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Des Québécois toujours coincés au Pérou, mais pour combien de temps?

Le gouvernement péruvien a mis fin aux vols de rapatriement le 22 avril dernier.

Le couple est devant son véhicule, dans un stationnement.

Pierre Coupel et Marie Salindre devant leur véhicule, stationné depuis le 17 mars, à San Pedro de Cachora, au Pérou.

Photo : Marie Salindre

Des Québécois sont coincés dans le stationnement d'un terminal de bus à Cachora, une petite ville du Pérou. Aucun vol commercial n'est disponible, et le Canada ne prévoit pas d'autres vols nolisés. « Venez nous chercher, on veut rentrer à la maison », lancent-ils.

Marie Salindre et Pierre Coupel ont quitté leur appartement du quartier Saint-Jean-Baptiste, à Québec, en septembre, pour une aventure de neuf mois en Amérique du Sud. Ils ont d'abord acheté une camionnette aménagée, au Chili, afin de pouvoir se promener librement.

Le confinement a commencé à frapper plusieurs pays en mars, dont le Pérou, où se trouvait le couple d'origine française. On n’était pas trop au courant non plus de l’ampleur du phénomène, donc on est partis en randonnée, raconte Pierre Coupel.

Et là, on a croisé des personnes qui nous on dit de faire demi-tour, que tout était fermé, et que toute la circulation serait interdite, poursuit-il.

Le couple s'est donc rendu dans un petit village, San Pedro de Cachora, situé à près de 1000 km de Lima, la capitale du Pérou. Ils se sont rendus au poste de police afin qu'on les autorise à trouver un lieu de confinement.

Le véhicule blanc est dans un stationnement.

Le véhicule du couple de Québec ne peut pas sortir de ce stationnement.

Photo : Marie Salindre

Depuis le 17 mars, ils sont donc dans le stationnement d'un terminal d'autobus. Le couple a accès à de l'eau courante et à des toilettes.

Rentrer au pays

Lorsque le Canada a annoncé que des avions seraient nolisés pour des Canadiens au Pérou, Marie Salindre et Pierre Coupel n'ont pas tenté leur chance immédiatement.

Tout le monde n’a pas pris la décision de rentrer dès le début, parce que déjà on préférait éviter d’aller dans les aéroports, d’aller dans les grandes villes, attendre que ça se tasse un peu. D'autre part, parce qu’on a un véhicule, ce n'est pas simple de se débarrasser d’un véhicule, souligne la jeune femme.

L'inscription sur un vol nolisé et les déplacements étaient aussi complexes, déplorent-ils. Le couple doit faire plus de 16 h de route pour se rendre à Lima.

On avait l'information deux ou trois jours avant que le vol arrive [...], mais il nous faut aussi deux ou trois jours pour obtenir une autorisation pour bouger, déplore Marie Salindre, qui est entrée en contact avec une centaine de Canadiens coincés au Pérou.

On est en contact avec des familles qui ont des enfants, on est en contact avec des couples dont la jeune femme est enceinte. On se demande quand même pourquoi l’ambassade, pourquoi le gouvernement attend autant pour nous envoyer un vol?

Marie Salindre
Une rue de la ville Cachora, au Pérou.

Une rue du village

Photo : Marie Salindre

Affaires mondiales Canada confirme avoir facilité le retour de plus de 2652 citoyens canadiens du Pérou sur 9 vols.

Toutefois, le temps s'annonce long pour le couple qui a entamé des démarches pour rentrer au pays il y a trois semaines. Le Canada ne prévoit pas, pour l'instant, d'envoyer d'autres vols de rapatriement au Pérou.

Le dernier vol a eu lieu le 16 avril étant donné la décision du gouvernement péruvien de mettre fin aux vols de rapatriement à compter du 22 avril, précise la porte-parole Angela Savard.

Malgré tous les efforts que nous déployons, nous ne serons pas en mesure d’assurer le retour de tous les Canadiens qui aimeraient revenir au pays.

Angela Savard, porte-parole, Affaires mondiales Canada

En date du 22 mai, près de 38 000 Canadiens sont rentrés au pays à bord de 346 vols en provenance de 99 pays.

Vue de Cachora, au Pérou

Vue de San Pedro de Cachora, au Pérou

Photo : Marie Salindre

Une autorisation pour se déplacer

Le couple a rempli, dans les derniers jours, une demande de déplacement auprès du gouvernement fédéral. Mais le couple doute de remplir les critères.

On doit donner des informations précises sur le vol qu’on va prendre, sur les transports qu’on va prendre pour aller jusqu’à Lima déjà, et nous, on n’a pas ces informations, précise Marie Salindre.

Ils ont tenté d'acheter des vols commerciaux pour revenir à Québec, mais en vain. Tous les vols quelques jours avant sont annulés, ils ne sont pas remboursés. Et on a droit à un coupon. Il y a beaucoup de compagnies aériennes qui font ça.

Des montagnes de la Ville de Cachora au Pérou.

San Pedro de Cachora est situé à 169 km de Cusco.

Photo : Marie Salindre

Pierre Coupel se compte tout de même chanceux de pouvoir répondre à leurs besoins de base sans problème, mais ils ne pourront pas rester au Pérou indéfiniment.

Ce qui nous inquiète un peu plus, c’est que les prochains vols, le rétablissement des vols internationaux en fait, c’est en octobre [...] Financièrement, il va falloir un moment donné qu’on se remette à travailler, précise-t-il.

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