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COVID-19 : la connexion Internet plus laborieuse que jamais dans les secteurs ruraux

Des élus locaux réclament de l'action immédiate; Ottawa promet une annonce dans les prochaines semaines.

Une main d'homme sur le clavier d'un ordinateur portable.

Le taux de connexion résidentielle à Internet atteint 91 % au Québec.

Photo : getty images/istockphoto / bob_bosewell

École à la maison, télétravail, magasinage en ligne : la pandémie de COVID-19 aura forcé les Canadiens à être plus branchés que jamais. Mais la tâche n’est pas toujours facile dans les secteurs ruraux, où l’accès à Internet haute vitesse est un problème depuis longtemps.

Caryl Green est habituée à discuter du casse-tête que représente la connexion Internet dans son secteur. La préfète de la MRC des Collines-de-l’Outaouais en a fait son cheval de bataille depuis son élection, en 2009.

Plus on s’éloigne de la ville, plus il y a un manque de service, rappelle-t-elle. On a réussi la couverture dans certains secteurs, mais il y a encore de grands besoins.

Caryl Green en entrevue à Radio-Canada, devant des arbres.

La mairesse de Chelsea, en Outaouais, Caryl Green

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Le problème est le même dans toutes les MRC de l’Outaouais. Les abonnés les plus chanceux bénéficient d’une connexion parfois lente et peu fiable. Pour les autres, accéder à Internet relève de la mission impossible — d’autant plus qu’avec la pandémie, les réseaux sont surchargés.

Ça fait longtemps que ça dure, mais c’est pire en situation de pandémie, renchérit Chantal Lamarche, la préfète de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau. Même moi, j’ai Internet chez nous et je suis très limitée. Parfois, j’ai de la difficulté à me connecter pour des rencontres Zoom.

La situation est problématique pour les élus et pour les employés municipaux, mais pas seulement. Depuis le début du confinement, les deux élues racontent avoir reçu de nombreuses plaintes de commerçants incapables d’offrir leurs produits en raison de la connexion hasardeuse.

C’est très difficile sans un service stable sur lequel on peut compter à la maison.

Une citation de :Caryl Green, préfète de la MRC des Collines-de-l'Outaouais

Des élèves coupés du monde scolaire

En Outaouais comme partout au Québec, le gouvernement a permis le retour en classe des élèves du primaire sans l’imposer. Les enfants qui restent à la maison ont toutefois accès à du matériel d’enseignement en ligne.

S’ils n’ont pas accès à Internet, [les élèves] sont complètement coupés du monde scolaire en ce moment, s’inquiète Annie Lesage, la coordinatrice de la Table de développement social des Collines-de-l’Outaouais.

On est déjà en retard parce que les jeunes qui sont présentement à la maison ne sont pas connectés.

Une citation de :Annie Lesage, coordinatrice de la Table de développement social des Collines-de-l'Outaouais

Pour les élèves du secondaire, l’enseignement se fait entièrement en ligne depuis mars et la rentrée en présentiel n’est prévue que pour septembre. Annie Lesage s’inquiète pour ceux qui n’auront pas accès à du matériel d’apprentissage pendant de longs mois.

On craint de voir plusieurs élèves décrocher, dit-elle. À travers tout ça, il y a tous les enjeux sociaux qui en découlent. Est-ce que ça aura des répercussions sur le chômage ou sur l’avenir des familles?

Les gouvernements interpellés

Dans les dernières années, les annonces gouvernementales pour doter les secteurs ruraux de l’Outaouais d’Internet se sont multipliées. Au provincial, le programme Québec haut débit promet par exemple des investissements de 400 millions de dollars d’ici 2026 pour améliorer l’infrastructure Internet en milieu rural.

La semaine dernière, le gouvernement annonçait d’ailleurs que 66 projets avaient été retenus dans ce cadre. Près de 63 000 foyers doivent ainsi être branchés, dont 4630 en Outaouais.

Un routeur sans fil de marque D-Link.

Difficile de travailler de la maison quand l'accès à Internet n'est pas optimal.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette

Cet investissement est bien reçu dans la région, mais Caryl Green attend encore des précisions.

On n’a pas de détails. Ils nous disent que les détails pour les secteurs et les rues vont être identifiés dans quelques semaines. En ce moment, même les députés n’ont pas de détails en lien avec cette annonce , explique la mairesse de Chelsea.

Chantal Lamarche souligne que l’annonce de Québec ne réglera pas tous les problèmes. La préfète pense qu’Internet devrait être considéré comme un service essentiel au même titre que l'électricité.

Il faut que le fédéral oblige les compagnies de télécommunications à venir dans les milieux ruraux. Il est là, le problème, fait-elle valoir.

Chantal Lamarche, préfète de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau.

Chantal Lamarche, préfète de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau

Photo : Radio-Canada

Ottawa promet aussi d’agir rapidement

Le député libéral fédéral de Pontiac, Will Amos, admet que l’accès à Internet constitue l’enjeu numéro 1 dans sa circonscription.

S’il reconnaît qu’il est difficile de convaincre les entreprises de télécommunications d’investir dans des secteurs où la densité démographique est moindre, le député croit que les subventions demeurent le meilleur outil du gouvernement.

Je suis heureux que la COVID-19 allume les gens à travers le Canada sur cette problématique.

Une citation de :Will Amos, député fédéral de Pontiac

Il assure que le gouvernement s’apprête à faire de grandes annonces sur l’Internet à haute vitesse dans les prochaines semaines, tout en admettant que les résultats de ces investissements ne seront pas instantanés et qu'ils ne permettraient pas de brancher tous les foyers.

Je n’aime pas attendre et le Canada rural mérite mieux, mais je peux garantir à mes commettants qu’on est là-dessus, promet-il néanmoins.

Avec les informations d'Alexandra Angers

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