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Subvention salariale pour des partis : « un rire grossier au visage des gens »

Yves-Francois Blanchet est debout et fait une intervention lors de la période de questions à la Chambre des communes.

Yves-François Blanchet juge « inacceptable » le fait que certains partis fédéraux bénéficient de la Subvention salariale d'urgence.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le Bloc québécois est revenu à la charge contre les partis fédéraux qui ont recours à la Subvention salariale d'urgence. De retour à la Chambre des communes, son chef Yves-François Blanchet a jugé « profondément inacceptable » que de « riches » organisations politiques puissent en profiter.

Quelle horrible malhonnêteté, quel rire grossier au visage des gens : le chef bloquiste n'a pas mâché ses mots, lundi.

Selon lui, les requêtes formulées par le Parti libéral du Canada (PLC) et le Parti conservateur du Canada (PCC) pour bénéficier du programme de Subvention salariale d'urgence n'ont pas lieu d'être. Si t'as pas besoin de l'argent de la crise, demande pas l'argent de la crise, a-t-il ajouté.

Des programmes qui ont été créés pour éviter que des entreprises et des particuliers ne fassent faillite servent aujourd’hui à financer les deux partis les plus riches au Canada.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert ont eux aussi eu recours à la subvention, ce qui fait du Bloc québécois le seul parti siégeant aux Communes à ne pas en avoir fait la demande. En vertu de ce programme, mis sur pied en pleine pandémie, Ottawa couvre jusqu'à 75 % du salaire d'un travailleur, pour un maximum de 850 $ par semaine.

Comme les quatre partis fédéraux emploient collectivement près de 200 personnes, ce sont environ 670 000 $ par mois qui sont puisés à même le Trésor pour permettre le maintien de ces emplois.

Les collectes de fonds en pâtissent

Pour Yves-François Blanchet, le financement du Bloc québécois n'a pas connu de chute dramatique avec l'arrivée de la pandémie. On est capable de payer notre monde, a-t-il assuré.

C'est toutefois l'une des raisons avancées par les conservateurs pour justifier leur demande de subvention. Bien que le PCC ait récolté près de 4 millions de dollars en contributions politiques au premier trimestre de 2020, le parti juge que sa collecte de fonds en a pris un coup depuis le début de la pandémie.

Mars 2020 a effectivement été le pire mois de mars depuis 2006 pour ce qui est du financement des partis politiques au pays. Selon une analyse réalisée par CBC, les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates ont perdu 2 millions de dollars en dons pour ce seul mois, comparativement aux années précédentes.

Aux yeux du député bloquiste de La Prairie, Alain Therrien, chez les conservateurs comme chez les libéraux, les coffres sont pleins. En entrevue au Téléjournal avec Patrice Roy, il a souligné que le PLC pouvait quant à lui compter sur 3 millions de dollars récoltés en dons au cours des trois premiers mois de l'année 2020.

Une subvention parmi d'autres

Pandémie ou non, les partis fédéraux peuvent compter chaque année sur des millions de dollars en fonds publics, notamment par l'entremise des crédits d'impôt pour les contributions politiques, un incitatif pour les particuliers qui souhaitent faire un don auprès d'un parti.

Le système de remboursement des dépenses électorales permet aussi aux partis de renflouer leurs coffres après une campagne électorale. À titre d'exemple, au cours des élections fédérales de 2015 (les chiffres pour 2019 ne sont pas disponibles à ce jour), le total des sommes remboursées aux partis s’élevait à plus de 60 millions de dollars.

Le lieutenant politique du Québec pour le Parti conservateur, Alain Rayes, estime de son côté que les membres du personnel des partis fédéraux sont victimes de la crise, au même titre que les autres travailleurs au pays. Moi, la question que je me pose avec le recul, c'est : est-ce que les travailleurs dans les partis politiques sont des travailleurs comme tous les Canadiens et Canadiennes qui peuvent subir des contrecoups?

Sans la Subvention salariale d'urgence, ces mêmes personnes se retrouveraient sans emploi et auraient alors recours à la Prestation canadienne d'urgence (PCU), a-t-il souligné en entrevue à RDI. C’est le même argent qui aurait servi d’une façon ou d’une autre, a-t-il résumé.

Cette idée est aussi défendue par le chef du NPD, Jagmeet Singh. Mieux vaut que les employés de son parti bénéficient de ce programme plutôt que d'être mis à pied et d'avoir besoin de toucher la PCU, a-t-il expliqué.

Questionné à plusieurs reprises sur la décision de son parti de recourir au programme fédéral de subventions salariales mis en place par son gouvernement, le premier ministre du Canada Justin Trudeau s'est borné à répondre à chaque occasion que le programme était ouvert à tous, sans expliquer davantage pourquoi son parti a ressenti le besoin d'y recourir.

Nous avons besoin d’assurer que notre économie puisse revenir, et on a mis en place une subvention salariale qui sera là pour aider les travailleurs de toutes sortes de différents organismes pour pouvoir avoir une économie qui revient par la suite, a-t-il dit.

En fin de semaine, les deux meneurs de la course à la direction du PCC, Peter MacKay et Erin O'Toole, ainsi qu'une autre candidate, Leslyn Lewis, se sont opposés à ce que les formations politiques, y compris la leur, puissent profiter de la Subvention salariale d'urgence.

Avec les informations de La Presse canadienne et d'Eric Grenier, de CBC News

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