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Pas de nouveaux types de tests prévus au Québec

Pour le moment, malgré une volonté d'adopter un nouveau type de prélèvement, Québec va continuer d’utiliser des écouvillons pour ses tests.

Une préposée de la santé fait passer un test de dépistage à un chauffeur de taxi.

À ce jour, les prélèvements se font avec un écouvillon.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Au début du mois, la Direction de la santé publique du Québec avait émis la possibilité de réaliser des prélèvements par expectoration. Ce procédé « simplifie beaucoup le prélèvement et nous enlève la charge d'acheter des écouvillons », avait affirmé Yves Jalbert, l’adjoint d’Horacio Arruda, le 1er mai, lors de la présentation de la nouvelle stratégie de dépistage de la province.

Cette technique, plus simple, était envisagée en vue du déconfinement massif en cours et d’une augmentation importante, souhaitée, du nombre de tests. C'est une toute nouvelle approche qui est bien adaptée au contexte actuel de déconfinement que l'on met en oeuvre, avait mentionné Yves Jalbert.

Ce type de prélèvement consiste à recueillir des crachats en quantité suffisante pour permettre l’analyse, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Ainsi, il n’y aurait plus besoin d’utiliser ces tiges de coton. C’est un avantage, puisque les écouvillons sont en grande demande partout, souligne le MSSS.

Or, près d’un mois plus tard, ce procédé n’est pas utilisé. Aucune date n’est définie à ce stade, soutient finalement le gouvernement.

Pour le moment, cette technique n’est pas implantée. Il s’agit d’un mode de prélèvement alternatif.

Marie-Claude Lacasse, porte-parole du MSSS

L’idéal demeure l’écouvillon nasopharyngé, ajoute-t-on, tout en précisant que l’inventaire permet, à l’heure actuelle, de répondre à la demande.

De nouveaux stocks d’écouvillons reçus récemment permettent d’avoir plusieurs semaines d’approvisionnement en réserve, indique-t-on à Radio-Canada, alors que cet enjeu a été soulevé à de nombreuses reprises depuis le début de la crise sanitaire.

Des enjeux de performance, reconnaissent des experts

L'idée du prélèvement par expectoration serait d'ailleurs vue d’un bon œil par le président de l’Association des médecins biochimistes du Québec, Yves Giguère.

La facilité, c’est la beauté de ce prélèvement, soutient-il. Grâce à un crachat, le matériel génétique du virus est récupéré et peut-être analysé, détaille-t-il.

Le problème, juge néanmoins ce médecin spécialiste, réside dans les enjeux de performance, principalement au niveau des machines chargées d’analyser les prélèvements.

Il faut s’assurer que le niveau de performance est là. Il faut de la sensibilité, de la fiabilité, car on ne veut pas de faux négatifs et faussement rassurer les gens.

Yves Giguère, président de l’Association des médecins biochimistes du Québec

Il y a des incertitudes, ajoute également le microbiologiste Amir Khadir.

Il y a des considérations techniques, ce n’est pas aussi fiable que de rentrer un écouvillon. Dans un contexte hospitalier, c’est moins un problème, mais pour les tests actuels, c’est plus difficile d’avoir des statistiques fiables, admet-il.

Ce type de prélèvement est ainsi plus facilement utilisable dans des laboratoires de recherche, reprend Yves Giguère. C'est pour cela qu'en ce moment, sur la planète, ce n'est pas quelque chose qui est privilégié.

Un premier abandon d’un test rapide

Au début du mois, Québec a déjà dû tirer un trait sur les tests rapides mis de l’avant par l’entreprise Spartan Bioscience. Le gouvernement Legault avait commandé 200 000 tests et 100 appareils portables qui promettaient une analyse des prélèvements en 30 minutes. Cependant, cette technique n’a finalement pas obtenu l’homologation de Santé Canada.

La cible toujours pas atteinte

En ce moment, Québec n’atteint toujours pas l’objectif fixé de réaliser 14 000 tests quotidiens. Cette cible devait être atteinte le 8 mai. Ce chiffre est même redescendu sous la barre des 10 000 cette semaine, alors qu’en fin de semaine passée, François Legault avait fait part, vivement, de son mécontentement.

Je n'accepte pas ça. Je ne suis pas content, je l'ai dit aux personnes concernées. Je suis le dossier personnellement, avait-il affirmé le 13 mai.

Jeudi, le premier ministre a de nouveau fait part de sa contrariété sur ce sujet, en assurant être très impatient d’atteindre cet objectif.

On veut faire plus de tests, a-t-il martelé, tout en rappelant que le Québec réalise déjà plus de prélèvements, par rapport aux nombres d’habitants, que des pays comme les États-Unis ou la France.

M. Legault arrivant à la conférence de presse en portant un masque à l'effigie du Canadien de Montréal.

Le premier ministre Legault a déclaré jeudi que, pour gagner la lutte contre la COVID-19, le Québec devait « jouer en équipe ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le beau temps comme justification

Du côté du gouvernement, on soutient que la quarantaine de laboratoires chargés d’analyser les prélèvements ont la capacité de réaliser environ 20 000 analyses [par jour] depuis une semaine. Dans le même temps, Ottawa s’est engagé à aider les provinces à augmenter massivement ce nombre de tests.

Les effectifs nécessaires sont disponibles, certifie le MSSS, qui fait part de plusieurs hypothèses :

  1. « Avec l’arrivée du beau temps, le nombre de personnes avec des symptômes de fièvre, de toux, de difficultés respiratoires ou de perte de l’odorat avec ou sans perte de goût pourrait diminuer;
  2. Les gens ne se déplacent pas en clinique de dépistage. »

Ces arguments ne convainquent pas l’épidémiologiste Nimâ Machouf. Les consignes ne sont pas claires, soutient-elle. Si les gens ne sont pas au rendez-vous, il faut faire plus de publicité, il faut dire aux gens où aller, assure celle qui exerce à la Clinique du Quartier latin.

Si on n’arrive pas à tester massivement, le déconfinement peut être dangereux. On va avancer dans le noir.

Nimâ Machouf, épidémiologique à la Clinique du Quartier latin

Depuis début mai, l’accès au dépistage a été revu par le MSSS. Si les patients symptomatiques et le personnel de santé sont toujours prioritaires, le grand public qui ressent des symptômes ou ceux ayant été en contact avec des cas positifs peuvent se faire tester.

Pas d’études sérologiques pour le moment

Québec ne s’aventure pas sur une date pour la mise en place d’études sérologiques, qui permettraient de savoir combien de personnes ont été infectées par la COVID-19.

Aucune date n’est encore définie pour le recours à leur utilisation, concède Marie-Claude Lacasse, porte-parole du MSSS.

Des commandes de certaines trousses de sérologie ont été effectuées afin que les laboratoires puissent dans un premier temps procéder à l’évaluation de la qualité de ces trousses, ce qui est une étape essentielle préalablement à leur utilisation.

Marie-Claude Lacasse, porte-parole du MSSS

Des études sont en cours, ajoute-t-elle, alors que Santé Canada a donné son feu vert ces derniers jours à une technique développée en Italie, ainsi que, jeudi, celle développée par la compagnie américaine Abbott.

Ça va être des prises de sang qui vont être prises au bout du doigt, puis on va appliquer un test pour vérifier quels sont les anticorps, avait expliqué le 18 mai Horacio Arruda.

Le même jour, ce dernier avait déclaré que le taux d'immunité au sein de la population québécoise serait actuellement entre 3 % et 5 %.

Avec la collaboration de Cathy Senay

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