•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De petites entreprises québécoises oubliées par l’aide d’urgence pour le loyer commercial?

Le reportage de Sébastien Tanguay

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement fédéral offre une aide d’urgence pour le loyer commercial des petites entreprises pour les mois d’avril, mai et juin. Toutefois, le déconfinement attendu le 1er juin au Québec provoque de l'inquiétude dans l’industrie.

L’aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) offre des prêts-subventions aux propriétaires d’immeubles commerciaux, ce qui permet de réduire le loyer des petites entreprises qui vivent des difficultés financières en raison de la pandémie de COVID-19.

Pour y avoir droit, les entreprises doivent avoir subi des pertes de revenus d’au moins 70 % pour les mois de avril, mai et juin en moyenne. La demande doit être faite par les propriétaires d’immeuble.

C’est toujours avril, mai et juin, il faut faire le cumulatif des trois mois. Nous en regardant ça, on voit que la grande majorité de nos locataires ne seront pas admissibles, déplore Karine Simard, qui gère une centaine de locaux commerciaux pour Immeubles Simard.

Selon le président du Regroupement des Société de développement commercial (SDC) du Québec, Jean-Pierre Bédard, le programme a été mal conçu. Les entreprises auraient préféré une aide directe.

Tous ceux à qui j'ai parlé m'ont dit que soit leur propriétaire n'était pas couvert, soit ils avaient atteint un pourcentage de recettes trop élevé pour participer au programme, souligne-t-il.

Difficile calcul des revenus de juin

Il est difficile de prévoir pour l’instant quels seront les revenus en juin des commerces qui ouvriront leurs portes, comme les salons de coiffure. Dans tous les cas, plusieurs estiment qu’il serait plus simple de calculer les pertes de revenus par mois, comme c’est le cas de la subvention salariale.

Si le gouvernement pouvait ajuster le tir et y aller mois par mois pour les commerçants qui vont ouvrir le 1er juin, étant donné qu’on est déconfiné plus rapidement que les autres, souligne la copropriétaire de Folio coiffure, Elyse Poirier.

Karine Simard, qui gère le local occupé par Folio coiffure, craint que ce commerce n'y aille pas droit. Une coiffeuse qui a fermé à la mi-mars, donc elle n'a aucun revenu, elle a 100 % de perte en avril, 100 % de perte au mois de mai, mais elle va ouvrir le 1er juin et elle anticipe avoir 100 % de revenu au mois de juin, explique-t-elle.

Je ne trouve pas ça juste, parce que si ça continue comme ça, il n'y a pas beaucoup de commerçants qui vont avoir accès à cette aide-là.

Elyse Poirier, copropriétaire de Folio coiffure
Elyse Poirier regarde la caméra en souriant.

Elyse Poirier, copropriétaire du salon Folio Coiffure

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Faire sa part

Il sera possible de faire une demande dès lundi. Les propriétaires peuvent remplir une demande en inscrivant les prédictions de revenus pour juin des entreprises.

Toutefois, Karine Simard préfère attendre. Ce qui va arriver c'est que nos locataires vont présumer être admissibles, mais nous, probablement que les demandes on va juste les faire au mois de juillet, on ne peut pas juste se baser sur une estimation.

Nous, on était prêt à faire notre part, mais on croyait que le gouvernement avait sa part aussi à faire.

Karine Simard, gestionnaire chez Immeubles Simard

Il faut dire aussi que l'envoi des demandes s'annonce compliqué pour les propriétaires. Il va falloir quand même les contacter tous individuellement, leur demander leurs chiffres de vente, leur demander leurs estimations pour le mois de juin, c'est quand même beaucoup de travail, ajoute la gestionnaire.

Avec les informations de Sébastien Tanguay

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Politique fédérale