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Québec commence à tester la population sans symptômes

Des cliniques mobiles acceptent de tester quiconque s'y présente, a découvert Radio-Canada. Le gouvernement devrait officialiser la pratique sous peu, ce qui se fait déjà en Ontario, Alberta et Saskatchewan.

Un travailleur de la santé entre une tige dans le nez d'un jeune homme assis au volant de son automobile.

Un test de dépistage de la COVID-19.

Photo : Reuters / Francois Lenoir

L'augmentation des dépistages de personnes asymptomatiques n'est pas étrangère à la forte augmentation du nombre de tests effectués dans les derniers jours au Québec. Un nouvelle directive devrait bientôt recommander de multiplier les tests aléatoires de la population.

Alors que le déconfinement est lancé dans le Grand Montréal, François Legault a été heureux d'annoncer que la cible de 14 000 tests par jour a enfin été atteinte. Le premier ministre envisage même d'aller jusqu'à 20 000 dépistages quotidiens.

Nous devons d'abord avoir des gens prêts à se faire tester, a-t-il toutefois précisé. C'est le nerf de la guerre à la COVID-19. Face au manque d'affluence par endroit, Radio-Canada a appris que certaines cliniques mobiles testaient n'importe quelle personne qui s'y présente.

Jocelyn Barbe s'est présenté la semaine dernière à une clinique mobile de l'est de Montréal. L'homme de 62 ans n'a pas caché le fait qu'il ne présente aucun symptôme et n'a pas été en contact avec des cas de COVID-19. Ça a très bien passé, raconte-t-il. Il n'y avait personne. Juste deux voitures. Ça a pris 15 minutes, pas plus.

Autre clinique mobile, même fonctionnement. À Laval, une infirmière nous explique qu'elle teste tout le monde, avec ou sans symptôme. Le CIUSSS de Laval confirme accepter les gens qui n'ont pas de symptômes, mais qui ont des craintes ou des inquiétudes.

Dans l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal, « tout le monde peut être dépisté », dit la présidente locale du Syndicat des professionnelles en soins de santé, Johanne Riendeau, ce que ne confirme pas le CIUSSS.

Une nouvelle directive à venir pour tester tout le monde

Officiellement, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) s'en tient à sa directive en vigueur (Nouvelle fenêtre) qui ne prévoit pas tester la population de façon aléatoire. Dans certaines circonstances, des personnes asymptomatiques peuvent être dépistées, par exemple des travailleurs de CHSLD ou des personnes ayant été en contact avec des malades.

Selon une source bien informée, le ministère devrait émettre, dans les heures à venir, une nouvelle directive pour permettre ce qui se fait déjà sur le terrain.

En Ontario, le premier ministre Doug Ford encourage chaque citoyen à se faire dépister. L'Alberta et la Saskatchewan (Nouvelle fenêtre) permettent aussi aux asymptomatiques d'être testés.

Après qu'on ait testé ceux qu'on peut avec symptômes, là on peut se concentrer à tester les gens qui n'ont pas de symptômes.

François Legault, premier ministre du Québec, en réponse à une question en anglais, le 25 mai.

Moins de cas positifs malgré l'augmentation des tests

Les observateurs attentifs auront remarqué que malgré l'augmentation du nombre de test quotidiens, on détecte de moins en moins de cas positifs et de plus en plus de cas négatifs.

À Laval, la semaine dernière, le taux de tests positifs était de 16 %, alors qu'il y a quelques semaines, en fonction des priorités de dépistage du gouvernement, les taux de tests positifs se sont élevés jusqu'à plus de 40 % pour certaines journées.

C'est normal que quand on teste plus de personnes asymptomatiques, le niveau de positivité diminue.

Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique, en réponse à une question en anglais, le 25 mai

Tester tout le monde est une bonne nouvelle, selon une experte

Un échantillon est prélevé du nez d'un homme.

Un test de dépistage de la COVID-19.

Photo : Reuters / Mussa Issa Qawasma

En Ontario, des épidémiologistes ont convaincu le gouvernement Ford de tester toute la population avec ou sans symptôme, en rappelant que le virus est répandu par des personnes sans symptômes.

Le fait qu'on teste maintenant des gens asymptomatiques, c'est excellent, sachant qu'on fait face à une infection qui peut être silencieuse, se réjouit Nimâ Machouf, épidémiologiste et chargée de cours à l'École de santé publique de l'Université de Montréal.

L'experte rappelle que jusqu'à la moitié des personnes infectées peuvent ne présenter aucun symptôme.

C'est comme pour une épidémie de poux à l'école, on demande à l'ensemble des parents de vérifier la tête de leur enfant, pas juste les parents de ceux qui se grattent.

Nimâ Machouf, épidémiologiste

Si le virus est présent dans l'organisme, il sera détecté par les tests, rappelle l'épidémiologiste. Selon le ministère de la Santé, une personne asymptomatique est à faible risque de développer des complications de la maladie.

Le Dr Horacio Arruda annonce que des tests sérologiques seront disponibles dès le mois de juin. Ils permettront de dépister les personnes qui ont eu la maladie sans le savoir dans le passé et qui ont développé des anticorps.

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