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Pour la première fois, Twitter signale comme trompeurs des tweets de Donald Trump

Le président Trump en réunion avec les membres de son gouvernement.

Avec ses 80 millions d'abonnés, le président Trump bénéficie d'une extraordinaire chambre d'écho sur Twitter.

Photo : Reuters / LEAH MILLIS

C'est une première : Twitter a accolé, mardi, un avertissement à deux messages du président Trump, qui affirmait que le vote par la poste était nécessairement frauduleux. Un geste qui a provoqué l'ire du principal intéressé.

Si certains internautes avaient dans leur mire des tweets qu'ils considèrent sexistes, racistes ou qu'ils associent à de l'intimidation, le réseau social a ciblé des messages portant sur le processus électoral, jugés inexacts.

Twitter les a assortis de cette mention : Obtenez les faits sur le vote par la poste, accompagnée d'un point d'exclamation et d'un lien menant à une page indiquant que ses accusations sont sans fondement.

Dans un des tweets visés par la mise en garde, le président américain, s'en est pris au gouverneur démocrate de Californie, qui a annoncé récemment que les électeurs inscrits recevraient un bulletin de vote par la poste en raison de la pandémie de coronavirus.

Il n'y a AUCUN moyen (ZÉRO!) pour que les bulletins de vote par correspondance soient moins que substantiellement frauduleux , a affirmé le président, qui a soutenu que l'élection de novembre serait truquée.

Les boîtes aux lettres seront cambriolées, les bulletins de vote seront falsifiés et même imprimés illégalement et signés frauduleusement, a-t-il lancé.

Capture d'écran des deux tweets avec la mention.

Deux des tweets du président sont désormais assortis de cette mention : « Obtenez les faits sur le vote par la poste ».

Photo : Capture d’écran - Twitter

Ces tweets contiennent des informations potentiellement trompeuses sur le processus de vote et ont été signalés pour fournir du contexte additionnel sur le vote par correspondance. Cette décision a été prise en accord avec l'approche que nous avons présentée plus tôt ce mois-ci, a justifié un porte-parole de la plateforme.

L'entreprise a souvent été accusée d'inaction dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, notamment ceux du président américain.

Au fil des ans, plusieurs internautes ont réclamé une quelconque sanction du réseau social à l'encontre du président Trump, certains allant jusqu'à demander la suppression de son compte, qu'il utilise de façon régulière et très soutenue.

Le président en croisade et en furie

Le président américain, qui a l'habitude de critiquer sur Twitter ceux qu'il perçoit comme ses adversaires, n'a pas tardé à attaquer l'entreprise, sur le réseau social même, reprenant la nature des propos pour lesquels elle avait mis en garde les internautes.

Le vote par la poste entraînera une corruption et une fraude massives, a-t-il lancé, reprochant à Twitter de se fier à Fake News CNN (fausses nouvelles) et Amazon Washington Post.

Plus encore, il a accusé le réseau social d'interférer avec les élections et menacé d'intervenir pour l'empêcher de s'en prendre à la liberté de parole.

Twitter s'ingère désormais dans l'élection présidentielle de 2020. [...] Twitter étouffe complètement la liberté d'expression et, en tant que président, je ne le permettrai pas!

Donald Trump

Nous avons toujours su que la Silicon Valley mettrait tout en œuvre pour entraver et empêcher le président Trump de transmettre son message aux électeurs, a renchéri le directeur de sa campagne électorale, Brad Parscale.

L'enjeu du vote par correspondance est au centre de la croisade du moment du président Trump, qui s'est pourtant lui-même prévalu de son droit de voter par la poste lors de la primaire républicaine de Floride, tenue en mars.

Sans nécessairement aller aussi loin que la Californie, plusieurs gouverneurs – des démocrates, mais aussi des républicains – entendent permettre aux électeurs de voter par correspondance, soit lors des primaires, soit lors des élections générales de novembre en raison des risques associés à la COVID-19.

Au cours des derniers jours, le président a attaqué à ce sujet le Michigan et le Nevada.

Un veuf réclame en vain la suppression de tweets mensongers

Les journalistes Joe Scarborough et Mika Brzezinski

Les tweets du président liés à Lori Klausutis visent en fait Joe Scarborough, qu'on voit ici en compagnie de sa femme et coanimatrice Mika Brzezinski.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Cette initiative de Twitter suit de quelques heures la décision du réseau social de ne pas accéder à la requête d'un veuf, qui réclamait le retrait de tweets mensongers publiés par Donald Trump. Dans ceux-ci, le président accusait un animateur du réseau télé MSNBC du meurtre d'une femme, morte il y a près de 20 ans.

Dans une lettre empreinte d'émotion envoyée la semaine dernière au PDG de Twitter Jack Dorsey, le veuf, Timothy Klausutis, demandait que soient retirées du réseau social ces attaques du président Trump contre l'animateur, et dont sa femme, Lori, morte de causes naturelles en 2001, à l'âge de 28 ans, est une victime collatérale.

Ma requête est simple : s’il vous plaît, supprimez ces tweets, implore-t-il dans la lettre, obtenue par le New York Times et publiée mardi.

Reconnu pour ses messages provocateurs, Donald Trump semble avoir atteint de nouveaux niveaux dans ses salves à l'égard de l'animateur Joe Scarborough : au cours des dernières semaines, il a sous-entendu à répétition que l'ancien représentant républicain avait tué une stagiaire en 2001 – Mme Klausutis – à l’époque où celui-ci siégeait à la Chambre, et suggéré qu'elle était sa maîtresse.

À coups de points d'interrogation et d'affirmations attribuées à d'autres, le président a pressé les autorités de rouvrir cette affaire non résolue impliquant Psycho Joe Scarborough, sous-entendant qu'il avait échappé à la justice après un meurtre.

Le rapport d'autopsie de l'époque avait conclu que Mme Klausutis souffrait d'une maladie cardiaque qui n'avait pas été diagnostiquée et qu'elle s'était mortellement heurté la tête sur le bureau après avoir perdu connaissance. Le coroner avait exclu que le coup puisse avoir été asséné par une autre personne.

L'objet de théories du complot

Cette épreuve, que M. Klausutis décrit comme la plus douloureuse de son existence, a été perpétuée par un barrage constant de mensonges, de demi-vérités, d'insinuations et de théories du complot ayant circulé depuis le jour de sa mort, dit-il.

Ces adeptes de théories du complot, auquel s'est joint récemment le président des États-Unis, continuent à répandre leur bile et leur désinformation sur votre plateforme en dénigrant la mémoire de ma femme et de notre mariage, déplore-t-il.En tant que mari, j'estime que l'une de mes obligations maritales est de protéger sa mémoire comme je l'aurais fait dans la vie, ajoute-t-il.

Je vous demande d'intervenir dans ce cas, parce que le président des États-Unis a pris quelque chose qui ne lui appartient pas – le souvenir de ma défunte épouse – et l'a perverti à des fins politiques.

Timothy Klausutis

M. Klausutis, qui estime que les tweets du président contreviennent aux politiques du site, dit croire que tout autre utilisateur du site aurait été banni pour de tels propos et souligne que le réseau a déjà supprimé des messages de certains utilisateurs.

Dans une déclaration laconique, Twitter a déploré la situation, mais a cependant indiqué qu'elle n'allait pas supprimer les tweets en question.

Nous sommes profondément désolés de la douleur que ces déclarations, et l'attention qu'elles suscitent, causent à la famille.

Nick Pacilio, porte-parole de Twitter

L'entreprise a dit travailler au développement des politiques existantes afin de pouvoir traiter plus efficacement ce genre de choses à l'avenir. Nous espérons que ces changements seront mis en place prochainement, a ajouté le porte-parole sans donner de détails.

Trump en rajoute

Jeudi matin, le président Trump en a remis, à nouveau sur Twitter, insistant sur le fait que d'autres avant lui avaient réclamé une enquête.

Il a ajouté s'être toujours demandé, lors des entrevues qu'il avait accordées à M. Scarborough pendant la campagne présidentielle, en 2016, s'il avait pu commettre une chose aussi horrible.

Peut-être ou peut-être pas, mais je trouve que Joe est un vrai fou à lier, et je le connaissais bien, bien mieux que la plupart, a-t-il écrit.

Dès 2017, Donald Trump avait demandé, sur Twitter, si MSNBC allait congédier Joe Scarborough en raison du mystère non résolu survenu en Floride.

Pendant la campagne présidentielle, Joe Scarborough et sa femme Mika Brzezinski, qui coaniment Morning Joe, s'étaient montrés amicaux à l'endroit du candidat républicain, mais la relation avec le couple s'est ensuite envenimée après que les deux présentateurs se furent montrés plus critiques.

En juin 2017, Donald Trump avait notamment traité Mme Brzezinski de « folle au Q.I. faible ».

Avec les informations de New York Times, et AFP

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