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Kaboul veut convaincre les talibans de prolonger le cessez-le-feu

Un trêve de trois jours décrétée samedi par les talibans pour marquer la fin du ramadan a été largement respectée jusqu'ici, mais le gouvernement afghan souhaite qu'elle se poursuive.

Un garçon marche parmi les chaussures laissées par les fidèles devant une mosquée.

Un garçon afghan marche à l'extérieur d'une mosquée pendant une prière tenue à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, samedi, dans la province de Laghman.

Photo : Reuters / Parwiz Parwiz

Agence France-Presse

Le gouvernement afghan veut libérer 900 prisonniers talibans mardi, espérant encourager les insurgés à étendre le cessez-le-feu qu'ils ont décrété samedi dans tout l'Afghanistan et qui doit s'arrêter en fin de journée, a annoncé un haut cadre sécuritaire.

Nous prévoyons (...) d'en libérer 900 aujourd'hui, a déclaré à l'AFP Javid Faisal, le porte-parole du Conseil national de sécurité, un organe gouvernemental.

Comme c'est technique, avec les procédures judiciaires, parfois la documentation prend plus longtemps que ce qu'on pense. Donc on pourrait arriver à 900 ou, d'ici la fin de la journée, parvenir à un chiffre entre 800 et 900. Mais la décision est de libérer 900 (prisonniers talibans) aujourd'hui, a-t-il expliqué.

Ces libérations sont destinées à faire avancer la cause de la paix, dont la poursuite du cessez-le-feu, a tweeté le Conseil national de sécurité.

Nous espérons que les talibans prolongeront le cessez-le-feu pour que nous puissions démarrer le processus de paix, a ensuite déclaré M. Faisal lors d'une conférence de presse. Le futur dépend de la prochaine décision des talibans.

Contactés par l'AFP, ceux-ci se sont montrés plutôt optimistes sur le sujet.

Une première source talibane a d'abord annoncé à l'AFP que 200 des captifs qu'ils détiennent et qui appartiennent aux forces de l'administration de Kaboul seront libérés dans les prochains jours.

Une deuxième source parmi les insurgés a ensuite qualifié de très probable le fait qu'ils étendent le cessez-le-feu de sept jours si le gouvernement accélère la libération des prisonniers. Tous nos leaders (...) ou presque sont d'accord là-dessus, a-t-elle ajouté.

Zabihullah Mudjahid, porte-parole et voix officielle des talibans, a toutefois déclaré n'avoir aucune information sur le sujet.

Plusieurs hommes sont assis par terre dans l'herbe.

Des prisonniers ont été rassemblés à la prison Pul-i-Charkhi, à Kaboul, avant d'être libérés.

Photo : Reuters / MOHAMMAD ISMAIL

Les rebelles, qui multiplient depuis des semaines les assauts meurtriers contre les forces afghanes, ont surpris samedi en décrétant unilatéralement un arrêt des combats pour que leurs concitoyens puissent célébrer dans la paix et le confort l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, le mois de jeûne des musulmans.

Le président afghan Ashraf Ghani a immédiatement accepté cette offre. Dimanche, il a lancé une procédure de libération de jusqu'à 2000 prisonniers talibans, dans un geste de bonne volonté, en réponse à l'annonce par les talibans d'un cessez-le-feu, selon son porte-parole Sediq Sediqqi.

D'après Javid Faisal, 100 premiers détenus talibans ont été élargis lundi et 100 autres devaient initialement l'être chaque jour jusqu'à atteindre le chiffre de 2000, avant que la décision soit prise d'en libérer 900 dans la seule journée de mardi.

Ces libérations réciproques de prisonniers – jusqu'à 5000 talibans contre 1000 membres des forces afghanes – sont prévues par un accord signé le 29 février à Doha entre Washington et les talibans, mais non ratifié par Kaboul.

Kaboul avait, avant le cessez-le-feu, relâché environ 1000 détenus, alors que les insurgés en ont libéré environ 300.

L'accord de Doha prévoit également le retrait des forces étrangères d'Afghanistan sous 14 mois, à condition que les insurgés respectent des engagements en matière de sécurité et entament des négociations avec les autorités afghanes sur l'avenir du pays.

Une femme embrasse une pierre tombale au milieu de centaines d'autres.

La guerre en Afghanistan, commencée en octobre 2001, est le plus long conflit armé de l'histoire des États-Unis. Plus de 2300 Américains y ont perdu la vie. Elizabeth Thomas a profité du Memorial Day, lundi, pour rendre hommage à son mari qui y a laissé la sienne.

Photo : La Presse canadienne / AP/Brett Coomer

L'Amérique et le Pakistan (autre acteur régional majeur, NDLR) veulent que le dialogue interafghan démarre immédiatement après la libération des 2000 prisonniers. Mais les talibans veulent toujours que leurs 5000 prisonniers soient libérés avant (d'entamer) toute discussion, a averti l'une des deux sources talibanes.

Le cessez-le-feu, le premier à l'initiative des talibans depuis qu'une coalition internationale menée par les États-Unis les a chassés du pouvoir en 2001, a été largement respecté ces deux premiers jours, malgré quelques escarmouches.

C'est la deuxième interruption des combats en Afghanistan depuis 2001. La première, à l'initiative d'Ashraf Ghani, avait abouti à trois jours de pause en juin 2018, déjà à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, et à d'étonnantes scènes de fraternisation entre combattants des deux camps.

Les talibans ont également respecté une trêve partielle de neuf jours du 22 février au 2 mars à l'occasion de la signature de l'accord de Doha.

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