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Statistique Canada veut davantage de données sur les armes à feu utilisées lors de crimes

Un homme tient une arme AR-15 dans ses mains.

L'AR-15 fait partie des 1500 modèles d'armes à feu dorénavant interdites par le gouvernement fédéral.

Photo : The Canadian Press / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

Statistique Canada collectera des données sur l’origine des armes à feu utilisées pour commettre des actes de violence. Des défenseurs du contrôle des armes à feu et des propriétaires légaux estiment qu’il est devenu important d’en connaître davantage pour prévenir la violence.

Cela fait plusieurs décennies que des experts affirment que les données sur l’origine des armes à feu utilisées lors d’actes de violence sont incomplètes. Ce manque d’information empêcherait le pays d’agir convenablement afin de freiner la violence armée.

Ces experts croient également qu’il est plus difficile d'arrêter le flux d'armes illégales au Canada.

Pour portrait plus clair de l’origine des armes à feu

La présidente de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes, Wendy Cukier, estime que ce problème persiste depuis plus de trente ans. Les informations sont assez fragmentées, affirme Mme Cukier. Des juridictions comme Toronto localisent et suivent les armes à feu, mais beaucoup d'autres, non .

 Wendy Cukier, présidente de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes

Wendy Cukier est la présidente de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes.

Photo : Radio-Canada

Pour commencer sa collecte, Statistique Canada travaille de concert avec le ministère fédéral de la Sécurité publique. L'année dernière, l'agence a ajouté une variable à son enquête sur les homicides. Les policiers peuvent dorénavant indiquer l’origine de l’arme utilisée, et si celle-ci avait été achetée légalement ou non.

Statistique Canada a affirmé qu’elle souhaitait récupérer encore plus d’information, mais n’a pas voulu dévoiler comment elle compte le faire. Wendy Cukier croit tout de même qu’il s’agit d’une bonne première étape.

Des informations disponibles chez nos voisins du sud

Aux États-Unis, l’application de la loi a déjà permis d’obtenir ces informations. Dans le passé, le Bureau américain de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF) a réussi à associer un grand nombre d'armes à feu à des ventes illégales.

Au Canada, nous n'avons pas les mécanismes pour faire ce genre de déterminations parce que nous n'avons pas les données de traçage , explique la présidente de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes.

Quand il s'agit de déterminer les points chauds au Canada – c’est-à-dire les vendeurs illégaux, les points d'entrée et ainsi de suite – je pense que la police dirait qu'il y a moins d'information disponible qu’ils n’aimeraient en avoir.

Wendy Cukier, présidente de la Coalition canadienne pour le contrôle des armes

La collecte de ces renseignements à l'échelle nationale permettrait à la police de cibler la contrebande plutôt que de découvrir des armes à feu illégales par hasard lorsqu'une voiture franchit la frontière, a-t-elle déclaré.

L'Agence des services frontaliers du Canada a saisi 647 armes à feu au cours de l'exercice 2019-2020. Au cours des trois derniers exercices, ce nombre a culminé à 751 saisies en 2017-2018. Il n'y a aucun moyen de savoir combien d'armes à feu échappent à la détection.

Des propriétaires d’armes demandent aussi plus de données

La définition même de l’utilisation d’armes à feu lors de crimes n’est pas claire, selon ce qu’a mentionné dans un courriel Peter Frayne, porte-parole de Statistique Canada.

D'après le porte-parole, certains services de police n’utilisent pas le terme un pistolet criminel alors que d’autres le font, ce qui signifie qu'il existe un obstacle à la collecte et à l'enregistrement cohérents des données.

Un homme posant avec une cible criblée de balles et une arme à feu. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Daniel Harrington est propriétaire d'une arme à feu qu'il utilise pour tirer des cibles.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté/Daniel Harrington

Certains propriétaires d’armes à feu légales estiment eux aussi que le manque d’information leur est nuisible. Ils souhaiteraient que le gouvernement fédéral prenne connaissance de toutes les données disponibles avant de faire des lois sur le contrôle des armes à feu.

Découvrez d'où elles viennent, découvrez ce que vous pouvez faire pour arrêter cela, puis faites-le , lance Daniel Harrington, un tireur sur cible primé de la Nouvelle-Écosse.

Daniel Harrington utilise un fusil Stag 10, qui a récemment été interdit par le gouvernement fédéral.

M. Harrington estime que les législateurs devraient obtenir tous les faits avant de créer des lois qui nuisent aux propriétaires d'armes à feu titulaires d'une licence, en particulier lorsque ce pourrait être des armes introduites en contrebande dans le pays qui seraient le problème.

Avec des informations de David Burke de CBC

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