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Les masques, nouvel espace d'expression pour les artistes

Un homme porte un masque coloré qui couvre son nez et sa bouche.

Depuis un mois, Gisèle Boulianne travaille 14 heures par jour pour répondre à la forte demande pour ses masques, qui sont expédiés jusqu’aux États-Unis et en Europe.

Photo : Facebook @gisellebouliannepainter

Fanny Bourel

Ces dernières semaines, les masques s’affichent sur de plus en plus de visages pour freiner la pandémie de COVID-19. Des artistes ont décidé d'investir ces bouts de tissu pour apporter un peu de beauté et de gaieté à nos vies devenues plus anxiogènes.

Depuis une semaine, la galerie que possède la peintre Gisèle Boulianne, près du Vieux-Port de Québec, voit entrer un autre public que les gens habituellement intéressés par ses tableaux. Ces personnes viennent récupérer les masques imprimés de toiles de Gisèle Boulianne qu’elles ont commandés en ligne afin d’éviter les longs délais de livraison postale.

Ce sont des gens qui n’étaient jamais entrés dans la galerie, raconte cette artiste heureuse de voir des personnes acheter un petit morceau d’art en se procurant l’un de ses masques pour adultes et enfants.

Depuis un mois, elle travaille 14 heures par jour pour répondre à la forte demande pour ses masques, qui sont expédiés jusqu’aux États-Unis et en Europe.

Garder le sourire, même sous un masque

La collection de masques de Gisèle Boulianne est composée de cinq modèles, chacun reproduisant une œuvre réalisée à l’aide de ses pinceaux. Cette native de Saguenay peint des tableaux colorés et dynamiques, souvent inspirés par l’effervescence urbaine.

J’espère transmettre aux personnes une partie de l’énergie qui se trouve dans mes tableaux et les égayer en mettant de la couleur sur leur visage, dit-elle.

Procurer un miniréconfort en cette période de pandémie, c’est aussi la volonté de l’artiste Pony, qui a imaginé des couvre-visage inventifs, voire flyés.

Cette Montréalaise s’apprête à lancer une deuxième collection, après avoir sorti huit modèles de masques le 23 avril dernier. Ces exemplaires se écoulés par milliers dès le premier jour de leur mise en vente dans la boutique en ligne de Pony.

Avec mon art, j’aime exprimer la réalité sans tabou, mais en la dédramatisant légèrement, explique-t-elle.

Un homme porte un masque coloré qui couvre son nez et sa bouche. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L’un des huit modèles de masques de l’artiste montréalaise Pony

Photo : PonyMtl.com

Couverts d'un motif de nuages, d'un message humoristique ou d'un émoticône de planète se faisant elle-même un câlin, les masques de Pony visent à permettre aux gens de se protéger – et de protéger les autres – tout en leur apportant une touche de légèreté colorée. Continuer à rire et à se divertir est important pour notre santé mentale, affirme Pony.

Femme qui porte un masque rose où l'on peut lire « J'enlève ce masque juste pour boire du vin ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pony a eu l’idée de faire un masque humoristique sur le thème du vin.

Photo : PonyMtl.com

Embellir notre quotidien

Il y a encore quelques mois, l’illustratrice Joannie Houle exprimait sa créativité sur des cartes et des affiches qu’elle vend en ligne. Désormais, les fleurs qu’elle aime tant dessiner se retrouvent également sur des masques destinés à limiter la propagation du coronavirus.

C’est la jeune entreprise Augustin & co, spécialement fondée pour fabriquer des masques, qui a proposé une collaboration à Joannie Houle ainsi qu’à la peintre montréalaise Lysa Jordan. En une semaine, cette série de quatre masques d’artistes s’est écoulée à 2500 exemplaires au total.

Inspirée par son thème de prédilection qu’est la botanique, Joannie Houle a imaginé un motif fleuri printanier aux couleurs pastel. Je voulais apporter quelque chose de beau et de doux pour sortir du côté négatif de la pandémie, dit-elle. Au départ, cette jeune Québécoise était pourtant sceptique. Je me disais que la pandémie, ce n’était pas quelque chose dont on allait avoir envie de se souvenir. Mais, si cela devient une nouvelle normalité, il y a de la place pour l’art, croit-elle.

Pony, qui croit que le port du couvre-visage s’ancrera dans la durée, voit aussi ce bout d’étoffe comme un nouveau support de création : Quand on voit une personne masquée dans la rue, c’est son masque que l’on regarde en premier. Le masque est un nouveau canevas et une plateforme intéressante pour exprimer un message d’espoir.

Du positif aussi pour les artistes

Si Pony vise à donner le sourire aux gens portant ses masques, produire ses couvre-visage l’a aussi aidée à mieux vivre cette période difficile. Quand le confinement a commencé, mes projets d’émission et d’expo sont tombés à l’eau. J’étais d’autant plus anxieuse que je traversais une rupture amoureuse. Mais vouloir aider les autres m’a motivée, et créer des masques m’a sortie de mon isolement. Finalement, tout cela est une belle aventure.

Gisèle Boulianne et Pony réalisent peu de profits sur leurs créations afin de garder des prix abordables pour leur clientèle. Toutefois, la vente de ces masques contribue à leur donner une visibilité accrue et à compenser la baisse de leur activité provoquée par le confinement.

Ça va m’aider à tenir financièrement le coup, précise Gisèle Boulianne, qui craint que les touristes soient peu nombreux et nombreuses cet été dans le Vieux-Québec et la Basse-Ville.

Quant à Joannie Houle, sa collaboration avec Augustin & co lui a permis de sécuriser son activité et d’augmenter les ventes de sa boutique en ligne. 

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