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Guerre des dépanneuses : 19 arrestations et accusations de meurtre dans le Grand Toronto

Un policier à côté d'une dépanneuse incendiée au capot ouvert.

Une dépanneuse incendiée à Toronto, en décembre dernier

Photo : CBC/Jeremy Cohn

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La police en banlieue de Toronto a annoncé mardi 19 arrestations et une série d'accusations de meurtre, de méfait, d'extorsion et de fraude dans l'industrie du remorquage.

C'est le fruit d'une enquête de la Police régionale de York, appelée Project Platinum, lancée en février dernier après que de multiples dépanneuses eurent été incendiées.

Les policiers espèrent voir une baisse de cette violence grâce aux arrestations.

L'investigation a été menée en collaboration entre autres avec le Service de police de Toronto, la Police provinciale de l'Ontario et l'Agence du revenu du Canada.

Les policiers ajoutent que l'enquête se poursuit et s'attendent à arrêter d'autres individus.

« La concurrence pour le contrôle du marché du remorquage a mené à des meurtres, des tentatives de meurtres, des agressions, des incendies criminels, des menaces et des dommages à la propriété. »

— Une citation de  Communiqué de la Police régionale de York

Fraude, menaces et homicide

Selon la police, l'enquête a révélé que la société Paramount Towing, appartenant à Alexander Vinogradsky, et d'autres compagnies de remorquage fraudaient les assureurs lors d'accidents, en plus de mettre en scène des collisions pour gonfler leurs profits.

Les enquêteurs affirment que des débosseleurs, des compagnies de location de voitures et de camions et des cliniques de physiothérapie étaient complices.

Une firme d'avocats de Vaughan, Carr Law, embauchée par les assureurs a été victime de violence, de menaces et d'extorsion, ajoute la police. Trois individus sont accusés de tentative de meurtre dans cette affaire.

« Ils ont mis en scène des collisions, en utilisant des conducteurs qu'ils avaient recrutés. Ils ont causé délibérément des collisions sur les routes et dans des terrains de stationnement un peu partout dans la région de Toronto. »

— Une citation de  Mike Slack, surintendant de la Police régionale de York

Mohamad El-Zahawi et Abdelaziz Ibrahim avaient déjà été accusés quant à eux du meurtre au premier degré de Soheil Rafipour, abattu à l'extérieur d'une résidence en 2018. La victime et les deux accusés travaillaient dans l'industrie du remorquage, selon la police.

Au cours de leur enquête, les policiers ont également saisi dans différentes villes du Grand Toronto, notamment à Vaughan, Richmond Hill, Markham, Hamilton, Oakville, Aurora et Toronto :

  • 11 dépanneuses
  • 41 armes à feu
  • 2 pistolets à décharge électrique
  • 5 kg de fentanyl et 1,5 kg de cocaïne, notamment
  • plus de 500 000 $ en argent

Le  Far West 

C'est le Far West, disait John Henderson, de l'Association provinciale du remorquage de l'Ontario, avant l'annonce des arrestations, mardi.

Jusqu'à 60 % de l'industrie du remorquage dans le Grand Toronto est dirigée par des éléments criminels, affirme-t-il.

Pas plus tard qu'il y a deux semaines, deux dépanneuses ont été incendiées dans la région de Durham.

M. Henderson soutient que certaines compagnies de remorquage embauchent même des individus, appelés blockers, pour empêcher leurs rivales de se rendre sur les lieux d'un accident.

Pas de réglementation provinciale

Pour M. Henderson, ces rivalités sont causées en partie par l'absence de réglementation provinciale. À l'heure actuelle, les compagnies de remorquage dans la région de Toronto sont régies par une série de règlements municipaux.

M. Henderson fait partie d'un groupe de travail provincial, formé de représentants du gouvernement, de la police, de la CAA et de compagnies de remorquage, qui cherche à établir des normes à l'échelle de tout l'Ontario.

L'une des solutions envisagées serait de recourir à une application qui désignerait automatiquement un remorquage à la dépanneuse la plus proche. Le conducteur aurait 30 secondes pour répondre, faute de quoi l'appel serait refilé à une autre dépanneuse.

Le surintendant Mike Slack de la Police régionale de York affirme lui aussi que des organisations criminelles ont profité du  manque de réglementation dans cette industrie.

Les automobilistes en général, dit-il, font les frais de cette fraude, sous la forme de primes d'assurance plus élevées. Il ajoute que les assureurs ont déposé des poursuites contre plusieurs compagnies de remorquage, afin de tenter de récupérer les montants versés en trop.

Avec les informations de CBC News

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