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Le partenariat #CanadaEnPrestation prolongé jusqu’en 2022

La façade de l'édifice du CNA affiche un bandeau avec le logo de Facebook.

L’initiative #CanadaEnPrestation s'étendra sur deux autres années.

Photo : Radio-Canada

L’initiative #CanadaEnPrestation se poursuivra jusqu’en 2022. Les artistes canadiens pourront donc continuer d’offrir au public des prestations virtuelles de leur salon, d’une salle de spectacle vide, d’un studio ou encore d’un petit festival, tout en étant rémunérés, alors que le pays passe lentement en mode déconfinement.

Le premier volet de ce partenariat entre le Centre national des Arts (CNA) et Facebook Canada a été lancé le 19 mars pour pallier le manque à gagner des artistes canadiens provoqué par la fermeture des salles de spectacle et l’annulation en série des festivals découlant de la crise de la COVID-19.

Cette première phase de #CanadaEnPrestation, qui se terminera le 31 mai, aura donné l’occasion aux internautes d’ici et d’ailleurs d’assister à quelque 700 spectacles et lectures de textes de créateurs professionnels de tous les horizons — musique, danse, théâtre, littérature —, présentés en direct des quatre coins du pays.

#CanadaEnPrestation en quelques chiffres :

  • 4,5 millions de vues de spectateurs canadiens et étrangers depuis le 19 mars
  • 700 prestations présentées en direct d’ici au 31 mai
  • 700 000 $ en cachets versés dans la première phase

« Nouvelle ère, nouvelle phase »

Le nouveau partenariat CNA-Facebook, doté d’un fonds de 500 000 $ et d’une durée de deux ans, permettra aux artistes d’expérimenter et d’innover en matière de diffusion en ligne, entre autres.

Le producteur associé en musique populaire et variétés au CNA, Xavier Forget, précise que la formule #CanadaEnPrestation est appelée à changer dans ce deuxième volet, notamment parce que le déconfinement est amorcé.

Pour cette phase 2 du projet, l’équipe souhaite travailler de concert avec des salles de spectacle et des festivals, déjà ancrés dans leurs communautés, pour développer de nouvelles façons de faire. Par exemple, M. Forget espère pouvoir investir de nouveaux lieux en organisant une prestation dans une salle de spectacle équipée, plutôt que dans le salon d’un artiste.

Pour les gens, l’idée des concerts de salon a bien fonctionné, mais je pense que ça a aussi fait son temps.

Xavier Forget, producteur associé en musique populaire et variétés au CNA

En passant à la prochaine étape, le CNA veut proposer des contenus de meilleure qualité. Il reste encore quelques détails à fignoler, notamment à savoir si le diffuseur enverra des trousses avec l’équipement nécessaire à une captation vidéo ou s’il enverra des techniciens équipés, par exemple. M. Forget a cependant bon espoir que le déconfinement progressif permettra de nouvelles avenues.

Une femme écoute le concert de Céleste sur sa télé.

En mars dernier, Anne Fournier écoutait le concert de Céleste Lévis dans le cadre de #CanadaEnPrestation depuis son salon à Kapuskasing.

Photo : Rémi Dumais

Le pouvoir de découvrabilité

Pour le président de l'Alliance nationale de l'industrie musicale, José Bertrand, l’annonce d’une nouvelle entente est salutaire pour sécuriser les revenus de quelques artistes à long terme. En effet, les créateurs retenus dans le cadre du programme #CanadaEnPrestation reçoivent un cachet de 1000 $ pour leur spectacle en ligne.

Qui plus est, M. Bertrand fait valoir que le public découvre des artistes qu’il n’aurait pas connus autrement, ce qui pourrait éventuellement être bénéfique pour la vente de billets à la reprise des spectacles.

Ce dernier suggère aux artistes d’utiliser ce pouvoir découvrabilité conféré par les médias sociaux — et décuplé alors que le public est derrière l’écran à la maison — pour en faire un outil de marketing rentable.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Le président de l'Alliance nationale de l'industrie musicale insiste sur la valeur des spectacles en ligne, considérant que les artistes investissent souvent plusieurs heures pour présenter une prestation de qualité professionnelle. Reste qu’ils ne sont présentement pas tous payés pour leur travail.

C’est une bonne vitrine pour faire du développement de public. La petite réserve que j’ai, c’est que je ne suis pas convaincu que le public et que les autres diffuseurs comprennent à 100 % que ces spectacles-là doivent être rémunérés, bien que ce soit virtuel, nuance-t-il.

D’ailleurs, en attendant d’uniformiser les pratiques, certains professionnels de la scène comme la Franco-Ontarienne Mélissa Ouimet ont commencé à « passer le chapeau  » virtuellement, question de récolter le fruit de leur labeur.

Une femme portant un chapeau sourit en regardant subtilement en regardant la caméra

Depuis le début de la pandémie, Mélissa Ouimet fait des spectacles en direct sur Facebook tous les jeudis et a décidé de demander des contributions monétaires sur une base volontaire.

Photo : Radio-Canada

Gratuité inquiétante

Le CNA dit entendre les préoccupations des acteurs du milieu culturel qui s’inquiètent pour la pérennité du monde du spectacle devant autant d’initiatives gratuites pour le public en ligne.

Xavier Forget tente de rassurer les gens en indiquant qu’il n’a jamais été question de cesser les spectacles en salles ou de vendre des billets, mais qu’une approche complémentaire virtuelle s’avère une avenue intéressante pour l’avenir.

La nouvelle entente offrira également des occasions de travail rémunéré aux artistes et aux techniciens de l’industrie jusqu’à la reprise des activités dans les lieux de diffusion.

C’est une nouvelle façon qu’on a de rejoindre les Canadiens un peu partout au pays, donc de faire découvrir des artistes , note le producteur associé en musique populaire et variétés — une offre qui, selon lui, va perdurer.

Le président de l'Alliance nationale de l'industrie musicale est d’avis que le CNA est toujours en « mode réaction » et qu’il devra, en tant qu’institution nationale, pousser la réflexion plus loin afin de réfléchir aux nouveaux modèles d’affaires que peut représenter la diffusion virtuelle. On tombe dans une nouvelle ère, un nouveau monde où il faut continuer à avancer , dit-il.

José Bertrand croit qu’il est temps de vérifier si le public qui ne peut pas de déplacer en salle pour voir un spectacle est prêt à payer un montant pour y assister à distance par le biais d’une diffusion de qualité.

Il serait temps que le CNA se mette de la partie en tant que pionnier pour découvrir ce modèle financier là [...] à savoir : est-ce qu'il y a un appétit du public de payer pour des spectacles [virtuels] en direct?

José Bertrand, président de l'Alliance nationale de l'industrie musicale

Pour l’instant, le CNA compte surtout sur son partenariat avec Facebook Canada pour divertir à plus grande échelle. Comme les artistes et le public y sont — en grande partie — déjà présents, Xavier Forget indique qu’il est facile de les rejoindre et que développer une nouvelle plateforme de diffusion indépendante n’est pas envisagé dans le moment.

On ne vend pas notre âme à cette compagnie-là. On continue à faire ce qu’on fait et on a encore beaucoup d’autonomie dans nos choix , déclare le producteur associé en musique populaire et variétés du CNA. Tout au long du mois de juin, #CanadaEnPrestation mettra la table pour la fête du Canada du 1er juillet, puis une programmation estivale suivra.

Avec la collaboration de Jean-François Chevrier et Kevin Sweet

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