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Un homme marche devant un centre d'entraînement fermé en raison de la pandémie.

Partout au pays, les salles de gym sont fermées depuis le mois de mars. De petites salles pourront toutefois rouvrir à compter du 1er juin, mais pas toutes.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

La pandémie leur a fait craindre le pire, mais les propriétaires de petites salles de sport privées de la grande région de Toronto se tirent plutôt bien d'affaire, à condition d'être passées aux plateformes virtuelles.

La compagnie Two-Brain Business, spécialisée dans le mentorat d’entreprises d'entraînement physique, estime que la plupart des propriétaires de salles de gym avaient suffisamment de fonds pour couvrir leurs dépenses pour deux à trois mois à compter de l'annonce des mesures de confinement, à la mi-mars.

Guettés par la faillite, les propriétaires des petites salles de sport ont dû retenir leur souffle. Ceux qui ont su s'adapter ont finalement conservé 76 % de leurs revenus en date du 1er mai, révèlent les données récoltées auprès de 800 salles de gym à travers le monde par l'entreprise ontarienne.

En fait, les salles qui ont adapté leur offre de services font étonnement mieux que les franchises de grandes chaînes nord-américaines, à Toronto comme ailleurs, explique Chris Cooper, fondateur de Two-Brain Business. Cela est principalement dû à la flexibilité que les petites salles ont pour adapter leurs programmes.

Parce qu’ils vendent des programmes d’entraînement et un suivi personnel, et pas un accès à une tonne d’équipements de musculation, les petits gyms peuvent offrir des services similaires en ligne alors que les gros gyms ne peuvent pas, explique M. Cooper, qui possède lui-même deux salles de gym à Sault-Sainte-Marie.

C'est difficile, mais bon, c'est la vie. C'est comme ça, il faut s'adapter et puis ceux qui ne s'adaptent pas, c'est dommage pour eux, ça va être très difficile, indique Geordanne Compagnie, dont la salle de boxe située au centre-ville de Toronto a tout de même perdu 75 % de ses revenus en l'espace de deux semaines avant de se redresser avec une offre de programmes variés en ligne.

Je le sais dès le départ, je n'ai pas d'autres options que de faire ça. Pour moi, c'est ma passion et je compte garder ma salle de boxe pour le restant de ma vie.

Geordanne Compagnie, propriétaire de United Boxing Club

La santé financière mise à rude épreuve

Certaines salles de sport ont pu profiter de l’aide fédérale pour le loyer commercial (AUCLC) ou de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) pour éponger leurs pertes, mais ce n’est pas le cas de toutes les salles de Toronto. Des conditions sélectives ont limité l'accessibilité de certaines d'entre elles à ces précieuses subventions gouvernementales.

Sans l'ouverture d'esprit de ses clients pour une panoplie de nouvelles technologies, la propriétaire de Tidal CrossFit Danforth, Jen Cho, estime que la sortie de crise n'aurait pas été aussi douce.

Au départ, on s'est dit : "Oh, mon Dieu! Qu'est-ce qu'on va faire?" Puis, il n'a pas seulement fallu s'adapter, mais aider 250 à 300 personnes à s'intéresser à la visioconférence aussi pour qu'on puisse donner des cours, raconte-t-elle.

La meilleure chose à propos de notre milieu, c'est l'esprit de communauté et l'appui que nous ont témoigné nos membres [...] C'était naturel de s'investir pour leur rendre la pareille!

Jen Cho, propriétaire de Tidal CrossFit Danforth

Les petites salles privées qui ne se sont pas tournées vers l'offre de services en ligne pourraient être contraintes de mettre la clé sous la porte si elles ne peuvent rouvrir d'ici au 1er juin.

Ces gyms-là ont pratiquement perdu toutes leurs sources de revenus. Ils devront déclarer faillite, si ce n'est pas déjà le cas.

Chris Cooper, Two-Brain Business

Appel à la réouverture des petites salles plus tôt que tard

La province du Manitoba a autorisé la réouverture des petites salles de gym pour le premier jour du mois de juin.

En Saskatchewan, le feu vert a été donné pour qu'elles ouvrent leurs portes sept jours plus tard, ce qui pourrait tout de même s'avérer fatal pour certaines salles, prévient Chris Cooper. L'impossibilité d'encaisser des frais d'abonnement dès le 1er juin pourrait les empêcher de régler leur loyer ou les factures d'électricité, précise-t-il.

Le gouvernement provincial de l'Ontario n'a pas encore tranché à ce propos. Les salles de gym, de sports de combat et de boxe, par exemple, n'ont pu reprendre leurs activités lors de la première phrase du plan de déconfinement du gouvernement Ford, enclenchée le 19 mai dernier.

Le retour à la normale n'est pas encore chose garantie, mais la pandémie promet de laisser une marque indélébile sur l'industrie de la culture physique. Les salles de sport à toutes les échelles assurent qu'elles reverront leurs procédures de nettoyage et de désinfection des espaces communs, en plus d'intégrer l'offre de contenus virtuels à leurs programmes habituels.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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