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Québec permettra aux étudiants internationaux de commencer leur cursus à l’étranger

Même si ces étudiants ne seront pas physiquement au Québec, un critère habituellement essentiel, un financement sera octroyé aux universités et aux cégeps.

Des étudiants sur le campus de l'Université de Montréal.

Plus de 50 000 étudiants internationaux ont fréquenté l'an passé les universités et les cégeps du Québec.

Photo : Getty Images / Marc Bruxelle

Dès la rentrée prochaine, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) « est prêt à permettre » que la formation des étudiants internationaux « puisse débuter même s’ils étaient dans l’impossibilité de quitter leur pays ».

Cette déclaration a été transmise à Radio-Canada alors que les universités et les cégeps ont fait part au gouvernement, au cours des dernières semaines, de leurs nombreuses inquiétudes.

Certaines conditions sont néanmoins évoquées, mais celles-ci n’ont pas été précisées par Québec, qui reconnaît cependant que ces établissements subiront des impacts financiers.

Que les avantages soient liés aux échanges culturels, à la recherche ou à la formation de la main-d’œuvre, le Ministère reconnaît l’importance des étudiants internationaux dans les milieux universitaires et collégiaux.

Bryan Saint-Louis, porte-parole du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

La « vitalité » de certains établissements en jeu

Ces derniers jours, universités et cégeps avaient évoqué à Radio-Canada leurs gros problèmes à venir, si Québec ne prenait pas la décision d’assouplir les règles habituelles.

Les établissements touchent par exemple un financement de la part de Québec, mais selon les critères actuels, ces étudiants internationaux doivent résider dans la province.

Or, en raison de la pandémie et des frontières toujours fermées, la venue de ces étudiants, dans les prochains mois, est grandement incertaine et ces sommes jouent un rôle important dans le fonctionnement de ces établissements.

Certains programmes d’études, accessibles à l’ensemble des étudiants de la province, seraient ainsi menacés.

La vitalité financière de nombreux cégeps est en jeu, explique Bernard Tremblay, le président de la Fédération des cégeps qui accueillaient l’an passé près de 4500 étudiants internationaux.

Ça assure la vitalité, mais ça permet aussi à des Québécois de bénéficier de certains programmes. Sans ces étudiants étrangers, il pourrait y avoir des cohortes qui disparaissent.

Bernard Tremblay, président de la Fédération des cégeps

Ces étudiants contribuent à la richesse et à la valeur de l'expérience universitaire. Ils contribuent à l'enrichissement personnel, à l'esprit critique. C'est enrichissant d'avoir des personnes d'origines diverses à ses côtés, mentionne de son côté Pierre Cossette, le recteur de l'Université de Sherbrooke.

Les enjeux varient selon les établissements. Au Cégep de Matane, par exemple, près de la moitié des étudiants viennent de l’étranger, rappelle Bernard Tremblay.

À l’Université Laval, qui comptait l’an passé près de 7000 étudiants internationaux (14 % des inscrits), on s’attend également à une baisse de revenus, notamment en raison de la baisse d’inscription des étudiants internationaux, qui serait difficile à chiffrer.

Il apparaît de façon préliminaire que le manque à gagner pourrait s’élever jusqu’à un ordre de 100 millions de dollars, souligne Simon La Terreur, porte-parole de l’établissement.

Des solutions étudiées

Québec dit avoir entendu le message. [Le gouvernement] collabore actuellement avec les établissements afin de déterminer les mesures de financement possibles, selon Bryan Saint-Louis, porte-parole du MEES.

Des propositions de financement ont ainsi été présentées vendredi passé aux universités, confie le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI), un regroupement de nombreuses universités du Québec.

Une solution satisfaisante semble en voie d’être trouvée, affirme Pierre Cossette, qui est également président du BCI. Ce dernier craignait, notamment, une perte d’attractivité du Québec.

Les étudiants se décident en mai ou début juin, c’est là que les choix se font. Si ce n’est pas au Québec, ils iront ailleurs dans le monde, indiquait-il à Radio-Canada, avant les propositions transmises par le MEES.

Plus de 50 000 étudiants internationaux

L’an passé, les universités québécoises ont accueilli plus de 48 000 étudiants internationaux, un chiffre en constante augmentation ces dernières années. C'est une part d’environ 15 % par rapport au nombre d’inscrits. Du côté des cégeps, on parle d’approximativement 4500 personnes.

Des assouplissements de Québec et Ottawa

D’autres éléments importants, pour les universités et les cégeps, ont également été récemment réglés.

À la fin d'avril, Québec a par exemple décidé de prolonger jusqu’à la fin de l’année les certificats d'acceptation du Québec (CAQ) délivrés aux étudiants étrangers. Ce document est indispensable pour obtenir, auprès du gouvernement fédéral, un permis d'études au Québec.

Le CAQ et le permis d’études seront obligatoires pour ces étudiants au moment de poursuivre le programme d'études en personne au Québec, rappelle néanmoins le MEES.

Ces étudiants internationaux qui veulent ainsi opter, dans un premier temps, pour une formation à distance, devront donc entreprendre leurs démarches d'immigration le plus tôt possible afin d'être prêts à venir au Québec dès que la situation le permettra, ajoute-t-on.

De son côté, Ottawa a aussi assoupli ses règles en permettant aux étudiants internationaux qui veulent obtenir un permis d’études de réaliser jusqu’à 50 % de leur programme en ligne s’ils ne sont pas en mesure de venir au Canada plus tôt.

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