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Début de l'enquête publique sur les incendies de forêt dévastateurs en Australie

Plus de trente personnes sont décédées et des milliers d'habitations ont été détruites au cours de ces feux. Ceux qui ont tout perdu peinent à se relever.

Un homme âgé se tient debout devant les ruines de sa maison.

Le retour à la vie normale s'avère « lent et difficile », admet Wayne Keft, qui a perdu sa maison à Cobargo, en Nouvelle-Galles du Sud. Il vit aujourd'hui dans un garage.

Photo : Getty Images / AFP/SAEED KHAN

Agence France-Presse

Une enquête nationale sur les récents feux de forêt dévastateurs en Australie a débuté lundi avec une mise en garde sévère sur le fait que ces incendies pourraient devenir plus fréquents et plus longs.

Le gouvernement australien, très critiqué pour sa gestion de la catastrophe, notamment le premier ministre conservateur Scott Morrison, parti en vacances à Hawaï au milieu de la crise, avait annoncé en février l'ouverture d'une enquête nationale.

La commission d'enquête royale, chargée de trouver des solutions pour améliorer la préparation de l'Australie face aux catastrophes naturelles, a entendu lundi un éminent scientifique expliquer que ce qui s'est produit lors du dernier été austral n'est pas un événement unique.

Le responsable de la surveillance du climat au sein du Bureau de météorologie, Karl Braganza, a déclaré qu'une sécheresse prolongée est l'un des facteurs ayant conduit à ces incendies dévastateurs.

Il a également souligné que ces feux de forêt sont liés à une tendance climatique sous-jacente, apparue au cours de ce siècle, et qui remet en question ce que nous pensions être, jusque-là, les conditions météorologiques (favorables) aux incendies.

Ce n'est pas un événement ponctuel que nous examinons ici, a-t-il déclaré. La fréquence de ces événements, si vous regardez les données historiques, semble augmenter.

Quand vous regardez en arrière aux XIXe et XXe siècles, ces gros incendies n'étaient pas aussi fréquents que ceux de ce siècle.

Le responsable de la surveillance du climat au sein du Bureau de météorologie, Karl Braganza
Un pompier devant un mur de feu.

Plus de trente personnes sont mortes et des milliers d'habitations ont été détruites lors des incendies du dernier été austral.

Photo : Getty Images / Brett Hemmings

Les scientifiques affirment que le réchauffement climatique allonge la durée des étés et les rend plus dangereux alors que la période hivernale est plus courte, ce qui rend le travail destiné à prévenir ces feux plus difficile.

Plus de trente personnes sont décédées et des milliers d'habitations ont été détruites au cours de ces feux qui avaient débuté en septembre et pris fin en février.

Certaines personnes ont tout perdu et vivent toujours dans des abris de fortune alors que l'hiver approche dans l'hémisphère Sud.

Les scientifiques estiment que plus d'un milliard d'animaux ont été tués.

La lutte contre les incendies en Australie a déjà fait l'objet de multiples enquêtes, avec des résultats mitigés. Certaines mesures préconisées dans les années 1930 n'ont toujours pas, par exemple, été mises en oeuvre.

L'enquête actuellement menée devra rendre ses conclusions avant le 31 août, soit avant que la prochaine saison des feux ne commence.

Beaucoup d'Australiens vivent toujours dans la précarité

Quelques mois après, beaucoup de personnes qui ont tout perdu dans les incendies vivent toujours dans des tentes, des garages ou des abris de fortune, une situation aggravée par le coronavirus.

Une femme est debout devant ce qu'il reste d'un autobus calciné.

Anita Lawrence, mère de cinq enfants, devant la carcasse d'un autobus calciné, près de sa nouvelle maison à Bemboka, en Nouvelle-Galles du Sud

Photo : Getty Images / AFP/SAEED KHAN

Sur la côte sud-est de l'Australie, c'est dans un abri en tôle qu'Anita Lawrence et ses cinq enfants tentent de se protéger du froid qui commence à poindre dans l'hémisphère Sud.

Elle était en Tasmanie quand les incendies ont détruit les matériaux destinés à construire sa nouvelle maison.

Tout a disparu, raconte la mère de famille de 51 ans, debout près des arbres calcinés.

Les incendies, d'une ampleur et d'une durée exceptionnelle, ont contraint des milliers de personnes à trouver des refuges de fortune.

Cette catastrophe a suscité un immense élan de générosité dans le monde entier ainsi que des promesses de la part du gouvernement.

Mais six mois plus tard, à l'image de cette mère de famille, qui vit à six heures de route de Sydney, beaucoup de personnes demeurent dans une situation précaire.

Quand vous revenez, il y a tellement de choses détruites que tout est difficile, a raconté à l'AFP Mme Lawrence, installée depuis février dans cet abri temporaire.

Une maison de fortune, devant laquelle se trouvent des matériaux de construction.

Une maison de fortune, devant laquelle se trouvent des matériaux de construction.

Le logement temporaire où Anita Lawrence vit avec ses cinq enfants. L'endroit a été agrandi grâce au coup de main de David Crooke.

Photo : Getty Images / AFP/SAEED KHAN

Depuis mars, en raison du confinement instauré pour lutter contre le coronavirus, elle n'enseigne plus le jardinage dans une école, comme elle le faisait quelques jours par semaine.

Elle a réussi à nourrir sa famille en puisant dans son épargne-retraite.

Quand des sinistrés s'entraident

La quinquagénaire a cependant reçu le soutien de David Crooke, un habitant de la région qui, avec son équipe, a construit une extension de son logement temporaire.

Grâce à lui, elle possède désormais une salle de bain, le chauffage et une chambre.

Ces derniers mois, la petite équipe de M. Crooke, financée par le gouvernement de l'État de Nouvelle-Galles du Sud, la Croix-Rouge ainsi que des dons, a construit des abris pour ceux qui ont tout perdu.

Un homme, les bras croisés, devant des matériaux de construction près d'une petite maison.

David Crooke et son équipe construisent des logements temporaires pour les sinistrés.

Photo : Getty Images / SAEED KHAN

Il y a des endroits qui ont été complètement anéantis, raconte-t-il.

Il a lui-même perdu sa maison lors des feux qu'il a passé son été à combattre.

Depuis, il campe dans des conditions de plus en plus difficiles, passant d'un endroit à un autre pour aider à construire des logements temporaires.

Mais son matériel est vétuste et les matériaux manquent, compliquant la tâche de son équipe physiquement et émotionnellement éprouvée.

Aucun membre de mon équipe ne possède vraiment quelque chose (...) nous travaillons à la petite semaine, nous dépendons beaucoup de notre paie.

David Crooke

Dans toute la région, la vie semble pourtant commencer à reprendre le dessus au milieu du paysage dévasté par les flammes. Mais c'est lent et difficile, souligne Wayne Keft, 66 ans.

Sa maison, située à Cobargo, a été détruite par une boule de feu. Désormais, il vit dans un garage.

La pandémie met un coup d'arrêt aux dons

L'aide destinée aux victimes des incendies a cessé d'affluer quand l'attention mondiale s'est détournée des feux de forêt vers l'épidémie de coronavirus.

La machine était très bien huilée, puis la COVID-19 a frappé, et cela a en quelque sorte arrêté les dons, explique M. Hatcher, coordinateur de l'équipe logistique chargée des dons de la côte sud.

En raison du virus, de nombreuses associations ont perdu des bénévoles, laissant des habitants traumatisés sans aucun soutien moral, déplore-t-il.

Le tourisme étant interdit jusqu'au 1er juin au moins, cela prive cet État de sa principale source de revenus.

Sans revenu, il est presque impossible pour les entreprises locales d'obtenir un emprunt pour financer la reconstruction.

Un homme tient une femme par l'épaule dans un atelier.

Lorena Granados et son mari Gaspar tentent de remonter la pente grâce à leur commerce de produits en cuir.

Photo : Getty Images / AFP/SAEED KHAN

Après les feux, Lorena Granados et son époux ont monté un stand devant ce qui restait de leur magasin de produits en cuir, parti en fumée.

Ils ont depuis déménagé dans un local temporaire en espérant remonter la pente grâce à leur commerce.

Nous n'étions vraiment pas préparés à perdre notre maison et notre commerce en un jour, explique-t-elle.

Le virus a considérablement ralenti leur activité, mais ils sont déterminés à se battre.

Chaque jour, la vente de juste un petit article nous encourage à continuer.

Lorena Granados, sinistrée

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