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Des élèves du secondaire en renfort dans les champs d’asperges

Les trois jeunes agenouillés devant leurs bacs d'asperges dans un champ.

Manu Lajoie (à gauche), Alexis Pellerin (au centre) et Félix Poulin (à droite), âgés de 15 ans, récoltent des asperges à la ferme Laviolette, à Saint-Étienne-des-Grès.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Alors qu’ils devraient normalement se trouver sur les bancs d’école, si ce n’était de la crise de la COVID-19, des adolescents se retrouvent plutôt dans un petit tracteur à récolter des asperges.

Ces jours-ci, une dizaine de jeunes prêtent main-forte à la ferme Laviolette à Saint-Étienne-des-Grès.

Ce coup de pouce est très apprécié, puisque l’entreprise agricole n’a pas pu recevoir autant de travailleurs étrangers temporaires que d’habitude.

Elle accueille habituellement 22 Mexicains, mais cette année, ils seront 18. Quinze d’entre eux travaillent déjà dans les champs, alors que trois sont en quarantaine, parce qu’ils viennent d’arriver au pays.

Une belle et fructueuse expérience

Même si les jeunes sont courbaturés après leur journée de travail, ils apprécient l’expérience. Les trois amis à qui nous avons parlé voient plusieurs avantages à ce travail.

J’aime ça cueillir des asperges parce qu’on est on ensemble, c’est calme, on peut se mettre de la musique, mais le lendemain matin, on est raqués, souligne Manu Lajoie, 15 ans.

Dans le petit tracteur qui leur permet d’avancer dans les rangs d’asperges pendant qu’ils coupent la tige, les jeunes hommes ont installé un haut-parleur pour pouvoir écouter de la musique.

C’est l’fun, ça passe le temps, je suis avec les gars, on s’amuse.

Manu Lajoie, 15 ans

Ça peut être tough des fois, surtout dans le dos et physiquement, mais sinon ça devient le fun après [...] être avec ses amis et pouvoir parler, explique le fils de la propriétaire, Alexis Pellerin, 15 ans. C’est la première fois qu’il a l’occasion de récolter des asperges. Habituellement, il arbitre au baseball l’été, mais il doute que ce sera possible.

Les trois adolescents debout dans un champ, avec un bac rempli d'asperges.

Manu Lajoie (à gauche), Alexis Pellerin (au centre) et Félix Poulin (à droite), âgés de 15 ans, récoltent des asperges à la ferme Laviolette, à Saint-Étienne-des-Grès.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Quand on leur demande ce qui les a motivés à venir travailler en agriculture, ils répondent que c’est les 100 $ de bonus.

Les jeunes sont payés le salaire minimum, tout comme les travailleurs étrangers temporaires, mais grâce à une mesure mise en place par Québec, ils reçoivent 100 $ supplémentaires par semaine s'ils font un minimum de 25 heures de travail.

J’ai entendu parler des 100 $ par semaine, alors j’ai demandé à mon ami [si je pouvais travailler à la ferme] et ils ont dit qu’ils avaient besoin, faque je suis venu, explique Félix Poulin, 15 ans.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Une aide très appréciée

La propriétaire de la ferme Laviolette, Cindy Maes, est ravie d’avoir l’aide d’une dizaine de jeunes. Avec le manque de travailleurs étrangers, elle avait besoin de main-d’oeuvre.

La campagne québécoise Travailler à la ferme : J'y vais sur-le-champ! ne lui a pas permis de faire assez de recrutement.

Je pense que c’est une occasion de leur montrer autre chose, de mettre leurs efforts à profit et qu'ils se sentent valorisés dans tout cela.

Cindy Maes, propriétaire de la ferme Laviolette à Saint-Étienne-des-Grès
La femme avec un bac d'asperges et une trieuse d'asperge en arrière-plan.

Cindy Maes est propriétaire de la ferme Laviolette, à Saint-Étienne-des-Grès.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Cindy Maes respecte les limites de ses jeunes travailleurs et prend soin de leur laisser du temps pour poursuivre leurs études à distance.

Des pertes inévitables

Les élèves du secondaire ne sont, en général, pas aussi efficaces que les travailleurs étrangers temporaires qui connaissent bien les tâches et qui viennent au Québec uniquement pour travailler.

Pour équivaloir à ce qu’une équipe [de travailleurs étrangers] va être capable de faire comme rendement, ça me prend plus de travailleurs pour arriver à l’équivalent, donc plus de salaire [à payer] , précise Cindy Maes.

Elle s’attend à avoir des pertes financières. C'est officiel [qu’on en aura], mais bon, ça fait partie de la situation actuelle, dit-elle. On va vivre avec.

Un champs d'asperges au mois de mai à Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie.

La ferme Laviolette, à Saint-Étienne-des-Grès, récolte habituellement 250 000 livres d'asperges durant une saison.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Le défi est d’avoir assez de bras pour récolter les asperges pendant qu’elles sont encore bonnes.

La plante a beaucoup d’énergie en ce moment, alors elle est comme toute sortie en même temps, explique-t-elle. Les nuits sont chaudes, ça pousse très très très vite.

Elle ajoute qu’il faut être assez rapide pour réussir à récolter tout ce qui est bon la journée même, parce que le lendemain déjà, si on n’a pas réussi à combler, à faire tout le champs, il va y avoir beaucoup de pertes.

Plusieurs propriétaires d’aspergeraies connaissent un manque de main-d’oeuvre cette année, en raison de la crise de la COVID-19 qui a empêché des producteurs d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires.

La ferme Laviolette a pu accueillir presque autant de travailleurs étrangers que d’habitude, mais dans certains autres cas, seule la moitié ont pu se rendre à la ferme.

Des entreprises agricoles ont du mal à trouver de la main-d’oeuvre, même parmi les Québécois qui se sont portés volontaires pour travailler dans les champs.

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