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L'ACFA rencontrera bientôt le gouvernement à propos des finances du Campus Saint-Jean

Une affiche identifiant le Campus Saint-Jean.

Le Campus Saint-Jean, à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Jessica L'heureux

Radio-Canada

Deux semaines après le lancement d’une campagne de soutien pour le Campus Saint-Jean, à Edmonton, l'établissement espère toujours maintenir tous ses programmes à la prochaine rentrée universitaire malgré les compressions annoncées. Une rencontre est prévue la semaine prochaine avec le gouvernement pour tenter de trouver une solution.

Le Campus Saint-Jean a trouvé un compromis pour conserver tous ses programmes à la rentrée 2020, malgré le double défi posé par la pandémie et les compressions provinciales.

Nous avons fait une proposition à l'administration centrale et nous attendons sa réponse de manière à faire en sorte que les programmes puissent se poursuivre pendant l'année [en cours] et l'année qui vient, explique le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais.

J'ai fait une proposition à l'Université qui consiste d'une part à suspendre un certain nombre de cours par l'intermédiaire de divers moyens, mais tout en préservant l'intégrité des programmes. C'est une proposition, mais est-ce que l'administration centrale va l'accepter, j'avoue [que] je n’en sais rien, ajoute-t-il.

Cette solution impliquerait que le Campus affiche un déficit, alors que l'Université de l’Alberta, elle, serait obligée d'équilibrer son budget.

Selon Pierre-Yves Mocquais, il demeure primordial de réviser la formule de financement de l'établissement, alors que son avenir à long terme demeure menacé.

Campagne pour sauver l'établissement

L'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) a lancé une campagne il y a deux semaines pour appeler les gouvernements provincial et fédéral à intervenir.

Une rencontre a déjà été organisée avec la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.

Le lendemain du lancement de notre campagne, nous avons eu une rencontre avec la ministre Mélanie Joly, ce qui était très prometteur. Au niveau fédéral, la réponse a été très rapide et nous avons l’espoir de continuer ces discussions avec la ministre Joly, indique la présidente de l'ACFA, Sheila Risbud.

Au niveau provincial, ç’a été tranquille. On a relancé une invitation au premier ministre Jason Kenney et on continue d’essayer de travailler avec le ministère de l’Éducation postsecondaire.

Le gouvernement provincial maintient que le financement qu'il octroie à l'Université de l'Alberta est suffisant et que c'est à l'Université de décider quelle proportion se rend au Campus Saint-Jean.

L'opposition officielle estime qu’à court terme, s'il y a un déficit de financement de la part de l'Université ou d'Ottawa, la province doit faire ce qu'elle peut pour maintenir les services au campus.

Elle doit renverser ces attaques ridicules sur le secteur postsecondaire, affirme la chef néo-démocrate, Rachel Notley.

Le ministre de l'Éducation supérieure, Demetrios Nicolaides, n'était pas disponible pour une entrevue, mais une porte-parole a fait savoir qu'une rencontre est prévue la semaine prochaine entre l'ACFA et lui.

Une entente historique

L'organisme pourrait évoquer un contrat de 1976 signé par la congrégation religieuse des Oblats de Marie-Immaculée, l'Université de l'Alberta et la province et qui dictent les termes sous lesquels le campus a été cédé à l’époque.

Le contrat contient notamment une clause selon laquelle l’Université s’engage à déployer les meilleurs efforts pour opérer, maintenir, améliorer et développer les programmes du collège.

François Larocque, le titulaire de la Chaire de recherche en enjeux et droits linguistiques et professeur titulaire de droit de l’Université d’Ottawa, croit que le contrat est significatif.

C’est un engagement de l’Université, mais aussi de manière concomitante de la province qui prend l’engagement de financer tout cela, de continuer le travail que les Oblats avaient mis en oeuvre et de continuer la vocation de ce campus.

François Larocque, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques à l'Université d'Ottawa

Le choix des mots est révélateur parce qu’on parle de progression, c’est ce qui est codifié. Ce n’était pas seulement de prendre possession de l’édifice, mais c’est aussi de continuer l’oeuvre et de l’améliorer, ajoute François Larocque.

Quand on parle de situation comme aujourd’hui, où il y a des coupures, du retranchement, des annulations, ça va complètement contre [...] l’esprit qui se dégage de ce contrat, mais je dirais même [aussi contre] la lettre, ajoute-t-il.

Sheila Risbud dit que l'ACFA étudie actuellement l'entente.

C’est ce qu’on explore actuellement : quel est le point de cette entente? Quelle est la validité de cette entente? Est-ce que c’est possible de se servir de cette entente-là pour voir s’il y a eu un bris?, dit Sheila Risbud.

Ce sont des options qu’on explore, mais évidemment on vise d’abord de trouver une solution politique avant de penser à un recours juridique.

Avec les informations de Mirna Djukic

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