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Le G20 interpellé par 40 millions de professionnels pour une reprise viable de l’économie

La Terre.

La missive a été signée par 350 organisations représentant 40 millions de professionnels de la santé dans une centaine de pays.

Photo : NASA

Radio-Canada

Environ 40 millions de professionnels du milieu de la santé d'une centaine de pays dans le monde ont écrit une lettre destinée aux membres du G20 dans laquelle ils les invitent à envisager une reprise viable après la crise sanitaire.

Parmi les destinataires, on retrouve le président chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine, le président brésilien Jair Bolsonaro, le président des États-Unis Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre canadien Justin Trudeau.

La tragédie qui se déroule en ce moment présente bien des aspects que l’inégalité et le manque d’investissement dans les systèmes de santé publique ne font qu’amplifier. La mort, la maladie et la souffrance psychologique ont atteint des niveaux que nous n’avions plus vus depuis des dizaines d’années, écrivent les signataires.

Ils ajoutent : Il aurait été possible d’atténuer en partie ces effets, voire de les prévenir en investissant suffisamment dans la préparation aux pandémies, la santé publique et la bonne gestion de l’environnement. Nous devons tirer les enseignements de ces erreurs et sortir de cette crise plus forts, en meilleure santé et plus aptes à rebondir.

Les professionnels de la santé appellent à une meilleure protection de l’environnement et mettent en garde contre la pollution atmosphérique.

Cette même pollution augmente le risque de développer certaines maladies ou en accentue la gravité : pneumonie, bronchopneumopathies chroniques obstructives, cancer du poumon, maladies cardiaques et accidents vasculaires. Il en résulte que sept millions de personnes en meurent prématurément chaque année, disent-ils.

Si les pouvoirs publics décidaient de réformer en profondeur les subventions accordées aux combustibles fossiles et en basculaient la plupart vers la production d’énergie renouvelable propre, notre air serait plus respirable et les émissions à effet de serre seraient considérablement revues à la baisse, ajoutent-ils.

Les auteurs de la lettre demandent aux chefs d’État de considérer ce que dit la science dans l’élaboration de politiques publiques.

Nous vous demandons de faire participer directement vos responsables des services médicaux et vos conseillers scientifiques principaux à la mise en place de tous vos programmes de relance, afin qu’ils en évaluent les éventuelles répercussions à court et long terme sur la santé publique et puissent donner leur aval, déclarent-ils.

Refuser le statu quo

Dre Claudel Pétrin-Desrosiers est assise devant une bibliothèque remplie de livres.

Dre Claudel Pétrin-Desrosiers est présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement.

Photo : Radio-Canada

L’Association québécoise des médecins pour l’environnement a signé le document. Sa présidente, la Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, a affirmé en entrevue à l’émission 24-60 sur les ondes d'ICI RDI que le statu quo n’est plus acceptable.

On ne peut pas garder le modèle business as usual quand on parle de relance économique, alors qu’on s’apprête à investir des milliards de dollars dans l’économie. Il y a des considérations supplémentaires qui doivent y avoir et ces considérations doivent juxtaposer la santé et l’environnement, a-t-elle dit.

Cette lettre s’inscrit dans un mouvement, fait-elle remarquer, soulignant que plusieurs organisations ont lancé des appels collectifs au cours des dernières semaines et les messages convergent en faveur de changements importants.

Les messages de la société civile pointent dans la même direction. Il faut des changements systémiques. Il faut plus de résilience communautaire. Il faut investir de façon à prioriser la santé et le bien-être des gens. Nous, dans une perspective de santé, de médecins, de soignants, cela va de pair avec la transition écologique, a-t-elle soutenu.

Les changements climatiques menacent la santé publique et constituent des amplificateurs de risques d’infections et de pandémie, prévient-elle.

La santé et le bien-être sont déterminés par tellement plus que le système de santé en tant que tel. On parle de niveaux socio-économiques, d’accès à l’éducation, d’accès à la nutrition, d’accès aux espaces verts, explique-t-elle.

On sait que dans les quartiers les plus défavorisés, où il y a les plus grandes inégalités, il y a moins d’accès à la nature. Il y a plus d’îlots de chaleur. Il y a plus de déserts alimentaires. Il y a plus de proximité. C’est sûr que ce sont des facteurs qui viennent jouer quand on parle d’une pandémie de l’ampleur de la COVID-19, conclut-elle.

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