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Les garderies non subventionnées risquent de frapper un mur

Des jouets avec des enfants

Près de 1300 garderies non subventionnées existent au Québec, contre environ 1570 CPE.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des dizaines voire des centaines de garderies non subventionnées songent à fermer d'ici septembre, selon l'association qui les représente. La « seule porte de sortie viable » pour ces propriétaires serait la conversion de milliers de places non subventionnées vers le réseau subventionné.

Le portrait de la situation dressé par David Haddaoui, président de l'Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI), est bien sombre.

Selon des données de l'AGNSI récoltées auprès de ses membres, des centaines de garderies pourraient ne pas survivre à l'été. D'ici au mois de septembre, il y a 53 % des garderies [non subventionnées] qui pourraient disparaître au Québec, lance M. Haddaoui, se basant sur un sondage interne.

On ne peut pas dire qu'elles vont toutes fermer de façon imminente, mais elles vivront des difficultés majeures.

David Haddaoui, président, AGNSI

Ce serait donc plus de 600 des quelque 1350 propriétaires de milieux de garde non subventionnés à travers le Québec qui songeraient actuellement à fermer leurs portes ou qui seront dans le trouble.

Un enfant joue avec des blocs.

L'ouverture de nouvelles classes de maternelle 4 ans risque de nuire aux garderies non subventionnées, selon David Haddaoui.

Photo : Radio-Canada

Maternelle 4 ans, retour du tarif unique à 8,25 $ dans le réseau subventionné, maraudage d'enfants et d'éducatrices, résiliation de contrats, pertes financières : à son avis, c'est une tempête quasi parfaite qui s'abat sur les propriétaires et qui s'est intensifiée avec la pandémie de COVID-19.

Le fond du problème, dit-il, en est un de cash flow, de liquidités. Des garderies se sont endettées, poursuit-il, et n'auront pas les reins assez solides pour faire face à la conjoncture qui s'en vient.

Il anticipe que plusieurs enfants ne reviendront pas ou ne seront pas remplacés au cours de l'été. Si tel est le cas, plusieurs risquent d'avoir un manque à gagner important dans la colonne des revenus, puisque ces garderies dépendent de la contribution parentale pour se financer.

Les mois de juillet et d'août, ce sont les plus dangereux.

David Haddaoui, président de l'AGNSI

Premièrement, il y a [des enfants] qui ne reviendront pas en raison du coronavirus. Des parents ont perdu leur emploi. Et il y a les départs pour les [classes de] maternelle 4 ans, énumère-t-il. Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement a confirmé qu'il maintenait le déploiement de la maternelle 4 ans malgré la pandémie.

Selon David Haddaoui, l'effet des classes de maternelle 4 ans sera plus fort en régions, alors que la pandémie est un facteur plus important à Montréal.

Aussi exceptionnelle et généreuse soit-elle, l'aide financière du ministère de la Famille, selon M. Haddaoui, ne tient pas compte de l'ensemble des facteurs qu'il évoque. Il salue l'aide du ministre Mathieu Lacombe pour pallier aux fermetures imposées durant l'urgence sanitaire. On ne peut pas lui enlever ça, dit-il, ajoutant que le gouvernement avait été à l'écoute.

Mais le contexte va au-delà de la pandémie, insiste-t-il.

Tous ces arguments militent pour une conversion accélérée des places non subventionnées vers le réseau au tarif unique 8,25 $, selon David Haddaoui. L'AGNSI y voit la seule porte de sortie viable, autant pour les propriétaires que les parents, qui paient beaucoup plus cher leurs places que dans le réseau subventionné.

Exagéré?

Le chiffre de 53 % de fermetures potentielles semble exagéré aux yeux de la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec, autre regroupement représentant les mêmes propriétaires.

Selon sa présidente Marie-Claude Collin, les différentes aides gouvernementales, dont près de 55 millions de dollars du Québec, permettront de passer à travers l'été. Selon elle, plusieurs de ses membres ont réussi remplacer les 20 à 30 % d'enfants qui allaient quitter naturellement le réseau.

Elle prévoit tout de même que la situation risque d'être pire dans la région de Montréal, où le virus a frappé le plus fort.

Marie-Claude Collin

Marie-Claude Collin, présidente de la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec

Photo : Radio-Canada

Bien qu'elle ne partage pas les estimations de l'AGNSI, Mme Collin milite elle aussi pour la conversion de places non subventionnées vers le réseau subventionné. Elle s'était d'ailleurs prononcée à ce sujet à la mi-avril, invitant le gouvernement à profiter de la pandémie pour donner un coup de pouce aux Québécois.

Il faut selon elle aider les parents, en particulier les mères monoparentales ou ceux qui ont perdu leur emploi, à avoir accès à des places à coûts réduits.

Elle plaide que les infrastructures des garderies non subventionnées, déjà présentes, permettraient de sauver des sommes au gouvernement plutôt que d'investir dans la construction de nouveaux centres de la petite enfance, par exemple.

Pas dans les plans

Malgré ces deux plaidoyers, le ministère de la Famille n'a pas l'intention d'appuyer sur l'accélérateur. Pour l'instant, il maintient son intention de convertir 3500 places dans un délai de 2 ans.

Notre but est de nous assurer de la stabilité du réseau au travers cette crise et c’est ce que nous faisons avec le financement actuel, a réagi le cabinet du ministre Mathieu Lacombe. En parallèle, on poursuit le travail sur la conversion, ce qui sera une première.

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