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Mieux connaître les ours du Yukon grâce à leurs excréments

Un grizzly dans l'herbe.

Les dernières estimations des populations de grizzlys et d'ours noir du Yukon datent d'il y a environ 40 ans.

Photo : Gouvernement du Yukon

Une biologiste veut pouvoir obtenir des informations scientifiques fiables quant au nombre de grizzlys et d’ours noir qui peuplent le sud de Whitehorse en utilisant une méthode non invasive qui étudie les matières fécales des gros mammifères.

La biologiste française Lucile Fressigné est installée au Yukon depuis le début de 2018, et c’est en arrivant dans le territoire qu’elle s’est prise de passion pour les ursidés. En faisant des recherches sur l’animal, elle s’est vite aperçue que les données statistiques avaient besoin d’être dépoussiérées.

D’après les dernières estimations, qui datent des années 1980, il y a entre 6000 et 7000 grizzlys au Yukon. La population d’ours noirs est, quant à elle estimée à environ 10 000 dans le territoire.

Depuis 2018, les premiers ont aussi été placés sur la liste des espèces préoccupantes, ce qui rend l'intérêt pour l’espèce encore plus vive.

D’autant plus que le plan de conservation du grizzly mis en place par le gouvernement du Yukon et le Conseil de gestion des pêches et de la faune recommande d’obtenir une nouvelle estimation biologique de la population de grizzlys du territoire.

J’ai toujours été attirée par les gros mammifères et vivre ici, au Yukon, m’a fait découvrir une passion pour les ours.

Lucile Fressigné, biologiste installée au Yukon

C’est donc pour avoir des données plus précises que Lucile Fressigné a lancé le projet Operation Ursus Research using Scat, grâce à un financement territorial.

J’aimerais avoir des données plus scientifiques à associer à l’estimation de la population des ours parce que les dernières données datent d’il y a plus de 40 ans, et il s’agissait plus d’une estimation que de données biologiques précises, avance la scientifique.

Pour cela, cet été, elle va donc récolter des excréments de ces deux espèces d’ours dans les régions de Mont Lorne et du lac Marsh, afin d’en extraire de l’ADN. Je vais ainsi pouvoir obtenir une signature spécifique de chaque individu, détaille-t-elle.

Un excrément d'ours du Yukon.

La méthode d'étude de Lucile Fressigné vise à récolter de nombreux échantillons de matière fécale afin d'étudier en détail l'ADN des grizzlys et des ours noirs Yukon.

Photo : Facebook @OURS.If

Un projet inclusif

Son projet, prévu sur deux ans, est avant tout participatif. Elle souhaite ainsi inclure les résidents du Yukon et les Premières Nations pour la phase d'échantillonnage. À ce titre, elle a donc mis sur pied un partenariat avec la Première Nation Kwanlin Dün, qui récoltera des échantillons dans les régions de Coal Lake et Fish Lake.

La biologiste distribue même gratuitement des kits à ceux qui souhaitent aider à faire avancer le projet. Elle précise que si certaines personnes ne sont pas à l’aise à l’idée de récolter eux-mêmes l’échantillon, ils peuvent la contacter sur la page Facebook du projet (Nouvelle fenêtre) et elle ira le chercher elle-même.

Elle conseille aussi l’utilisation de l’application iNaturalist, qui permet de prendre une photo avec les coordonnées GPS et la date.

Les gens peuvent avoir accès à un kit d'échantillonnage et quand ils vont se promener ou faire du vélo, ils peuvent échantillonner un excrément pour moi.

Lucile Fressigné, biologiste installée au Yukon

Elle souhaite que la saison estivale soit uniquement dédiée à l'échantillonnage. Quand arrivera l’hiver, le travail en laboratoire pourra alors commencer.

Pour le moment, son étude se concentre sur une région bien spécifique située au sud de Whitehorse, mais elle espère que d’autres régions seront intéressées et que l’étude s’étendra sur le territoire.

Même si elle ne sait pas encore à quoi s’attendre en termes de découvertes, elle souhaite avant tout apporter une meilleure connaissance sur la vraie population d’ours au Yukon afin de prendre des décisions qui collent plus à la réalité.

Une fois qu’on aura une meilleure idée de la population et de l’endroit où les ours se trouvent pendant l’été, on pourra donc avoir une idée de leurs habitats et ça permettra de créer des espaces protégés ou de dire aux gens d’essayer d’éviter telle région à tel moment pour éviter les conflits humains-ours, se réjouit-elle.

Ces recherches pourraient également amener la scientifique à connaître un peu mieux le régime alimentaire de ces animaux. On va pouvoir identifier si certains sont prédateurs des hardes de caribous ou si certains sont plus tournés vers les baies, explique-t-elle.

Les mystères entourant les ours du Yukon sont, pour le moment, encore nombreux, mais Lucile Fressigné espère tout de même pouvoir en percer quelques-uns.

Avec les informations de Claudiane Samson

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