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Le renforcement immunitaire ne protège pas contre la COVID-19, rappelle un microbiologiste

Les suppléments vitaminés peuvent toutefois jouer un rôle dans le système immunitaire inné, précise le chercheur.

Une seringue.

En temps de pandémie, nombreuses sont les entreprises qui font la promotion de produits pouvant renforcer le système immunitaire.

Photo : Radio-Canada / Craig Chivers

Radio-Canada

« Si le renforcement immunitaire n'est pas une mauvaise chose en soi, ce n'est absolument pas un moyen de se protéger contre la COVID-19, point final », affirme le microbiologiste Bob Hancock, de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Les offres pour renforcer le système immunitaire se multiplient depuis le début de la pandémie, certaines au moyen de publicités mensongères, ce qui a incité Santé Canada à mener des enquêtes sur 140 produits qui prétendent illégalement traiter ou prévenir la COVID-19.

Il y a cependant une zone grise. Certaines entreprises déclarent qu'il n'y a aucune preuve que leurs produits aident à lutter contre le virus, mais affirment que ceux-ci pourraient aider à renforcer la défense immunitaire contre la maladie en général.

On ne va pas se protéger contre le virus ni vraiment tirer un avantage majeur des suppléments immunitaires pour traiter la COVID-19, explique M. Hancock.

Le bienfait des vitamines sur l'immunité innée

Toutefois, il est vrai que ces nutriments peuvent jouer un rôle dans ce qu'on appelle le système immunitaire inné ou non spécifique, c’est-à-dire la première ligne de défense de l'organisme contre les envahisseurs microscopiques.

Plusieurs pilules dans le creux d'une main au-dessus de plusieurs fruits et légumes.

L'immunité innée ne joue aucun rôle dans la lutte contre des virus et des bactéries qui ont déjà infecté l’organisme.

Photo : iStock

L'immunité innée ou non spécifique consiste en barrières physiques, comme la peau, ainsi qu'en réponses défensives comme les muqueuses, la bile et l'inflammation, qui aident à limiter la propagation d'agents pathogènes à travers le corps.

Cette partie de l'immunité ne fonctionne pas très bien lorsque les gens ont des carences nutritionnelles, note le microbiologiste.

Les vitamines, notamment A et C, et les minéraux comme le zinc et le magnésium sont souvent commercialisés pour aider à renforcer l'immunité. Selon M. Hancock, dans la plupart de ces cas, il existe un bon ensemble de preuves qui suggèrent que ceux-ci sont bénéfiques.

Éléments immunostimulants dans les vaccins

De façon générale, les vaccins injectent des formes affaiblies ou mortes d'un virus ou d'une bactérie dans le corps, ce qui l'incite à créer des anticorps, précise M. Hancock.

On sera protégé contre une infection future parce que le type d'immunité est extrêmement spécifique à l'agent particulier qui est ciblé.

Gros plan sur un échantillon de bactérie manipulé par un chercheur dans un laboratoire.

Une vitamine renforçant le système immunitaire ne remplacera jamais un vaccin, explique M. Hancock.

Photo : Getty Images / Douglas Magno

La plupart des vaccins efficaces contiennent également des éléments immunostimulants, appelés adjuvants, des sels d'aluminium, par exemple, qui aident à déclencher une réponse plus forte contre la cible, ajoute-t-il.

Le fait que les adjuvants existent et qu'ils fonctionnent bien est la preuve du concept de renforcement immunitaire, selon M. Hancock.

Autrement, l'idée de renforcer l'immunité est souvent un stratagème de marketing imaginé par les vendeurs de nourriture santé .

Avec les informations de Bethany Lindsay

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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