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Pas de bateaux de plaisance dans le Nord canadien cet été

Un grand voilier dans la baie de Gaspé.

Du 1er juin au 31 octobre 2020, les bateaux de plaisance ne pourront pas naviguer au-delà du 60e parallèle, à quelques exceptions près.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

À partir du 1er juin, les embarcations de plaisance ne seront plus les bienvenues dans les eaux côtières arctiques du Canada, à quelques exceptions près.

Transports Canada a annoncé, la semaine dernière, de nouvelles restrictions en ce qui concerne les passages maritimes dans les eaux situées au nord du 60e parallèle. Déjà à la mi-mars, les bateaux de croisière ont été bannis de ces mêmes eaux pour la saison, et ce, dans le but de réduire le risque de transmission de la COVID-19 aux populations du Nord.

Les plaisanciers locaux dont l'embarcation est utile aux collectivités locales comme moyen de transport essentiel pour la chasse, la récolte et la pêche à des fins de subsistance ou pour l’exercice des droits issus de traités, sont eux exemptés de la nouvelle directive.

Tout comme les embarcations de plaisance étrangères qui exercent leur droit de passage inoffensif, tel que défini par la loi sur la mer des Nations unies. Ceux-ci devront néanmoins notifier Transports Canada 60 jours à l’avance de leur intention de passage et ils pourraient être assujettis à des conditions, peut-on lire dans un communiqué du ministère annonçant ces nouvelles mesures.

Transports Canada définit une embarcation de plaisance comme étant un bateau, un navire ou toute autre embarcation maritime utilisés exclusivement à des fins d’agrément et qui ne transportent pas de passagers ou de marchandises moyennant rétribution. Les canoës, les kayaks, les voiliers et les bateaux à moteur tombent aussi dans cette catégorie.

Cette nouvelle mesure fédérale est donc un nouveau pas en avant dans la lutte contre la COVID-19 dans le Nord. Elle permet également aux garde-côtes canadiens de concentrer leurs efforts sur les activités essentielles telles que le réapprovisionnement des collectivités, les opérations de déglaçage, les interventions environnementales et les opérations de recherche et sauvetage, détaille le communiqué.

Une mesure soutenue à Cambridge Bay

Angela Gerbrandt s’occupe du développement économique de la municipalité de Cambridge Bay, située sur l’île Victoria au Nunavut. C’est l’un des ports qui se trouvent sur la route sud du passage du Nord-Ouest. Un arrêt incontournable pour les plaisanciers et toute autre embarcation maritime.

Nous sommes très préoccupés à l’idée qu’une personne venue de l’extérieur de la communauté amène le virus.

Angela Gerbrandt, chargée de développement économique, Cambridge Bay

Elle affirme que les entrepreneurs de la région lui rapportent qu’ils comprennent et soutiennent cette décision, tout comme les résidents. Aucun des résidents à qui j’ai parlé ne semble agacé par ces mesures. Tout le monde semble reconnaître que c’est au-delà de notre contrôle, mais on est là depuis 4000 ans, on est résilients, on peut compter les uns sur les autres, affirme-t-elle.

Cependant, certains travailleurs du secteur touristique de Cambridge Bay espèrent tout de même une aide spécifique pour l’industrie de l'hôtellerie et de la restauration.

L’année dernière la communauté a accueilli 3000 visiteurs en l’espace de 6 jours. Une petite semaine qui correspond à la fenêtre de la saison touristique pour Cambridge Bay. Angela Gerbrandt reconnaît donc que les visiteurs étrangers sont bénéfiques en temps normal pour la communauté. Au-delà de l’argent, ils permettent aux jeunes qui sortent du secondaire de se faire de l’expérience comme guides touristiques, une expérience qu’ils peuvent faire valoir lorsqu’ils candidatent à un emploi, explique-t-elle.

Mais elle ne s’inquiète pas pour autant du manque à gagner, puisqu’elle cite des programmes et des bourses qui viennent en aide à la communauté.

Mme Gerbrandt se questionne néanmoins sur l’éventualité de devoir porter secours à des plaisanciers en mauvaise posture, mais elle reste impassible. Je vais demander au conseil municipal de passer une motion interdisant l’accès par la mer à notre communauté pour qui n’est pas résident de Cambridge Bay, fait-elle savoir.

Ceux qui ne respecteraient pas cette nouvelle directive fédérale s’exposent à une amende de 5000 $ par jour pour un particulier, et 25 000 $ pour une société.

Ces mesures sont en place jusqu’au 31 octobre 2020.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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