•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une saison catastrophique s’annonce pour l'industrie touristique

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une passerelle mène à une petite île où se dressent des maisonnettes d'allure ancienne et une salle de spectacle.

Plus de la moitié des visiteurs du Pays de la Sagouine viennent habituellement du Québec et de l'extérieur, mais ils seront absents cette année, car les frontières de la province vont rester fermées.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Seuls les résidents du Nouveau-Brunswick pourront faire du tourisme dans la province cet été, car les frontières resteront fermées aux déplacements non essentiels.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Citant les données du Conference Board du Canada, le gouvernement du Nouveau-Brunswick estime que les touristes ont dépensé 1,6 milliard de dollars dans la province en 2019, ce qui a soutenu 30 000 emplois.

Les touristes de l’extérieur sont toutefois interdits d'entrée dans la province et le premier ministre Blaine Higgs dit qu’il ne voit pas comment cela pourrait changer au cours de l'été.

Le Nouveau-Brunswick ne recense, mardi, que deux personnes atteintes de la COVID-19, mais la maladie est toujours active ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Si rien ne change, l'Île-aux-Puces, l'île du Pays de la Sagouine, restera fermée en raison de l'interdiction des grands rassemblements et des travaux nécessaires à effectuer sur la passerelle d'accès.

Ce n'est jamais arrivé dans l'histoire du Pays de la Sagouine, affirme le directeur général et artistique, Luc LeBlanc.

L'attraction est aussi contrainte de réduire ses activités en raison de la fermeture des frontières. Plus de la moitié des visiteurs au Pays de la Sagouine viennent habituellement du Québec et de l'extérieur, mais ces derniers ne pourront s’y rendre cet été.

Au point de vue économique, c'est peut-être désastreux à ce niveau-là. Côté santé publique, moi, je ne suis pas un médecin, mais j'ai comme l'impression qu'il faut [prendre] ces décisions-là à un moment donné, ajoute M. LeBlanc.

Sébastien Roy debout devant le bâtiment de sa distillerie.

Le maître-distillateur Sébastien Roy prédit que l'absence des touristes de l'extérieur sera catastrophique.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

La distillerie Fils du Roy a récemment investi plus de 1 million de dollars dans une nouvelle malterie, mais la COVID-19 a fait chuter ses ventes de whisky à sa boutique. Le maître-distillateur Sébastien Roy comptait sur cette saison pour renflouer les coffres, en partie, mais ce ne sera pas possible.

Du Québec, c'est probablement 65 % de tous nos touristes, 10 % de l'Ontario et de la Nouvelle-Écosse, le reste est américain et européen [...] C'est très préoccupant, c'est même catastrophique qu'on n’aura pas ces revenus-là [...] On a un plan pour essayer de survivre les prochains 24 mois, explique Sébastien Roy.

Il n'est pas le seul à souffrir de la fermeture des frontières.

Depuis que ça a été annoncé, on n’a eu que des appels d'annulation de nos amis québécois et c'est de l'argent qui sort à pleine porte, affirme un copropriétaire du motel et camping Le Colibri, Marco Plourde.

Marco Plourde les bras croisés devant l'entrée de son camping.

L'industrie touristique risque de s'effondrer si les frontières de la province restent fermées trop longtemps, selon Marco Plourde, copropriétaire du motel et camping Le Colibri, dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

La direction du Colibri estime que 67 % de sa clientèle annuelle provient du Québec.

Nous, ce qui nous importe pour l'instant, c'est d'avoir le plan. Si c'est pour ouvrir dans un mois, on peut planifier nos choses, souligne Marco Plourde.

Mais le gouvernement Higgs n'a toujours aucun échéancier pour la réouverture des frontières aux voyageurs non essentiels et encore moins un plan pour soutenir financièrement l'industrie touristique.

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard, par contre, a annoncé une aide spécifique de 66 millions de dollars pour ce secteur, le 16 avril. Terre-Neuve-et-Labrador a annoncé pour sa part, lundi, une aide de 25 millions de dollars.

C'est sûr et certain qu'il va falloir ouvrir à un moment donné. On ne peut pas toujours rester enfermés dans notre enclos, parce que sinon on ne survivra pas en tant qu'industrie touristique. Ça nous prend les autres provinces pour gagner notre gagne-pain, qui est d'une durée très, très courte, lance Marco Plourde.

Miser sur le tourisme local pour survivre

Pour sauver les meubles, les intervenants de la Péninsule acadienne misent sur le tourisme local avec une nouvelle campagne promotionnelle.

Le Nouveau-Brunswick ne compte cependant que 750 000 habitants, soit environ l'équivalent de la population de la ville de Québec, et ce ne sera pas suffisant.

Non, définitivement pas. Le tourisme québécois, pour nous, dans la Péninsule acadienne, c'est énorme [...] On ne peut pas rivaliser avec les visiteurs du Québec, indique le directeur du développement touristique à l’Office du tourisme de la Péninsule acadienne, Yannick Mainville.

Il tient une affiche illustrée d'un homard devant un drapeau acadien et sur laquelle il est écrit Redécouvrir la Péninsule acadienne.

Le directeur du développement touristique à l’Office du tourisme de la Péninsule acadienne, Yannick Mainville, présente une affiche faisant partie de la nouvelle campagne promotionnelle.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Sébatien Roy aussi se tourne vers les gens de sa région. Sa distillerie a produit 20 000 litres d'antiseptique pour les mains depuis le 15 mars.

C'est pour le marché très local. Des restaurants, des églises viennent chercher de l'antiseptique pour pouvoir redémarrer leur entreprise [...] Pour l'instant, c'est 60 % de nos ventes. Ça nous a sauvés financièrement d'une catastrophe, souligne Sébastien Roy.

Au Pays de la Sagouine, un théâtre de fortune sera aménagé pour répondre aux nouvelles normes sanitaires et faire travailler les interprètes autant que possible. Luc LeBlanc espère que le public local sera au rendez-vous. Souvent, on dit ça : "On ne l'a pas visité parce que c'est dans ma cour arrière." Bien là, c'est le temps, dit-il.

Luc LeBlanc, l'air soucieux, assis sur un tabouret

Luc LeBlanc, directeur général et artistique du Pays de la Sagouine, espère sauver l'emploi des 150 comédiens.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Privés des vacanciers du Québec et de l'Ontario, les entrepreneurs en tourisme espèrent recevoir de l'aide de Fredericton et d'Ottawa bientôt. Le temps presse, car la saison touristique est à nos portes et ne dure que quelques semaines.

Le Pays de la Sagouine emploie habituellement 150 comédiens. Pour le moment, ce sont leurs emplois que Luc LeBlanc essaye de sauver autant que possible.

D’après un reportage de Nicolas Steinbach

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !