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Des artistes de la scène dénoncent les « non-annonces » de la ministre de la Culture

Une dizaine de fauteuils rouges inoccupés dans la salle du Théâtre Denise-Pelletier.

Les salles de spectacles sont vides au Québec depuis le 14 mars dernier.

Photo : Radio-Canada / Anne Marie Lecomte

Radio-Canada

Alors que de plus en plus de secteurs d’activité se déconfinent au Québec, des centaines d’artistes de la scène s’impatientent et ont apposé leur nom au bas d’une lettre envoyée mardi à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, pour réclamer une rencontre urgente afin de mettre en branle un plan de relance.

Le milieu culturel attendait depuis longtemps l’annonce de la ministre en conférence de presse, vendredi dernier, plus de deux mois après la fermeture décrétée des salles de spectacle.

Les artistes ont attendu neuf semaines, pendant lesquelles, du côté du gouvernement québécois, ce fut, pour rester poli, la grande discrétion, et pour être franc, le silence complet, peut-on lire dans la lettre signée par l’auteur et metteur en scène Olivier Kemeid, en concertation avec plusieurs autres artisans et artisanes du milieu du théâtre, dont la metteure en scène Brigitte Haentjens.

Le milieu du théâtre est toutefois resté sur sa faim. Nathalie Roy y a annoncé la réouverture, selon certaines conditions, des musées, des bibliothèques, des ciné-parcs, et la reprise des activités des studios d’enregistrement et de la captation de spectacles en salle. Mais pour les spectacles devant public, aucune date n’a été avancée.

Le milieu des arts de la scène est unanime : cette conférence de presse a été vécue comme un affront, affirme-t-on dans la lettre intitulée Pour les arts vivants. Les artistes disent ne pas se sentir pris au sérieux par le gouvernement de François Legault.

Nous méritons plus que ces "non-annonces" [...]. Nous méritons plus qu’une possibilité de réaliser des captations dès le 1er juin avec cinq techniciens. [...] Sait-on que l’accueil du public n’est pas qu’une question de rentabilité? Que sans sa présence physique, son énergie, son retour immédiat et palpable, les arts de la scène n’ont pas de sens?

Extrait de la lettre Pour les arts vivants

La consultation des artistes en tant qu’experts de leur domaine, c’est primordial et c’est ce qui manque. On se sent pas consultés, On a besoin d’expliquer qu’il nous faut du temps pour réaliser des spectacles, a ajouté Olivier Kemeid lors d'une entrevue avec la chroniqueuse culturelle de l'émission Le 15-18, Katerine Verebely.

Un calendrier demandé

Les artistes réclament que le gouvernement discute avec les gens du milieu pour mettre sur pied un calendrier évolutif d’ouverture des salles de répétition et des salles de spectacle – en respect des directives de la santé publique – et un plan de sauvetage arrimé à ce calendrier

Ce calendrier évolutif devrait, idéalement, avertir les artistes de la réouverture des salles au moins trois mois d'avance, selon Olivier Kemeid.

Si on me dit que dès le 1er juin je peux faire des captations, c’est rire de moi. C’est pas vrai qu’en deux semaines je peux faire quoi que ce soit. Répéter un spectacle prend minimalement trois mois. On n’a pas les mêmes spécificités que la télévision et le cinéma [...]. On a besoin de temps, et ça on sent que c’est complètement écarté.

Olivier Kemeid, auteur et metteur en scène

Les signataires de la lettre demandent également l’assurance qu’un filet social vienne sauver d’innombrables artistes, et la création de mesures de soutien pour les jeunes compagnies qui n’ont pas droit à la subvention salariale.

Entre autres personnalités qui ont signé la lettre envoyée mardi, on trouve le metteur en scène Robert Lepage, l'autrice et cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette, l'acteur Christian Bégin, la comédienne Sophie Cadieux et la directrice générale du Théâtre du Nouveau Monde, Lorraine Pintal.

Vendredi dernier, après l’annonce de la ministre Roy, cette dernière avait souligné que ce que le milieu culturel attendait, c’était une date.

Je sais qu’elle [la ministre] est pieds et poings liés avec la Santé [...], et qu’elle attend comme tout le monde les règles de la Santé, mais il y aurait moyen d’être un peu plus à l’avant-garde et à l’écoute de ce qui se passe à l’étranger. Il faut avoir un signal clair pour l’automne, avait-elle précisé en entrevue.

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