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Cri du coeur de parents d'enfants sourds et malentendants

Une petite fille rousse est assise sur un rocher à la plage, porte des lunettes de soleil en forme de coeur et sourit pour l'appareil photo.

Everly, 4 ans, réussit à communiquer grâce à la langue des signes.

Photo : Franck Hohnadel

Des parents d'enfants sourds et malentendants dénoncent, dans une pétition portant 40 000 signatures, la fermeture de la seule école prématernelle qui enseigne la langue des signes en Colombie-Britannique et s'insurgent contre ce qu'ils qualifient de financement inadéquat généralisé pour les services à la petite enfance.

Franck Hohnadel, père de la petite Everly, 4 ans, se désole de la fermeture annoncée pour la fin du mois de juin 2020 de l'école prématernelle gérée par l'organisme Deaf Children's Society, que fréquente sa fille.

C'est la seule école prématernelle qui enseigne la langue des signes en Colombie-Britannique et c'est très important pour nous, explique-t-il.

Everly Hohnadel, qui a reçu à la naissance un diagnostic de perte auditive neuro-sensorielle bilatérale de niveau moyen, s'est vue équipée d'une prothèse auditive à l'âge de 3 mois et a subi l'an dernier une opération pour installer un implant cochléaire dans l'une de ses oreilles.

La langue des signes est la seule façon de communiquer pour Everly, souligne son père, Franck Honahdel.

Ça nous permet de communiquer avec elle, et à elle, de communiquer avec d'autres enfants dans sa situation et de faire partie d'une communauté.

Franck Honahdel, père d'Everly
Une jeune dame aux cheveux frisés pointe un calendrier en tissu devant un groupe de jeunes enfants assis en cercle sur un tapis bleu.

L'école prématernelle Deaf Children Society doit fermer ses portes à la fin juin faute de financement.

Photo : Franck Hohnadel

Matthew Kaleniuk, le père d'une autre élève de 4 ans de la prématernelle, se dit bouleversé par l'annonce de la fermeture imminente de la prématernelle, fondée il y a 39 ans. C'est lui qui a lancé la pétition adressée au ministère des Enfants et de la Famille et qui a récolté 40 000 signatures pour demander davantage de services pour les enfants sourds et malentendants et le maintien de l'école prématernelle.

La prématernelle a été tellement bénéfique pour ma fille, pour son développement langagier, mais aussi pour qu'elle ait des pairs qui lui ressemblent.

Matthew Kaleniuk

La BC Family Hearing Resource Society, qui chapeaute la prématernelle, a annoncé au printemps une restructuration de son offre de services à la petite enfance. L'organisme veut plutôt offrir des cours de langue des signes en groupe aux enfants et aux familles intéressés ainsi que de l'enseignement individuel.

Une demande grandissante

Le ministère des Enfants et de la Famille de la province indique que la demande pour des services pour de jeunes enfants sourds et malentendants en Colombie-Britannique a presque doublé en 10 ans.

Enfants sourds ou malentendants ayant accès à des services en Colombie-Britannique :

  • 2009 : 263
  • 2019 : 529

Budget alloué pour ces services :

  • 2009 : 1,66 million de dollars
  • 2019 : 1,79 million de dollars

Source : Ministère des enfants et de la Famille de la Colombie-Britannique

Le Ministère dit travailler avec les organismes impliqués dans les services aux enfants sourds et malentendants et affirme comprendre l'importance de l'accès à des services spécialisés de qualité pour la petite enfance.

Le Ministère précise qu'il travaille à un nouveau plan d'offre de services spécialisés pour la petite enfance et la jeunesse.

Un paiement unique de 750 000 $ a été annoncé, jeudi dernier, pour aider la BC Family Hearing Resource Society à offrir des services. L'organisme décidera comment gérer cet argent.

Une jeune dame aux cheveux bruns frisés assise sur un tapis bleu enseigne un signe à une petite fille rousse qui porte un appareil auditif.

La seule école prématernelle pour enfants sourds et malentendants qui enseigne la langue des signes en Colombie-Britannique doit fermer ses portes à la fin du mois de juin.

Photo : franck hohnadel

Enfants « éponges »

Becca Yu, orthophoniste et directrice de l'éducation publique à l'Association Speech and Hearing BC, souligne que les services aux enfants en bas âge sont primordiaux.

Lorsqu'ils sont très jeunes, les enfants sont comme des éponges et apprennent très rapidement.

L'orthophoniste, qui travaille depuis 10 ans dans le domaine, explique qu'il y a une période d'intervention critique entre 0 et 5 ans durant laquelle il est crucial d'offrir des services pour aider les enfants sourds ou malentendants.

Un apprentissage en bas âge aide à diminuer la frustration ressentie par ces enfants lorsqu'ils sont incapables de communiquer. Malheureusement, ils doivent souvent attendre longtemps avant d'avoir accès à un spécialiste.

Becca Yu, directrice de l'éducation publique pour l'Association Speech and Hearing BC

Mme Yu croit qu'il y a un manque généralisé de financement pour l'éducation à la petite enfance en Colombie-Britannique.

Manque de services et handicap

Franck Hohnadel et sa petite fille, qui portent tous deux des lunettes de soleil, sont assis sur un rebord en bois et tiennent des cornets de crème glacée.

Franck Hohnadel est l'un de près de 40 000 signataires d'une pétition qui s'opposent à la fermeture d'une prématernelle pour enfants sourds et malentendants en Colombie-Britannique.

Photo : franck hohnadel

Quatre-vingt-dix pour cent des enfants ayant des problèmes de surdité sont nés de parents entendants, selon l'organisme Deaf Children's Society of B.C . Ce n'est pas facile pour les parents d'apprendre la langue des signes pour communiquer avec leurs enfants, raconte Lisa Meneian, la directrice générale de l'organisme.

Les enfants ont besoin de plusieurs modèles qui parlent aisément la langue des signes , ajoute Lisa Meneian.

Les enfants qui n'auront pas eu accès à des services spécialisés tôt auront besoin de l'aide d'une interprète pour s'intégrer dans des programmes réguliers, précise-t-elle.

Cela crée un handicap pour un enfant [de ne pas être capables de converser avec la langue des signes] qui n'était pas là à la base.

Lisa Meneian, directrice générale pour la Deaf Children Society of B.C.

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