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Une productrice d'Ottawa veut faire voir et entendre la diversité francophone sur Netflix

La websérie Piégé, produite par l'Ottavienne Sabine Daniel, a été réalisée dans le cadre de sa formation à l’Institut national de l’image et du son (INIS) et financée par une bourse d'études Netflix attribuée par le plateforme pour accroître la présence de professionnels issus de la diversité culturelle dans le milieu cinématographique.

Un écran de caméra dans lequel on voit un tournage d'une émission de télé mettant en vedette deux personnes à la peau noire.

La productrice ottavienne Sabine Daniel, récipiendaire d'une bourse Netflix à l'INIS, compte varier les modèles francophones à l'écran.

Photo : Facebook / Sabine Daniel

La productrice veut profiter de ce soutien à la production télévisuelle du Canada pour faire briller la francophonie hors Québec à l'écran.

Dans le cadre de sa formation intensive en production télévisuelle à l’Institut national de l’image et du son (INIS), l’Ottavienne Sabine Daniel a produit la websérie Piégé. Elle a collaboré avec le scénariste David Bourgeois et la réalisatrice Mélanie Pilon pour offrir trois épisodes d’environ cinq minutes chacun.

Des jeunes sont dans une pièce ressemblant à un jeu d'évasion.

Les comédiens Laurence Latreille, Charles-Alexandre Dubé, Eve Lemieux, Charles-Aubey Houde et Gabriel Lafrance ont participé à la websérie « Piégé ».

Photo : Une production du programme de télévision 2019 de l'Inis

Piégé raconte l’histoire de Thomas, un jeune homme qui se venge de ses ravisseurs après avoir été séquestré pendant des années. La websérie est disponible sur lesite web de la Fabrique culturelle (Nouvelle fenêtre) depuis le 8 mai et les trois épisodes seront en ligne jusqu’au début du mois de juin.

Sabine Daniel, qui avait géré des plateaux rassemblant une dizaine de personnes jusqu'à maintenant, avoue que mener 34 professionnels s'est avéré un beau défi. Piégé a été un projet de longue haleine qu’on a dû planifier dès le début de notre formation de six mois , mentionne celle qui composait, par la même occasion, avec son plus gros budget de production à ce jour.

Netflix a l’oeil sur les contenus francophones

Mme Daniel est l’une des deux récipiendaires - sur les neuf candidats inscrits de sa cohorte - à avoir reçu une bourse de 5000 $ attribuée par Netflix en soutien aux étudiants de l’INIS qui s’identifient à des communautés multiculturelles, autochtones ou à des minorités visibles.

La productrice précise que les fonds couvrent en partie ses études, en plus de lui permettre d'étoffer du contenu potentiellement d’intérêt si Netflix est intéressé à développer un projet et l’emmener plus loin , ajoute-t-elle.

Ainsi, en finançant des projets comme la websérie Piégé, Netflix se donne la possibilité de reprendre des idées pour les diffuser sur sa plateforme. Tout ça, dans une volonté avouée d'accroître son offre de contenus canadiens et francophones.

Une femme haïtienne sourit en regardant la caméra.

La productrice ottavienne Sabine Daniel veut représenter davantage la diversité francophone hors Québec à l’écran.

Photo : Facebook / Sabine Daniel

Je pense qu’il y a un engagement d’aider des créateurs dans le pays, surtout la communauté francophone, à se développer et créer de nouvelles séries et émissions , avance Sabine Daniel.

La comédienne Laurence Lareille, qui a elle aussi grandi dans la région de la capitale fédérale, abonde, évoquant la popularité du long métrage québécois Jusqu’au déclin. Visionné par 21 millions de personnes dans le monde, ce film aura probablement un impact sur la volonté du diffuseur d’investir dans le septième art d’ici, ce qui multiplierait selon elle les initiatives.

Si la porte est ouverte pour élargir le champ des possibles, c’est certain qu’on va arriver avec des contenus différents , croit la comédienne que le public a notamment pu voir dans Fugueuse et la série jeunesse Mehdi et Val.

Une jeune femme en sueur est couchée sur le plancher, le regard évasif.

La comédienne Laurence Latreille dans la websérie « Piégé »

Photo : Une production du programme de télévision 2019 de l'INIS

[Piégé] est un thriller et je crois que Netflix aime beaucoup ce genre de séries : c’est divertissant, ça concerne tout le monde, c’est facile à regarder, donc je pense qu’il aurait place à développer cette série-là. Ce serait vraiment excitant!

Laurence Latreille, comédienne

Représentativité à multiplier

Bien que son projet déployé au terme de sa formation à l’INIS avait pour mission de développer du contenu québécois, Sabine Daniel a de plus grandes ambitions pour le cinéma en français.

La productrice d’origine haïtienne se rappelle avoir grandi en ne se reconnaissant pas dans la réalité ni dans les personnages qu’elle voyait à l’écran. C’était très difficile de trouver du contenu francophone où il y avait de la diversité au Québec, alors pour compenser, je regardais du contenu américain , se remémore-t-elle.

Une femme sourit en regardant vers la droite.

D'origine haïtienne, Sabine Daniel a grandi en ne se reconnaissant pas dans les personnages qu'elle voyait à la télévision québécoise, par exemple.

Photo : Sabine Daniel

Avoir cette diversité plurielle : être femme, noire, francophone, vivant en milieu minoritaire et ne pouvant pas voir mes histoires représentées tant à la télévision francophone qu’anglophone, c’était difficile.

Sabine Daniel, productrice

Aujourd’hui, Sabine Daniel rêve d’une tout autre représentativité pour la jeunesse francophone. Elle s’est investie de la mission de faire rayonner la diversité culturelle et linguistique du pays dans ses créations, tout en racontant des histoires dans lesquelles les différentes communautés se reconnaîtront.

La productrice planche présentement sur une émission intitulée ADN. Le concept, développé lors de ses études à l’INIS et financé par sa bourse Netflix, tourne autour de personnalités connues de la capitale nationale qui, après s'être soumis à des tests génétiques, découvrent leurs origines métissées et l'histoire de communautés faisant partie de leur ADN. Le conseiller municipal d’Ottawa Mathieu Fleury ou encore l’initiateur des Jeux franco-ontariens Félix Saint-Denis prendront part à l'émission.

Le tournage d’ADN, réalisé en partenariat avec Bell Média, est prévu à la fin du mois de juin.

Avec les informations de Kevin Sweet

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