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Le casse-tête de la rentrée pour l’Université de Saint-Boniface

Façade extérieure de l'Université de Saint-Boniface.

La coupole de l'Université de Saint-Boniface à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Thomas Asselin

Radio-Canada

À Winnipeg, plusieurs universités ont déjà annoncé qu'elles offiront la majorité de leurs cours en ligne cet automne. L’Université de Saint-Boniface (USB) se dirige elle aussi vers ce modèle, mais élabore encore les détails.

Il y a beaucoup de préparation qui se fait depuis de nombreuses semaines , affirme Sophie Bouffard, la rectrice de l’USB. Autant les services aux étudiants, autant les directions académiques se concertent et essaient de considérer tous les scénarios possibles pour l’automne.

Pour le moment, Mme Bouffard dit que l’USB se dirige vers un modèle de cours en ligne à l’automne, mais note qu’il pourrait aussi y avoir une composante en personne. Cette possibilité de cours à géométrie variable pourrait permettre à certaines activités présentielles comme des laboratoires ou de petits programmes à se tenir sur le campus.

Mme Bouffard dit que l’USB fournira plus d’informations en début de semaine prochaine.

Le collège Red River a annoncé que le semestre prochain se ferait entièrement à distance. L’Université du Manitoba donnera le maximum de cours en ligne. Il y aura quelques exceptions de classes qui se dérouleront sur place avec distanciation physique et hygiène accrue.

La Canadian Mennonite University tente un modèle hybride pour l’automne et pour l’hiver. Certaines classes seraient données sur le campus et d’autres en lignes.

Les directions disent suivre les ordonnances des autorités de la santé publique du Manitoba, que les décisions ne sont pas coulées dans le béton et qu’elles pourraient être modifiées en fonction de l’évolution de la situation de la COVID-19 au Manitoba.

Préoccupations des profs et des étudiants

Certains professeurs ont déjà exprimé leurs inquiétudes quant à un possible retour sur le campus, selon Patrick Noël, de l’Association des professeurs et professionnels de l’USB.

Il y a des profs qui s’inquiètent d’un retour en présentiel, peu importe si nous avons le feu vert de l’administration ou non, certains profs nous ont exprimé leurs intentions de ne pas retourner en salle de classe [jusqu’à ce que la COVID-19 ne pose plus de risque] , dit-il.

Pour les étudiants, le défi est technologique. Suivre des cours pendant tout un semestre à distance requiert l’accès à un ordinateur. Or, certains étudiants sont mal équipés selon Beydi Traoré, le directeur général de l’Association étudiante de l’Université de Saint-Boniface.

Ce ne sont pas tous les étudiants qui ont déjà un ordinateur, ça peut être déjà compliqué. Ceux qui utilisent leur téléphone ça fonctionne un petit peu, mais c’est la même chose, ce ne sont pas tous les étudiants qui ont un bon téléphone. C’est ça le retour qu’on a eu, au niveau technologie, que faire par rapport à ça, résume-t-il.

Pas de nouvelles compressions à l’USB

En avril, le gouvernement de Brian Pallister a demandé aux universités de la province de présenter des scénarios de réduction budgétaire de l’ordre de 10 à 30 %, pour participer aux efforts face à la crise économique. Cette demande a suscité une vive réaction du syndicat des professeurs de l’USB.

Jeudi en entrevue avec Radio-Canada, la rectrice Sophie Bouffard a indiqué que l’USB ne verrait aucune compression de son financement en lien avec le coronavirus. C’est une très bonne nouvelle , dit-elle.

La province a entendu nos arguments et donc nous n’avons pas à prévoir [...] l’impact d’une coupure additionnelle comme d’autres établissements, notamment l’Université du Manitoba et l’Université de Winnipeg , ajoute Mme Bouffard.

Une femme assise sur une table près d’un tableau accroché au mur.

La rectrice de l’USB, Sophie Bouffard.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Cependant, elle indique que l’USB pourrait être confronté à un nouveau défi sur le plan financier. Il y a de moins en moins de chance qu’on sera en mesure d’accueillir une nouvelle cohorte d’étudiants [internationaux], donc une cohorte d’étudiants [issus de l’étranger] de première année à l’automne 2020.

Des difficultés liées à l’obtention de documents pendant une pandémie et le défi de voyager au temps de la COVID-19 sont les coupables. Au Manitoba, les étudiants étrangers paient des droits de scolarité majorés. Les revenus générés par les frais de scolarité de l’USB sont d’un peu plus de 6 millions de dollars.

Si l’Université se trouve dans l’impossibilité d’accueillir des étudiants internationaux de première année en septembre 2020, cela représenterait une perte de revenus d’environ 600 000 $, soit 9,7 % des revenus générés par les frais de scolarité.

Avec les informations de Mohamed-Amin Kehel

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