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Hertz se place à l'abri de ses créanciers aux États-Unis et au Canada

Des clients attendent en ligne pour être servis au comptoir par des employés de Hertz.

L'entreprise de location de véhicules Hertz dit avoir éliminé «toutes les dépenses non essentielles».

Photo : Associated Press / Paul Sakuma

Agence France-Presse

Le loueur de voitures Hertz, durement affecté par les répercussions de la pandémie de coronavirus, a annoncé vendredi soir s'être placé à l'abri de ses créanciers, procédure qui concerne ses activités aux États-Unis et au Canada.

L'impact de la COVID-19 sur la demande de voyages a été soudain et dramatique, entraînant une baisse brutale des revenus de la société et des réservations futures, explique le groupe dans un communiqué.

Hertz indique avoir pris des mesures immédiates donnant la priorité à la santé et à la sécurité des employés ainsi que de ses clients. Il a en outre éliminé toutes les dépenses non essentielles.

Cependant, l'incertitude demeure quant au retour des revenus et à la réouverture complète du marché [...], ce qui a nécessité l'action d'aujourd'hui, ajoute-t-il.

Les principales régions d'activités internationales de Hertz, notamment l'Europe, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ne sont pas incluses dans cette procédure dite du chapitre 11 américain, dispositif qui permet à une entreprise n'arrivant plus à rembourser sa dette de se restructurer à l'abri des créanciers.

Le 21 avril, Hertz avait supprimé 10 000 emplois en Amérique du Nord, soit 26,3 % de ses effectifs mondiaux, pour faire des économies face aux incertitudes provoquées par la pandémie de coronavirus paralysant l'économie.

Hertz n'a pas évoqué le montant de sa dette mais le Wall Street Journal faisait état vendredi d'une dette d'environ 19 milliards de dollars et près de 700 000 véhicules en grande partie inutilisés à cause du coronavirus.

La réorganisation financière fournira à Hertz une voie vers une structure financière plus robuste qui positionnera au mieux la société à l'avenir, a commenté Hertz.

Hertz a plus d'un siècle de leadership dans l'industrie et nous sommes entrés en 2020 avec une forte dynamique de revenus et de bénéfices, a déclaré Paul Stone, le PDG du groupe cité dans le communiqué.

Mais la pandémie a mis un coup d'arrêt à l'activité et la direction du groupe redoute que la reprise tarde à se concrétiser.

En outre, la question reste entière sur la capacité du groupe à retrouver sa clientèle d'affaires alors que la pandémie a généralisé le télétravail.

Selon le patron, le recours au chapitre 11 va protéger la valeur des actifs du groupe et donnera le temps nécessaire au groupe de mettre en place une nouvelle base financière plus solide pour réussir à traverser cette pandémie et pour mieux [se] positionner.

Les sites franchisés de Hertz, qui n'appartiennent pas à la société, ne sont pas non plus inclus dans la procédure du chapitre 11.

La société basée à Estero, en Floride, employait 38 000 personnes fin décembre, dont 29 000 aux États-Unis.

Depuis quelques années, Hertz était certes aux prises avec la concurrence dont Avis Budget et les services de covoiturage tels qu'Uber.

La société avait ainsi essuyé une quatrième perte nette annuelle d'affilée en 2019. L'année 2020 avait bien démarré avec une hausse du chiffre d'affaires de 6 % en janvier et de 8 % en février comparativement aux mêmes mois de l'an passé.

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