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Trudeau refuse de s'engager à tenir une enquête publique sur la tuerie en Nouvelle-Écosse

Portrait de Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau en point de presse, le 22 mai 2020

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Justin Trudeau a refusé vendredi de s'engager à tenir une enquête fédérale sur la tuerie en Nouvelle-Écosse, même si le premier ministre de cette province continue de dire qu'il appartient à Ottawa de prendre les devants.

Le premier ministre Stephen McNeil a déclaré récemment qu'il n'ouvrirait pas d'enquête publique sur la tuerie qui a fait 22 morts le mois dernier avant de voir ce qu'Ottawa s'engagera à faire, au-delà de l'enquête en cours de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

M. McNeil soutenait alors que cette enquête publique toucherait principalement des champs de compétence fédéraux, notamment les procédures de la GRC.

Mais interrogé là-dessus vendredi lors de son point de presse quotidien à Ottawa, M. Trudeau a déclaré que la GRC menait toujours son enquête et que le gouvernement fédéral travaillera avec la Nouvelle-Écosse sur la suite des choses. Lorsqu'on lui a demandé si son gouvernement ouvrirait une enquête publique, il a évité de répondre directement à la question.

Les gens ont de nombreuses questions sur ce qui s'est passé en Nouvelle-Écosse, et nous encourageons la GRC à faire son travail sur l'enquête initiale, a-t-il dit. Mais à mesure que nous progresserons, il y aura bien sûr des questions plus vastes à poser, et nous travaillerons avec le gouvernement de Nouvelle-Écosse pour obtenir ces réponses.

Des membres des familles des victimes et des juristes ont demandé plus d'informations sur la manière dont la GRC a géré toute cette opération policière, qui a duré plus de 12 heures.

Un policier en noir se rue vers un groupe de policiers en vêtements militaires attroupés.

Les derniers instants de la traque du suspect, le 19 avril 2020 à une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Tim Krochak

Des questions ont également été posées sur la façon dont la GRC avait informé la population, alors que des coups de feu étaient tirés sur cinq sites différents. D'autres croient aussi qu'on devrait se pencher sur les antécédents de violence conjugale du tueur.

Les policiers ont fourni une chronologie de la tuerie qui a débuté à Portapique au soir du 18 avril, après une affaire d'agression conjugale. Gabriel Wortman a détenu et agressé sa conjointe de fait, qui a pu s'enfuir et se cacher dans les bois voisins jusqu'au petit matin du 19 avril.

La semaine dernière, une ancienne voisine de Wortman a soutenu qu'elle avait signalé en 2013 au détachement de la GRC à Truro un épisode de violence conjugale. Brenda Forbes a aussi prévenu la police que Wortman gardait chez lui des armes à feu. La GRC a déclaré vendredi dans un courriel qu'elle recherchait toujours le rapport de police de l'incident, sans vouloir commenter davantage.

Les 22 victimes de la tuerie de Portapique.

Les 22 victimes de la tuerie de Portapique.

Photo : Radio-Canada

Ed Ratushny, professeur émérite de droit à l'Université d'Ottawa, a estimé en entrevue qu'une telle enquête pourrait très bien être menée conjointement par Ottawa et la province, puisque des champs de compétence se chevauchent dans ce dossier, notamment la violence conjugale.

S'ils veulent aller au fond des choses, ils n'ont qu'à se réunir et à trouver un très bon commissaire, qui a la confiance de la population', a estimé le professeur Ratushny, auteur d'un essai sur la conduite des enquêtes publiques.

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