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L’industrie forestière traverse une crise selon Fédération de l’industrie manufacturière

Un fardier chargé de bois circule sur la route forestière ro-461(25) qui relie Wemotaci et La Tuque.

La pandémie de COVID-19 accentue la crise qui ébranlait déjà le secteur des pâtes et papiers.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

Alexie André Belisle

L’industrie forestière traverse une crise et ne pourra pas redémarrer comme elle était avant la crise estime la Fédération de l’industrie manufacturière du Québec (FIM-CSN).

Celle-ci demande au gouvernement du Québec d’intervenir rapidement et fermement pour éviter l’effondrement économique de certaines des 152 municipalités forestières de la province, notamment sur la Côte-Nord, au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

Déjà, la Fédération, affiliée à la CSN, constate de nombreuses fermetures totales ou partielles de papetières. Certaines scieries se contentent par ailleurs de transformer le bois déjà coupé qui est en stock. Elles pourraient se retrouver devant l'impossibilité d’écouler leurs copeaux, selon la Fédération.

Produits forestiers Résolu a temporairement fermé plusieurs usines de pâte à papier depuis le début de la pandémie, dont son usine de Baie-Comeau. Une situation qui inquiète le président de la Fédération de l'industrie manufacturière, Louis Bégin.

Je comprends qu'il y a plusieurs [papetières] qui arrêtent, donc la demande est moins grande pour les copeaux et si la demande est moins grande pour les copeaux, indique-t-il.

On en a beaucoup de disponibles, ça devient une richesse non utilisée.

Louis Bégin, président de la Fédération de l'industrie manufacturière du Québec
Louis Bégin et Engelbert Cottenoir assis à une table

Louis Bégin, de la Fédération de l'industrie manufacturière, et Engelbert Cottenoir, le président régional de la CSN, en conférence de presse (archives)

Photo : Radio-Canada / Gille Munger

Inquiétude partagée par la Ville de Baie-Comeau

La Ville de Baie-Comeau fait partie des municipalités du Québec dont l'économie repose en partie sur l'industrie forestière. Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, affirme qu’il tente d’alerter le gouvernement du Québec depuis plusieurs semaines.

Je leur dis : "Portez attention à l'industrie forestière, non seulement elle est dans la crise de la COVID-19, mais en plus, la situation qu'on vivait avec la précarité de notre industrie forestière présentement ça s'accentue à vitesse grand V, prévient-il.

Ça fait plus d'un mois que je les interpelle.

Yves Montigny, maire de Baie-Comeau
Yves Montigny est assis et regarde la caméra.

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny (archives)

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Le maire de Baie-Comeau demande au gouvernement d’organiser un grand sommet virtuel sur l'industrie forestière.

Changements annoncés

Le conseil de l’industrie forestière du Québec reconnaît que les entreprises du secteur manufacturier font face à de nombreux défis en ces temps d’urgence sanitaire. Il affirme par ailleurs comme il l’a toujours fait, le secteur forestier s’adaptera aux nouvelles réalités.

Luc Bouthillier, professeur et titulaire au Département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval, dresse un constat semblable. Selon lui, le risque qui menace les usines de pâte et papier particulièrement est énorme, mais n’est pas récent.

Ça fait 20 ans qu’on sait que l’industrie des pâtes et papiers doit se réinventer et là, la pandémie a mis à l’ordre du jour le mot se réinventer, et il est surligné en lettre très grave dans le cas des pâtes et papiers.

Luc Bouthillier, professeur et titulaire au département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval
Luc Bouthillier est professeur de politique forestière à l'Université Laval

Luc Bouthillier est professeur de politique forestière à l'Université Laval (archives).

Photo : Radio-Canada / Regis Desrosiers

Selon Luc Bouthillier, les papeteries pourront se renouveler si elles choisissent de se tourner vers la fabrication de plusieurs produits plus novateurs. Il estime que les scieries devront elles aussi se réinventer pour ne pas compter uniquement sur la vente de bois d’œuvre.

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