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Aider ses enfants dans l’apprentissage du français à la maison

Une mère fait l'école à la maison à ses enfants.

La barrière de la langue est un obstacle pour certains parents lorsqu'ils doivent aider les enfants dans leur travaux scolaires.

Photo : iStock

L’éducation à la maison est un défi pour bien des parents, qui doivent jongler avec le travail et leurs autres obligations. C’est d’autant plus vrai lorsque leurs enfants sont éduqués dans une langue qu’ils ne parlent pas eux-mêmes.

C’est ce que constate l’organisme Canadian Parents for French (CPF), selon Betty Gormley, directrice générale de la succursale ontarienne.

La principale plainte des parents, selon elle, c’est qu’il n’y a pas assez d’occasions pour les élèves en immersion de parler français.

Nathalie Bélanger, professeure à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, affirme que plusieurs études ont démontré l’importance de l’exposition au français en dehors de l’école, ce qui peut être plus difficile en période de confinement.

Certains enfants et adolescents [...] peut-être sont moins exposés à leur parenté, à leurs grands-parents, avec lesquels ils pouvaient converser en français.

Nathalie Bélanger, professeure à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa

Elle ajoute que des enfants issus de l’immigration peuvent aussi parler d’autres langues que le français ou l’anglais à la maison.

Mme Bélanger rappelle aussi qu’il existe plusieurs inégalités exacerbées par l'école à la maison, entre autres pour l’accès à Internet et à du matériel informatique.

Trouver les bonnes ressources

Bien des parents anglophones ont l’impression d’être un peu laissés à eux-mêmes, affirme Mme Gormley, car le ministère n’offre pas grand-chose pour l’enseignement du français comme langue seconde.

Ces parents-là doivent aller sur le côté francophone, et puis c’est tout en français, alors voilà le problème, c’est un peu difficile pour eux de naviguer ces informations.

Betty Gormley, directrice générale de Canadian Parents for French (Ontario)

Mme Gormley souligne cependant que les enseignants se sont engagés à soutenir les élèves, notamment par des appels vidéo de groupe ou individuels, mais elle croit que ce n’est pas suffisant.

CPF Ontario partage donc avec les familles diverses ressources provenant de plusieurs de leurs partenaires, dont TFO.

La professeure Nathalie Bélanger admet que l’abondance de ressources peut aussi être un problème. On ne sait plus trop où aller, d’où l’importance qu’elles soient recensées par les conseils scolaires d’autres organismes.

Elle ajoute qu'il ne faut pas sous-estimer l'importance des contacts en personne pour favoriser l'apprentissage.

Red Lake, un exemple de succès

À l’instar de Canadian Parents for French, l’Association francophone de Red Lake s’inquiète pour les élèves de l'école catholique des Étoiles-du-Nord, moins exposés à la culture francophone pendant la crise sanitaire.

C’est pour cette raison que l’agente de liaison communautaire de l’association, Agathe Breton-Plouffe, publie régulièrement des histoires et comptines sur Facebook.

Sue LeBeau, la présidente de l’AFRL, a elle-même deux enfants inscrits à l’école des Étoiles-du-Nord.

Mme Lebeau se dit prête à donner un coup de main aux parents anglophones.

Agathe Breton-Plouffe chante pour les enfants.

Agathe Breton-Plouffe sort sa guitare pour divertir les enfants.

Photo : Agathe Breton-Plouffe

Sarah Desforges, une résidente de Red Lake, a un fils, Calvin, qui fréquente l'école des Étoiles-du-Nord. Elle tient à souligner le dévouement du personnel pour aider les élèves.

Elle ne parle pas français, mais peut profiter de l’appui de grands-parents francophones et compte suivre elle-même des cours.

Kyle Thomson, directeur de l’école francophone de Red Lake, explique que le personnel travaille d’arrache-pied.

Les élèves ont droit à des séances quotidiennes en groupe ou de façon individuelle.

Le sigle de la ville de Red Lake.

L’école compte 4 enseignantes et enseignants et une trentaine d'élèves.

Photo : Agathe Breton Plouffe

M. Thomson croit qu’il ne faut pas mettre trop de pression sur les parents, qui peuvent vivre en ce moment beaucoup de stress. La priorité numéro un reste le bien-être et la santé des élèves et de la communauté.

C’est à nous d’y aller en rendant les choses plus intéressantes pour les élèves pour qu’ils aient le goût même à la maison de vivre en français.

Kyle Thomson, directeur de l'école catholique des Étoiles-du-Nord

M. Thomson se dit d’ailleurs heureux de pouvoir compter sur l’association francophone pour continuer à exposer les élèves à la culture française pendant la crise sanitaire.

Réponse des autorités scolaires

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, Ingrid Anderson, une porte-parole du ministère de l’Éducation, écrit que les parents et les élèves doivent être flexibles pendant la fermeture des écoles.

L’apprentissage à distance n’est pas la même chose que l’apprentissage en personne à l’école. Dans les situations où les programmes existants ne sont pas réalisables, les conseils scolaires doivent travailler en collaboration avec les élèves et les familles pour déterminer des solutions réalistes au cas par cas.

Ingrid Anderson, porte-parole du ministère de l’Éducation

Mme Anderson rappelle que le ministère a lancé le 20 mars un portail bilingue qui contient des ressources pour les élèves et les parents.

Le gouvernement reste engagé pour la santé et le bien-être des élèves de l’Ontario et travaille avec ses partenaires pour continuer à trouver des moyens de garantir la poursuite de l’apprentissage.

Quelques conseils scolaires francophones et anglophones contactés par Radio-Canada ont aussi assuré avoir à cœur l’apprentissage de tous les élèves.

Afin d’appuyer toutes les familles du Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario, des guides d’appui pour les parents ont été préparés par l’équipe pédagogique, écrit Guylaine Scherer. Des ressources d’appui pour les parents anglophones sont aussi disponibles.

Guylaine Scherer est responsable des communications au CSPNE.

Guylaine Scherer est responsable des communications au CSPNE.

Photo : ALAIN LETOURNEAU

Le travail pour les élèves comprend des options audio où des livres sont lus aux élèves et les activités sur les sites web incluent la langue française parlée avec des visuels forts pour appuyer le matériel, explique de son côté Nicole Charette, conseillère en communication pour le Rainbow District School Board.

Les enseignants transmettent des messages quotidiens pour s’assurer que les enfants entendent toujours la langue.

Avec les informations de Jimmy Chabot

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Éducation