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Pourquoi le climat devient-il extrême?

Image satellite montrant un blizzard longeant la côte est de l'Amérique du Nord.

Image satellite du blizzard record de janvier 2020 à Terre-Neuve.

Photo : NOAA-Satellite météo GOES-16

Tempêtes à répétition, inondations récurrentes, coups de froids brefs et intenses, vagues de chaleur et sécheresses plus marquées et plus longues. On constate en effet depuis déjà plusieurs années que le climat devient plus variable et extrême.

Alors comment en sommes-nous arrivés là?

D’entrée de jeu, il faut relier ces sautes d’humeur climatiques au réchauffement planétaire et à ce qu’on appelle la variabilité naturelle du climat.

Tout d’abord, comme son nom l’indique, la variabilité naturelle du climat est tout à fait naturelle et fait partie intrinsèque du climat de la planète. En d’autres mots, certains cycles météorologiques accompagnés de fluctuations de températures et de tempêtes ont toujours existé et existeront toujours.

Cependant, l’augmentation constante des phénomènes extrêmes ne peut s’expliquer uniquement par la variabilité naturelle du climat. Il faut donc faire intervenir un autre facteur, en l’occurrence le réchauffement planétaire, qui entraîne des modifications au sein du climat, ce qu’on appelle le changement climatique. Le changement climatique est donc provoqué par le réchauffement planétaire et non l’inverse.

Le trajet du courant-jet au-dessus de l'Amérique du Nord.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le courant-jet polaire.

Photo : NASA

Dans ce contexte, on observe depuis déjà quelques décennies que le patron du courant-jet a changé sensiblement. Le courant-jet est d’une importance primordiale, car il est intimement lié aux tempêtes et aux fortes variations de température.

Des travaux de recherches récents ont montré que le courant-jet a perdu en vitesse et est devenu plus oscillant. Autrement dit, les creux et les crêtes du courant-jet ont tendance à s’accentuer et se déplacent aussi plus lentement. C’est dans les creux de courant-jet (creux bien définis) que se logent les perturbations atmosphériques, et plus les creux sont accentués, plus le potentiel pour que de fortes tempêtes se forment est important. Par le fait même, les tempêtes ont tendance à se déplacer plus lentement compte tenu de l’amplitude plus marquée des creux de courant-jet.

L’air froid est associé aux creux, l’air chaud aux crêtes de courant-jet.

Ainsi, des creux et des crêtes plus accentués seraient responsables de plus fortes variations de température. Étant donné que le courant-jet est le reflet des contrastes de températures nord-sud, l’affaiblissement du courant-jet est fort probablement lié au fait que les températures augmentent plus rapidement dans les régions arctiques (effet du réchauffement climatique) et qu’ainsi les contrastes thermiques nord-sud faiblissent sensiblement.

Jusqu’à maintenant nous avons discuté de ce qu’on appelle la dynamique de l’atmosphère. Parallèlement, pour ce qui est de la température et de l’humidité, on note qu’avec l’augmentation des températures, il en résulte un accroissement de la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Cela est dû au fait que plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau. Par conséquent, plus l’atmosphère contient de la vapeur d’eau, plus le potentiel de voir apparaître des précipitations abondantes augmente.

Compte tenu de l’augmentation des températures à l’échelle mondiale, l’atmosphère adopte donc un nouvel état d’équilibre climatique qui se traduit par une augmentation des événements météorologiques extrêmes.

Le blizzard record qui a frappé Terre-Neuve les 18 et 19 janvier dernier avec plus de 75 centimètres de neige et des vents de presque 150 kilomètres à l’heure en est un bel exemple.

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