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Des opérations chirurgicales non urgentes encore repoussées en Ontario

Une civière dans un corridor

Bon nombre d’hôpitaux dans la province sont trop pleins. D’autres manquent d'équipement de protection personnelle.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC News

Radio-Canada

Les hôpitaux de l’Ontario peuvent maintenant reprendre les opérations chirurgicales non urgentes qui avaient été stoppées en raison de la pandémie de COVID-19. Malgré cela, plusieurs hôpitaux doivent toujours faire attendre leurs patients.

Bon nombre d’hôpitaux dans la province sont trop pleins. D’autres manquent d'équipement de protection personnelle.

Presque toutes les opérations chirurgicales dites non urgentes - y compris les opérations du cancer, les opérations cardiaques, les transplantations d'organes et les arthroplasties de la hanche - ont été reportées en vertu d'une ordonnance provinciale rendue en mars. L'objectif était de libérer de l'espace et du personnel pour faire face à la COVID-19.

Le gouvernement provincial a annoncé la semaine dernière que les hôpitaux pouvaient recommencer à effectuer ces opérations s’ils respectaient certains critères.

Deux critères cruciaux :

  • Le taux d'occupation de l'hôpital ne doit pas dépasser 85 %.
  • L'hôpital doit avoir un approvisionnement de 30 jours en équipement de protection individuelle (EPI), comme des masques, des chemises d’hôpital et des gants.

Je connais des hôpitaux qui approchent déjà de 100 % d'occupation , a déclaré Anthony Dale, président et chef de la direction de l'Ontario Hospital Association, en entrevue vendredi.

Pourquoi autorisons-nous à nouveau l'occupation des hôpitaux à des niveaux très élevés? , a-t-il demandé, ajoutant qu'il était extrêmement préoccupé par le fait que nous naviguons à vue; cette situation serait facilement évitable si nous prenions des mesures immédiates .

Des dizaines d'hôpitaux enregistrent actuellement des taux d'occupation supérieurs à 85 %, selon l'association.

Il s'agit clairement d'une situation risquée , selon M. Dale. La deuxième vague [de la pandémie] arrive et nous devons être prêts.

Il demande à la province de trouver plus d'espace à l'extérieur des hôpitaux pour les patients qui n'ont pas besoin de lits de soins actifs et de redoubler d'efforts pour aider les hôpitaux à obtenir de l’EPI.

La ministre Santé Ontario, Christine Elliott, lors d'une conférence de presse à Queen's Park.

La ministre Santé Ontario, Christine Elliott

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

CBC News a demandé vendredi à la ministre de la Santé Christine Elliott, lors d'une conférence de presse, ce que la province fera pour aider.

Il y a un certain nombre de critères auxquels chaque hôpital doit répondre avant de pouvoir reprendre les procédures prévues , a déclaré Mme Elliot, ajoutant que plusieurs milliers d’opérations ont été retardées. Elle affirme reconnaitre que l'attente est extrêmement difficile pour les gens concernés. Nous voulons reprendre ces procédures dès que possible.

La province continue de travailler avec les hôpitaux pour assurer une approche responsable et mesurée de la reprise des opérations reportées , a ajouté vendredi la porte-parole de Mme Elliott, Hayley Chazan.

Les taux d’occupation grimpent

Selon les statistiques fournies par les hôpitaux, les taux d'occupation des hôpitaux ont monté en flèche dernièrement pour deux raisons principales.

Les services d'urgence ont connu une forte baisse du trafic après la déclaration de la pandémie en mars. La population respectait alors probablement les recommandations de la santé publique d’éviter les hôpitaux, sauf dans les cas les plus urgents. Au cours des dernières semaines, les gens ont recommencé à se rendre aux urgences pour des problèmes médicaux non liés à la COVID-19.

Pendant ce temps, les nouvelles éclosions de coronavirus qui ont frappé les foyers de soins de longue durée, combinées aux limites de la disponibilité des soins à domicile pendant la pandémie, signifient que plusieurs patients ont été admis à l'hôpital qui seraient restés en foyer dans un autre contexte.

Avant que la pandémie n'atteigne l'Ontario, environ 5200 lits d'hôpital étaient occupés par des patients qui n'ont plus besoin de soins actifs, mais qui n'ont pas un soutien adéquat à domicile.

Les hôpitaux ont créé de l'espace en déplaçant environ 1200 de ces patients en début avril, selon les chiffres fournis par l'association médicale. Ces mêmes chiffres montrent qu'environ les trois quarts de ces lits libérés ont depuis été réoccupés par des patients dans la même situation.

Notre système est incroyablement dysfonctionnel, et ça risque de coûter des vies lorsque la pandémie reviendra , selon M. Dale. Nous devons nous réveiller, agir dès maintenant, nous préparer, prendre la situation au sérieux.

Les derniers chiffres du ministère de la Santé de l'Ontario montrent que 961 patients avec des cas confirmés de COVID-19 sont actuellement hospitalisés. Ce nombre oscille autour de 1000 depuis fin avril.

Quant aux équipements de protection, les hôpitaux sont confrontés à des défis assez importants et pratiques concernant la disponibilité , a déclaré M. Dale. L'approvisionnement international est très difficile. Il ajoute d’ailleurs que la production au niveau national est insuffisante pour palier la demande.

Avec les informations de Mike Crawley de CBC News

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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