faire la traduction, mais à cause de la COVID-19, il a fallu s’adapter aux contraintes des consultations par vidéoconférence.

Dans ce contexte-ci, c’était parfois plus compliqué, car notre employé devait se connecter en ligne pour faire la traduction, une connexion à trois, explique M. Ahola.

La FRAP a aussi complètement réorganisé son aide scolaire. Comme les écoles ont été fermées, nos conseillers n’avaient plus d’espace où aller rencontrer les élèves, leurs parents et leurs enseignants, explique le directeur général.

Yic Camara, le coordonnateur des Services d'établissement dans les écoles de cet organisme, explique que 95 élèves reçoivent maintenant une aide scolaire en ligne.

Yic Camara.

Yic Camara explique qu'il a seulement cinq membres dans son équipe pour répondre aux besoins grandissants des parents issus de l'immigration francophone.

Photo : Radio-Canada

Nous avons très rapidement mis en place notre programme appelé espace étude, un programme de tutorat académique en ligne, et nous avons recruté 25 enseignants qui ont perdu leur emploi lors des compressions budgétaires. Ils accompagnent les élèves de la 1re à la 12e année, ajoute Yic Camara.

À Calgary, les besoins ont aussi augmenté

Le Centre d’accueil francophone de Calgary (CAF), qui aide d'habitude une quarantaine de familles durant cette période de l’année, a offert son assistance à près d’une centaine d'entre elles seulement au mois d'avril.

Comme la FRAP, la CAF a reçu de nombreux appels concernant les aides financières. Toutefois, Alejandra Aracena, la coordinatrice du centre, dit que ce qui a été le plus frappant, ce sont les demandes de nourriture.

Dans un entrepôt, un homme remplit des caisses de bouteilles de lait.

Malgré la fermeture des écoles, la banque alimentaire de Calgary et Meals on Wheels maintiennent leur programme de nutrition scolaire.

Photo : Radio-Canada / Nassima Way

C’est incroyable, la demande qu’il y a eu pour la banque alimentaire de Calgary, et on a même dû trouver d’autres sources d'approvisionnement [telles que Hope Mission], car pour certaines familles la banque alimentaire était beaucoup trop loin et il fallait qu’elles s’y rendent en autobus.

Deux femmes regardent la caméra en souriant. Autour d'elles on voit des tables sur lesquelles sont étalés des produits d'épicerie.

Alejandra Aracena (à droite) est en compagnie d'une des 40 bénévoles qui ont donné un coup de main pour l'organisation du marché solidaire qui a lieu tous les ans en décembre.

Photo : Radio-Canada

Autres besoins criants : des ordinateurs pour une douzaine de familles. La CAF a d'ailleurs fait une demande auprès de plusieurs organismes tels que le Drop In Centre, un organisme qui collecte des ordinateurs pour les redonner aux familles à faible revenu. Ce que nous avons appris de la COVID-19, c’est que la solidarité est large à Calgary, confie Mme Aracena.

« Si les enfants sont sur les ordinateurs, les parents font quoi s'ils doivent travailler avec? »

— Une citation de  Alejandra Aracena, coordinatrice de la CAF

Du côté du Centre d'accueil nouveaux arrivants francophones (CANAF), aussi établi à Calgary, les demandes d'aide n'ont en revanche pas augmenté de manière aussi importante. Les besoins se concentrent plus sur la déclaration d'impôts, l'une des spécialités du CANAF.

Un rapport d'impôt du Canada.

Pour beaucoup de nouveaux arrivants, remplir sa déclaration d'impôt est compliqué.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

En effet, les personnes qui ont besoin de l’aide gouvernementale doivent d’abord avoir rempli une déclaration d'impôts.

Ce que nous voyons plus, c’est des gens qui ont des problèmes pour obtenir les prestations d’urgence parce qu’ils n’ont pas fait de déclaration d’impôts, donc ils n’ont pas de compte avec Revenu Canada, alors ils paniquent, explique le directeur général du CANAF, Esdras Ngenzi.

Esdras Ngenzi.

Esdras Ngenzi, directeur général du Centre d'accueil des nouveaux arrivants francophones, dit que son centre offre des formations pour aider les nouveaux arrivants à remplir leur déclaration d'impôts.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, la détresse des nouveaux arrivants ne s’arrête pas à ce qui est vécu quotidiennement, car l'après-COVID-19 causerait beaucoup de stress aux familles. On essaie de les rassurer du mieux qu’on peut avec les informations que nous recevons , conclut Alejandra Aracena.

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