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Qui sont les travailleurs essentiels des provinces atlantiques?

Une analyse de données de Radio-Canada met en lumière des réalités qui diffèrent d'un secteur à l'autre.

Un travailleur dans une épicerie portent un masque.

Radio-Canada a déterminé quatre secteurs comme essentiels parmi les quatre provinces de l’Atlantique: les services d’urgence, la santé, le secteur de l’alimentation et les services (archives).

Photo : Getty Images / FG Trade

Laurianne Croteau

Plusieurs travailleurs de secteurs des services et de l'agroalimentaire continuent de se rendre sur leur lieu de travail alors que le monde entier garde ses distances et tente de travailler de la maison.

Caissiers, ouvriers d’usine d’abattage et autres travailleurs essentiels mettent par le fait même leur santé et celle de leurs proches en danger. Mais leurs conditions de travail sont bien moindres que celles des travailleurs de la santé, révèle une analyse de données de Radio-Canada.

On a les travailleurs de la santé et d’urgence, qui sont plus éduqués et qui ont de meilleures conditions de travail, explique le professeur de sociologie à l’Université de Moncton Mathieu Wade.

Portait de Mathieu Wade.

Mathieu Wade, professeur en sociologie à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

[Les travailleurs] des secteurs des services et de l’agroalimentaire ont des salaires et des taux de syndicalisation plus faibles.

Mathieu Wade, professeur de sociologie

Radio-Canada a déterminé quatre secteurs comme essentiels parmi les quatre provinces de l’Atlantique : les services d’urgence, la santé, le secteur de l’alimentation et les services.

En les classant ainsi, il est possible de voir des tendances se démarquer pour chaque secteur.

Le secteur de la santé est par exemple fortement occupé par des femmes, qui composent 87,4 % des travailleurs.

Les éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance ainsi que les infirmiers auxiliaires étaient d’ailleurs composés de plus de 95 % de femmes.

À l’inverse, ceux des services d’urgence et de l’agroalimentaire sont composés à 84 et 85 % d’hommes, respectivement.

Les pompiers sont composés d’hommes à 100 % en Atlantique alors que les conducteurs de camions de transport, à 99 %.

Les proportions de travailleurs issus de l’immigration sont les plus élevées chez les opérateurs de machines dans la transformation des aliments (15 %), le personnel en agriculture et en horticulture (14 %) et les aides-infirmiers, les aides-soignants et les préposés aux bénéficiaires (12 %). À titre comparatif, le marché du travail de l’Atlantique est composé de 7 % de travailleurs issus de l’immigration.

Des conditions de travail variées

En Atlantique, le salaire moyen perçu par semaine est de 995 $.

Les pompiers, les policiers et les ambulanciers gagnent un tiers de plus que le salaire moyen des travailleurs de l’Atlantique, avec plus de 1300 $ par semaine.

Ceux du secteur de la santé, qui inclut à la fois des médecins, des infirmières et des préposés, ne sont pas loin derrière, avec une moyenne de 1094 $ par semaine.

Parmi les travailleurs essentiels analysés, les professions qui avaient les salaires les plus élevés en avril étaient les policiers, avec 1623 $ par semaine, les omnipraticiens et les médecins en médecine familiale, avec 1497 $ par semaine, et les professionnels en soins infirmiers, avec 1325 $ par semaine.

À l’opposé, les travailleurs du secteur des services, comme les caissiers, les commis et les éducateurs à la petite enfance, gagnent un peu plus de la moitié du salaire moyen, soit 563 $ par semaine.

Des enfants assis à une table dans une garderie.

Les éducateurs à la petite enfance gagnent moins d'argent que les travailleurs essentiels d'autres secteurs (archives).

Photo : Radio-Canada

Les travailleurs de l’agroalimentaire gagnent quant à eux environ 11 % de moins que la moyenne régionale.

Les professions qui ont reçu les plus bas salaires étaient alors les caissiers, avec 308 $ par semaine, le personnel de soutien aux ventes, avec 473 $ par semaine, et le personnel en agriculture et en horticulture, avec 587 $ par semaine.

Ces différences peuvent être expliquées de plusieurs façons, dont par les années d’études et la proportion de travailleurs syndiqués.

La corrélation entre le nombre d’années d’étude, le salaire et la proportion d’employés syndiqués est très forte.

Les services d’urgence ont la plus grande proportion de travailleurs ayant obtenu un diplôme d’études post-secondaire ou universitaire (le tableau fait un total de ces deux niveaux d’études) et la plus grande proportion de travailleurs syndiqués.

Un formulaire d'adhésion au Syndicat canadien de la fonction publique.

Les travailleurs des services d'urgence sont ceux qui affichent le plus haut taux de syndicalisation (archives).

Photo : Radio-Canada

La plus grande proportion de travailleurs essentiels qui détiennent un diplôme d’études universitaires sont, de loin, les omnipraticiens et les médecins en médecine familiale (90 %) et le personnel professionnel en soins infirmiers (65 %). À titre comparatif, la moyenne des travailleurs de l’Atlantique est de 31 %.

Les travailleurs suivants affichaient tous un taux de syndicalisation de 0 % : entrepreneurs et surveillants en agriculture, horticulture et opérations et services connexes; capitaines de bateaux de pêche et pêcheurs; personnel de soutien aux ventes; éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance et personnel en agriculture et en horticulture

L'incidence de l'âge sur le salaire

La moyenne d’âge peut elle aussi avoir une incidence sur le salaire, puisque les années d’expérience augmentent normalement la valeur du service prodigué.

Dans le secteur des services, on compte plus de 40 % de jeunes alors que le marché du travail en Atlantique n’en compte qu’en moyenne 10 %.

Les pompiers et les caissiers sont les deux professions qui comptent une majorité de travailleurs entre 15 et 24 ans, soit respectivement 65 % et 58 % de jeunes.

Méthodologie

Radio-Canada a analysé les données de l'Enquête sur la population active d’avril 2020 fournies par Statistique Canada dans un script Pandas, une librairie de Python.

Pour ce faire, nous avons d’abord déterminé quelles catégories comportaient les plus grandes proportions de travailleurs qui se déplaçaient tous les jours pour se rendre au travail, et qui étaient considérés comme essentiels dans les quatre provinces atlantiques.

Les salaires ne comprennent que les employés d'une profession, et la proportion d'employés dépend d'une profession à l'autre. Les quatre professions qui avaient moins de 80 % d'employés sont les capitaines de bateaux de pêche et pêcheurs (25 %), les omnipraticiens et médecins en médecine familiale (43 %), les éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance (53 %) et les entrepreneurs et surveillants en agriculture, en horticulture et opérations (70%).

Voici les métiers considérés dans notre analyse comme essentiels selon la Classification nationale des professions.

Santé : 65 100 travailleurs en Atlantique

301 professionnels en soins infirmiers
3112 omnipraticiens et médecins en médecine familiale
3233 infirmiers auxiliaires/infirmières auxiliaires
3413 aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires

Services : 50 500 travailleurs en Atlantique

151 travailleurs au courrier et à la distribution de messages
4214 éducateurs et aides-éducateurs de la petite enfance
6611 caissiers/caissières
662 autres travailleurs de soutien aux ventes

Agroalimentaire : 35 200 travailleurs en Atlantique

7511 conducteurs de camions de transport
825 entrepreneurs et surveillants en agriculture, en horticulture et opérations et services connexes
826 capitaines de bateaux de pêche et pêcheurs
843 travailleurs en agriculture et en horticulture
946 opérateurs de machines et travailleurs dans la transformation des aliments et de boissons et produits connexes

Services d’urgence : 8800 travailleurs en Atlantique

3234 ambulanciers et travailleurs paramédicaux
4311 policiers/policières (sauf cadres supérieurs)
4312 pompiers/pompières

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