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Avec 2 ans de retard, la raffinerie Sturgeon transforme enfin le bitume en diesel

Plan large de la raffinerie Sturgeon.

35 000 employés ont participé à la construction de la raffinerie Sturgeon, selon la directrice des relations publiques de North West Redwater Partnership.

Photo : CBC

La raffinerie Sturgeon de Redwater, située au nord-est d’Edmonton, est pleinement opérationnelle. Après deux ans de retard, l'installation, qui est la première du genre à être construite au Canada depuis plus de 30 ans, transforme le pétrole lourd des sables bitumineux en diesel et autres carburants.

Nous fabriquons désormais du diesel à partir du bitume, se réjouit Vanessa Goodman, directrice des relations publiques de North West Redwater Partnership, l’entreprise co-propriétaire de la raffinerie.

Elle indique que le diesel produit est directement utilisable en raison de sa faible teneur en soufre et que c'est l’un des diesels à faible intensité de carbone qui peut être produit à partir des sables bitumineux.

Pour cela, la raffinerie utilise une technologie de captage de carbone qui collecte les émissions de CO2 avant de les transporter par le pipeline principal de l’Alberta pour le carbone appelé Alberta Carbon Trunk Line.

C'est la première [raffinerie de bitume] à avoir incorporé une capture de carbone.

Vanessa Goodman, directrice des relations publiques, North West Redwater Partnership
Plan rapproché d'une poignée de bitume dans un gant de travail.

75% de la matière première doit provenir de la commission Alberta Petroleum Marketing, une propriété du gouvernement de l'Alberta.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Deux années de retard

La construction de la raffinerie a été achevée à l’automne 2017. En décembre de la même année, l’entreprise a commencé à produire du diesel à partir de pétrole brut synthétique qui est un produit plus léger provenant des mines des sables bitumineux, explique Vanessa Goodman.

Selon elle, au début 2018, la raffinerie devait commencer à traiter jusqu’à 80 000 barils de bitume par jour, mais a fait face à des problèmes liés à l’équipement qui ont retardé le projet. C’est notamment le cas d’un gazéificateur, un appareil conçu pour briser les parties les plus lourdes du baril de bitume.

Depuis décembre 2017, l’entreprise n’a donc cessé de produire son diesel à partir du pétrole brut synthétique jusqu'à faire la transition vers l'usage du bitume en avril 2020.

Nous devions nous assurer que cette unité fonctionnait parfaitement et en toute sécurité avant de transformer du bitume.

Vanessa Goodman, directrice des relations publiques, North West Redwater Partnership

Question de rentabilité

Vanessa Goodman croit le projet sera rentable à long terme. Selon elle, le diesel sera toujours en demande, car des secteurs comme celui des transports et de l'agriculture comptent sur notre produit pour acheminer régulièrement des biens et des services tout en continuant à répondre aux besoins fondamentaux des gens, de sorte que le produit que nous produisons est toujours en forte demande et nécessaire aux Albertains et aux Canadiens.

Cela nous donne aussi une autre option au lieu d'expédier du bitume de très faible valeur.

Vanessa Goodman, directrice des relations publiques, North West Redwater Partnership

Même s’il voit cette étape comme un pas dans le bonne direction, Brian Livingston, membre exécutif de l’École des politiques publiques de l'Université de Calgary demeure un peu moins optimiste. Il a publié un rapport en 2018 dans lequel il remettrait en question la rentabilité de la raffinerie qui, selon lui, fournit très peu d’informations qui permettent de l’évaluer.

J'ai toujours demandé et suggéré que la raffinerie soit transparente, qu'elle décrit et dise aux gens quels sont les coûts associés à ce projet : À combien produisent-ils? À combien le vendent-ils? Combien coûte l'habileté de transformer le bitume et combien cela coûte-t-il d’opérer la raffinerie?

Il serait très utile qu'elle soit aussi transparente que n'importe quelle entreprise cotée en bourse pour décrire leurs résultats d'exploitation et financiers.

Brian Livingston, membre de la direction, École des politiques publiques, Université de Calgary

La vraie question est de savoir s'il y aura une augmentation de la demande de carburant diesel, étant donné que la consommation de produits d'hydrocarbures est ce qu'ils appellent à plat. Ce qui signifie qu'il ne monte pas et qu'il pourrait diminuer légèrement. Je ne suis pas sûr qu’il y aura un besoin pour des raffineries supplémentaires. En fait, c'est le contraire qui se produit dans nos raffineries au Canada et aux États-Unis qui ont été fermées.

Selon l'entreprise, la raffinerie de 9,7 milliards dollars permettra d'employer plus de 500 employés à long terme.

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