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Un couple à la tête du musée d'art moderne Remai de Saskatoon

Une photographie en studio de Aileen Burns et de Johan Lundh.

Aileen Burns et Johan Lundh étaient commissaires d'exposition avant d'être administrateurs. Aujourd'hui, Aileen Burns et Johan Lundh disent vouloir participer activement à l'élaboration de la programmation du musée.

Photo : Louis Lim

Le poste de directeur du musée d'art moderne Remai de Saskatoon sera comblé par deux personnes. Il s’agit d'Aileen Burns et de Johan Lundh, un couple. Elle est originaire de Toronto et lui vient de Suède. Qui est ce couple qui s'apprête à prendre les rênes d'un des musées d'art contemporain les plus ambitieux au pays?

Même s'ils n’avaient jamais mis les pieds en Saskatchewan avant leur entretien avec le conseil d’administration du Musée, ils ont vraisemblablement impressionné la galerie.

Dès le début, nous avons tout de suite su que nous avions affaire à des gens très spéciaux et très intrigants

Doug Matheson, président du conseil d’administration du Remai Modern

Au cours des dix dernières années, ils ont laissé leur marque sur plusieurs institutions. Ils ont été co-directeurs du Len Lye Centre de New Plymouth en Nouvelle-Zélande, ont dirigé le Institute of Modern Art a Brisbane en Australie et le Centre for Contemporary Art de Derry-Londonderry en Irlande du Nord.

Le couple n'a jamais planifié de faire carrière ensemble, la chose est arrivée naturellement.

Nous ne voulions pas être en compétition. Au fil des expositions, nous avons réalisé qu’avoir des emplois différents aurait aussi été une lutte puisque nous avons les mêmes rêves et les mêmes ambitions. En partageant nos rôles, nous pouvons faire fi de la compétition et construire quelque chose ensemble, explique Alieen Burns.

Selon Alieen Burns, travailler en couple bouleverse le monde des arts. Dans le domaine des arts, nous nous accrochons toujours à l'idée du génie, du visionnaire, et pour nous, cela ne peut pas être vrai. Nous faisons les choses de manière collaborative, il n'y a pas de vision unique, mentionne-t-elle.

C’est certainement un bouleversement. Même Doug Matheson, le président du conseil d’administration du Remai Modern affirme que l’organisation avait des doutes. L'idée d'avoir deux personnes pour remplir le rôle était assez surprenante et nous n'étions pas convaincus au début , dit-il.

Au début, c'était très inhabituel, mais cela devient de plus en plus normal, relativise Johan Lundh.

Il explique qu’au cours des dernières années, le milieu des musées a vu des couples ou des collectifs prendre la tête de bien des institutions, au Kunsthalle de Vienne, au Staatliche Kunsthalle de Baden-Baden, et même au Konstnärshuset de Stockholm.

Selon Johan Lundh, la façon de travailler du couple marque les institutions qu’i a dirigé. Nous voulons que chacun puisse exprimer son opinion. Ce pourrait être un jeune assistant dont les idées sont retenues et non le conservateur principal. Le monde de l'art est encore très conservateur et hiérarchisé, et c'est un défi pour certaines personnes et ce sera un défi au Remai, fait-il remarquer.

Même si la carrière du couple est encore jeune, il a su se démarquer par son engagement social. Alieen Burns partage leur motivation : Ce qui nous fait avancer dans le monde de l'art est une croyance presque naïve selon laquelle l'art peut nous faire voir le monde d'une manière différente. Nous croyons qu’il doit nous amener à nous remettre en question et à réfléchir au type de société que nous voulons.

Si l'art est un lieu de prestige, où nous célébrons des moments, des mouvements et des artistes extraordinaires, pour nous, ce n'est pas pour autant séparé du contexte social.

Alieen Burns

Pour le couple, la pandémie actuelle est en quelque sorte un catalyseur. Johan Lundh indique qu'il faudra que les choses changent. Nous sommes enthousiastes à l'idée que les choses puissent enfin évoluer. Même si ça ne sera probablement pas drastique., ajoute-t-elle.

S'ils croient que la crise va rendre l’art plus accessible sur l’internet, ils ne doutent pas que l’art va continuer à voyager. Quant à elle, Alieen Burns estime que c’est sans doute un bon moment pour s’installer quelque part : C’est le moment idéal pour trouver notre rythme et pour commencer à travailler.

Se tourner vers l'avenir

L’embauche d'Aileen Burns et de Johan Lundh marque la fin d’une longue recherche pour trouver qui pourrait assurer le rôle de directeur.

Le directeur précédent Gregory Burke a quitté le musée de façon précipitée en décembre 2018, un an à peine après l'ouverture du musée. Une plainte avait été déposée contre lui à la commission des droits de la personne de la Saskatchewan après des allégations de harcèlement au travail.

Le président du conseil d’administration du Remai Modern Doug Matheson affirme que les relations avec les employés ont été renouées et que la galerie est prête pour la relève.

Ils sont au courant de tout ce qui a eu lieu, ils apportent un point de vue nouveau, et nous pensons qu'ils ont toutes les compétences en communication et l'empathie nécessaire pour établir des relations solides avec le personnel et la communauté, dit-il.

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