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Soulagement et inquiétude pour les commerçants du Grand Montréal

Un homme et sa fille portant un masque attendent pour entrer dans un magasin.

Des mesures de désinfection et de distanciation strictes attendaient ce client et sa fille ce matin à l'entrée de ce commerce.

Photo : Ivanoh Demers

Les commerces non essentiels du Grand Montréal ont commencé à rouvrir leurs portes lundi après deux mois de fermeture dus à la pandémie. La crise a laissé de profondes séquelles, notamment au centre-ville de Montréal, où l’annulation des festivals et l’absence des milliers de travailleurs des tours de bureaux assombrissent les perspectives estivales pour les marchands.

Après avoir été obligés de fermer leurs portes pendant plus de neuf semaines, du jamais-vu dans l’histoire du Québec, les propriétaires de commerces et de boutiques dotés d’une porte donnant sur l’extérieur ont enfin pu afficher ouvert lundi matin dans la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Tous les centres commerciaux restent par contre fermés jusqu’à nouvel ordre.

Expérience client sous haute surveillance

Si certains commerçants ont préféré reporter leur ouverture de quelques jours par précaution, d’autres se préparaient à ce moment depuis des jours.

Limite du nombre de clients dans le magasin, aménagement de postes de désinfection à l’entrée, installation de vitrines de plexiglas aux caisses et devant les comptoirs, personnel supplémentaire pour accompagner les clients, port de gants, de masque et même de blouse de protection... aucune mesure n’a été exclue afin de pouvoir servir les clients de nouveau.

Oubliez par ailleurs le bon vieux magasinage où on touche à tout. Dans plusieurs commerces en effet ce sont des employés désignés qui montrent la marchandise aux clients pour éviter de tout désinfecter constamment, ce qui entraîne des coûts supplémentaires pour plusieurs établissements.

Si vous essayez une chemise et que vous l’achetez, tant mieux. Sinon, on va l’envoyer chez le nettoyeur.

Une propriétaire de boutique du centre-ville de Montréal

Des fois, je suis obligée de faire porter une blouse [de protection] aux clients, mais on va voir avec le masque peut-être que ça sera correct aussi, ajoute une propriétaire, qui rouvrait les portes de son commerce pour la première fois depuis des semaines lundi matin.

Une femme nettoie une cabine d'essayage.

Une employée doit désinfecter chaque cabine d'essayage après qu'un ou une cliente y est entré pour enfiler des vêtements.

Photo : Ivanoh Demers

Rappelons qu’après avoir annoncé leur réouverture au début mai, le gouvernement Legault a dû reporter à deux reprises la réouverture des commerces jugés non essentiels dans la grande région de Montréal, où la pandémie de coronavirus s’est avérée plus difficile à contrôler que dans le reste du Québec. Dans les régions, les commerces sont ouverts depuis le 4 mai.

Même si les consommateurs avaient très hâte de pouvoir retourner dans les magasins, la réouverture n’a provoqué aucune ruée dans le centre-ville de Montréal, sinon quelques files d’attente devant des commerces de vêtements.

À la sortie des commerces, les consommateurs interrogés étaient heureux de pouvoir magasiner de nouveau, même si l’expérience client a pour le moins changé.

Des clients attendent pour entrer dans un commerce.

Les commerces de vêtements et de chaussures étaient particulièrement achalandés après deux mois de fermeture forcée.

Photo : Ivanoh Demers

On ne peut pas vraiment toucher aux choses, mais il y a quelqu’un qui nous montre ce que l’on veut et il y a plein de gens pour nous servir. C’est très agréable, a expliqué une cliente derrière son cache-visage.

Moi, ça m’inquiète, a pour sa part témoigné un jeune homme qui s’était rendu magasiner avec un ami. Mais on essaye de prendre le plus de précautions possible.

Rien n'est gagné dans le centre-ville

Si dans les grands commerces et dans les banlieues de Montréal on s’attend à un retour en force de la clientèle au cours des prochaines semaines, au centre-ville de Montréal, déserté par les travailleurs et les touristes, le ciel s’annonce plus sombre, principalement cet été, reconnaît Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

En région, ça s’est bien passé. En Europe, ça se passe bien partout. Par contre, on s’inquiète pour les centres-villes. […] Pas de festivals, pas de grandes manifestations qui attirent les gens qui viennent manger, qui font du magasinage, c’est ça qui est inquiétant.

Le square Phillips, à Montréal, au printemps, où on voit un monument.

Le square Phillips désert au centre-ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

En l’absence de touristes, d’étudiants et de travailleurs dans les tours, c’est un demi-million de personnes qui ne s’y rendront pas. Il y a seulement 160 000 résidents dans le centre-ville. Toutes ces boutiques et tous ces commerces, ça ne vit pas que des résidents.

Michel Leblanc, PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Consciente de l’absence prolongée de la grande majorité des acteurs qui font vivre et tourner les commerces du centre-ville, la société de développement commercial du centre-ville a préparé une série de mesures destinées à attirer davantage les Montréalais et les visiteurs dans le secteur cet été.

Une brigade propreté a notamment été déployée au centre-ville pour garder les lieux publics propres et invitants.

Des stations pour garer les vélos munies de distributeurs de désinfectant seront aussi mises en place et les aménagements urbains seront revus et améliorés pour rendre les espaces piétonniers plus fonctionnels et conviviaux.

Des parcours piétonniers thématiques pourraient aussi être proposés aux visiteurs et aux consommateurs.

Des gens faisant la file devant un magasin pour faire leurs courses, achats ou emplettes.

Beaucoup de commerçants du centre-ville de Montréal se demandent si les clients seront au rendez-vous cet été.

Photo : Ivanoh Demers

On pourrait aider aussi les commerçants au niveau de leur loyer, propose Michel Leblanc. Le mécanisme d’appui aux loyers commerciaux présentement fonctionne mal [...] et dans le cas du centre-ville, ça va être absolument essentiel.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, invite de son côté les Montréalais à se réapproprier leur centre-ville, à s’y rendre pour le plaisir et bien entendu pour y faire leurs emplettes.

J’invite la population à venir magasiner avec leur couvre-visage pour le respect des autres évidemment, a déclaré la mairesse lors d’une distribution de masques dans quatre stations de métro de Montréal, en matinée.

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