•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des mandats de perquisition pour trouver des infos sur le tireur de Portapique

Une voiture de police est garée devant la clinique.

La GRC a obtenu un mandat de perquisition pour passer au peigne fin la clinique dentaire du suspect située à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Pendant que l’enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur la tuerie qui a fait 22 morts en Nouvelle-Écosse se poursuit, des documents rendus publics lundi révèlent que le corps policier a récemment saisi et fouillé l'ordinateur, le téléphone portable, la tablette et les appareils de navigation du tueur.

Les mandats de perquisition, descellés par un juge aujourd’hui, ne fournissent pas de détails sur ce que la police a découvert, parce que l’enquête n'est pas encore terminée. Par conséquent, les documents sont fortement caviardés.

Les mandats montrent que les policiers étaient à la recherche d’armes, de munitions, d’explosifs, de produits chimiques, de systèmes de surveillance, d’ordinateurs, d’appareils électroniques, de vêtements de police, de restes humains et de documents relatifs à la planification de meurtres de masse et l’acquisition d’armement.

Chacun des mandats est accompagné d'un sinistre récit des événements qui ont débuté dans la nuit du 18 avril, lorsque Gabriel Wortman, 51 ans, aurait agressé sa conjointe dans l'une de ses résidences secondaires situées dans le village de Portapique, en Nouvelle-Écosse.

En possession de plusieurs armes semi-automatiques, il a mis le feu à plusieurs propriétés et tué 13 personnes à Portapique avant de fuir la région déguisé en agent de la GRC et en conduisant un véhicule qui ressemble exactement à une autopatrouille de la GRC.

Il a assassiné neuf autres personnes le lendemain dans plusieurs localités du nord et du centre de la province avant qu’un policier de la GRC ne l’abatte à une station-service de la municipalité d’Enfield, à environ 90 kilomètres au sud de Portapique. Le suspect a été en cavale pendant 13 heures.

Gabriel Wortman a fait preuve d'un mépris total pour la vie humaine en tirant sur des gens assis dans leur voiture, des gens qui marchaient sur le bord de la route et des gens dans leur maison, peut-on lire dans le document rédigé par la sergente Angela Hawryluk.

Perquisitions

Les documents montrent entre autres que la police a saisi un téléphone cellulaire Samsung, un ordinateur portable Toshiba, une tablette Acer, une carte de stockage des données et un dispositif de positionnement global de marque Garmin provenant de sa clinique dentaire de Dartmouth, le 20 avril dernier, le jour suivant la mort du suspect.

De plus, les mandats de perquisition et autres documents rendus publics révèlent que les agents ont également obtenu des données provenant des systèmes d'infodivertissement à l'intérieur de deux véhicules saisis, soit une Ford Taurus Police Interceptor 2013 et une Mercedes-Benz C-300 2015.

Selon la police, ces systèmes peuvent stocker de façon synchronisée des données de téléphone portable concernant la navigation, les messages textes, les appels téléphoniques et le contenu disponible sur Internet, y compris l'état de la circulation et la météo.

De plus, la GRC a déposé une ordonnance auprès du fournisseur de télécommunications Telus Communications, basé à Scarborough, en Ontario. Celle-ci indique rechercher des documents et des données auprès de Telus Mobilité, mais les demandes spécifiques ont été expurgées.

Les enquêteurs ont obtenu des mandats pour fouiller au moins quatre propriétés détenues par le tueur, dont deux sont situées à Portapique. La police a confirmé que rien n’a été saisi de la résidence du 287, Portapique Beach Road, qui a été détruite par un incendie.

Au 200, Portapique Beach Road, la résidence principale de Gabriel Wortman, les policiers ont trouvé une boîte de munitions avec un billet de 100 $ brûlé, un sac de plastique noir, une boîte de reçus brûlée et des morceaux de fusil brûlés. Les enquêteurs ont également obtenu la permission de fouiller une autre clinique dentaire située à Halifax, où ils espéraient trouver un autre ordinateur, en vain.

Les documents, qui étaient sous scellés, ont été rendus publics lundi après qu’un consortium de médias eut déposé une requête en justice.

Témoignages

La semaine dernière, le tribunal a rendu publics d’autres documents qui révèlent des déclarations de divers témoins qui décrivent Gabriel Wortman comme un sociopathe violent qui a souffert d'une dépression nerveuse et qui stockait des armes tout en affichant un comportement paranoïaque en raison de la pandémie de COVID-19.

Un des témoins a dit que Wortman était troublé et qu’il avait été gravement abusé quand il était petit, ajoutant qu’il était très intelligent, qu'il trichait et qu'il était un psychopathe. Un autre témoin a affirmé que Wortman avait décrit des moyens de se débarrasser des corps en utilisant des produits chimiques.

Un document confirme que Wortman a acheté des voitures de police d'occasion lors de ventes aux enchères et qu’il a acquis des autocollants dans le but de transformer une Ford Taurus afin qu’elle ressemble exactement à une autopatrouille de la GRC.

Dans les raisons invoquées pour demander des mandats de perquisition, la sergente Angela Hawryluk souligne le fait que les deux premiers policiers arrivés à Portapique, le soir du 18 avril, ont rencontré un témoin blessé qui leur a dit qu'il s’était fait tirer par un homme en uniforme qui conduisait une voiture de la GRC.

L’homme a dit aux policiers que son premier soupçon était que [le tireur] était Gabe [Wortman] parce que sa grange était en feu et qu’il possédait une voiture ressemblant à une Taurus qu’il appelait une auto de police.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Crimes et délits

Justice et faits divers