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Secteur public : Québec propose 5 % d'augmentation sur trois ans

Des professionnels manifestent devant l'édifice Marie-Guyart à Québec.

Le gouvernement du Québec doit négocier le renouvellement des conventions collectives de plus de 500 000 employés de l'État.

Photo : Radio-Canada / Jérémie Legault

Les dernières offres salariales présentées par le Conseil du Trésor aux employés de l’État québécois n’ont pas semblé impressionner les syndicats qui réclament notamment des ajustements salariaux significatifs pour les préposés aux bénéficiaires et les travailleurs à bas salaire.

Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, faisait le point mardi sur l’état des négociations entre le gouvernement et plus de 500 000 fonctionnaires dont les conventions collectives sont échues. Des négociations d’autant plus complexes qu’il n’y a aucun front syndical cette année, ce qui oblige Québec à négocier avec chacune des centrales qui représentent ses employés.

Dans un document transmis aux syndicats, Québec propose cette année des augmentations salariales de 1,75 % pendant deux ans et de 1,5 % la troisième année, ce qui totalise 5 % sur trois ans.

À ces augmentations, le Conseil du Trésor ajouterait des montants forfaitaires de 1000 $ en 2020 et de 600 $ en 2021 pour chaque travailleur.

Des montants forfaitaires qui font sourciller les syndicats qui préfèrent des augmentations salariales plutôt qu’un versement monétaire unique.

Des mesures sont aussi proposées par Québec pour les travailleurs à bas salaire, notamment les préposés aux bénéficiaires dont le rôle essentiel dans les hôpitaux et les CHSLD a été largement démontré ces dernières semaines lors de la pandémie.

Or, malgré le fait que le premier ministre François Legault ait déclaré qu’il était tout à fait d’accord d’augmenter leur salaire à au moins 25 $ l’heure, les syndicats n’arrivent pas à s’entendre avec Québec sur la forme que prendra cette augmentation.

De vraies augmentations plutôt que des primes, réclament les syndicats

Une jeune femme noire ramène chez lui un homme âgé en fauteuil roulant.

Une préposée aux bénéficiaires

Photo : Getty Images

D'après la FTQ et la CSN, qui représentent la vaste majorité de ces travailleurs, ces augmentations doivent être inscrites dans les grilles salariales des préposés aux bénéficiaires et offertes à tous, pas seulement aux préposés qui travaillent dans des CHSLD, comme le propose Québec. Cependant, de l'avis des syndicats, tous les préposés y ont droit, y compris ceux des hôpitaux et des centres de réadaptation.

Les syndicats refusent par ailleurs que la rémunération des préposés soit augmentée à partir de primes, de bonis ou de sommes d’argent forfaitaires ajoutés à leur salaire de base. Selon les syndiqués, en n’étant pas conventionnés dans les grilles salariales, ces avantages pourraient être facilement abolis et, en plus, ils n’entreraient pas dans le calcul des rentes de retraite.

[Le président du Conseil du Trésor] nous répond par des primes, par des choses qui sont temporaires. Un "plaster" sur des gros bobos, ça ne dure pas longtemps.

Caroline Senneville, première vice-présidente à la CSN

C’est encore dans des montants forfaitaires, des primes des bonus… Le monde, ce n’est pas ça qu’ils veulent, a déploré le président de la FTQ, Daniel Boyer, sur les ondes d’ICI RDI. M. Legault l’a dit qu'il veut augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires? Alors, c’est simple, augmentons le salaire des préposés aux bénéficiaires.

À l'heure actuelle, le salaire de base des préposés dans le secteur public varie de 20,55 $ au premier échelon à 22,35 $ au cinquième et dernier échelon.

Selon Québec, les dernières offres feraient passer de 42 000 $ à 51 000 $ par an le salaire maximum des préposés à temps complet en CHSLD, soit environ 18 % d’augmentation.

Aménagement de la grille salariale des enseignants

Des élèves lèvent la main dans une classe.

Les premiers échelons de la grille salariale des enseignants seraient abolis pour faire en sorte que les nouveaux enseignants puissent toucher des salaires d'entrée plus élevés.

Photo : iStock

Pour les enseignants, dont les salaires moins élevés en début d’embauche constituent un frein au renouvellement des effectifs et à la valorisation de la profession, le gouvernement du Québec propose d’éliminer les premiers échelons de la grille salariale de façon à ce que les nouveaux professeurs puissent bénéficier d’un salaire d’au moins 50 000 $ par an en début de carrière.

Un statut d’enseignant émérite doté d’une bonification de rémunération de 5 % serait aussi créé pour valoriser la profession.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente plus de 200 000 travailleurs de l’éducation, doit réagir à ces offres mercredi.

Une offre très raisonnable, estime Québec

De l’avis du président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, qui a pris le temps mardi de saluer la collaboration des syndicats dans le déroulement de ces négociations dans des circonstances hors de l’ordinaire, ces offres sont très raisonnables et respectent la capacité de payer du gouvernement.

Faisant remarquer que chaque tranche de 1 % d’augmentation de salaire consentie aux fonctionnaires représente 400 millions de dollars de plus sur la masse salariale, Christian Dubé a expliqué que les 5 % offerts se traduisent par des milliards de dollars de plus en masse salariale pour le gouvernement.

Il y a une question de capacité de payer. On est en train d’encourir des déficits qui sont très importants. On parle d’un déficit de 12 à 15 milliards.

Christian Dubé, président du Conseil du Trésor

Selon les syndicats, les augmentations proposées par Québec ne répondent tout simplement pas aux besoins des réseaux. Et on voit actuellement les conséquences graves de ne pas répondre aux besoins réels des travailleuses et des travailleurs des services publics, a commenté la CSN.

Malgré la distance qui les sépare, le gouvernement et ses employés arriveront à s’entendre, estime le président du Conseil du Trésor. On va être capable d’attacher ça ensemble, a-t-il assuré.

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