•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le homard, toujours le roi des fruits de mer

Des homards de la Gaspésie les uns par dessus les autres.

Le homard de la Gaspésie sera disponible en fin de semaine dans les marchés du Québec à des prix rarement vus au cours des dernières années.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

L’intérêt pour le homard ne se dément pas malgré le confinement. Bien qu’associé aux sorties au restaurant et à la fête, le homard demeure un produit printanier très recherché par les Québécois.

Historiquement, l’arrivée des premiers homards sur le marché en mai est un événement dans les supermarchés du Québec. Festivals, rassemblements, soupers communautaires, le homard est en vedette partout.

COVID-19 oblige : toutes ces fêtes, comme bien d’autres, n’ont pas eu lieu. Mais le goût du homard est demeuré, assure Stéphane Bergeron, directeur de la mise en marché des viandes et des poissons pour Sobeys-IGA. On a simplement, dit-il, à regarder dans les médias sociaux. Le consommateur recherche activement le homard. On n’a qu’à regarder dans nos magasins, on a eu des files d’attente.

Le directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O’Neil Cloutier, confirme l’engouement. Les prises de la première semaine de pêche des homardiers de la Gaspésie se sont écoulées sans problème sur le marché montréalais.

La réponse de nos industriels est que le marché semble vouloir se développer, rapporte M. Cloutier.

O'Neil Cloutier en entrevue devant une marina.

Le porte-parole du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O'Neil Cloutier (archives).

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

L’approvisionnement a été un peu plus difficile en début de saison dans les supermarchés du Québec qui se sont tournés vers les homardiers des provinces maritimes, explique Stéphane Bergeron.

Les homardiers de la Gaspésie et des Îles ne sont partis en mer que le 9 mai. Ni le homard de la Gaspésie ni celui des Îles-de-la-Madeleine n’était disponible à la fête des Mères, un moment-clé de la mise en marché du fameux crustacé.

Pourtant, dans les supermarchés Sobeys et IGA, c’est le homard du Québec qui a la cote et notamment le homard gaspésien. C’est donc vers ces nouveaux arrivages que se tournera Sobeys pour approvisionner les supermarchés du Québec au cours des prochaines semaines.

Traçabilité

Depuis huit ans, le Regroupement des pêcheurs professionnels de la Gaspésie milite pour une traçabilité du homard gaspésien. Les amateurs le reconnaissent facilement à son petit médaillon bleu qui permet au consommateur d'identifier le pêcheur qui a pris le crustacé et le lieu où il a été pêché.

Cette étiquette, qui garantit la provenance du homard, est un attrait indéniable pour le consommateur, explique Stéphane Bergeron. Les tendances vers la traçabilité des aliments et l’approvisionnement local étaient bel et bien présentes avant la pandémie.

Les acheteurs avaient fait part d’une augmentation de la demande dès l’automne dernier. Les homardiers de la Gaspésie ont alors commandé 5 millions d’étiquettes bleues qui seront apposées sur la très grande majorité des homards pêchés sur le pourtour de la péninsule.

Des pêcheurs manipulent des cages à homards.

Les pêcheurs de homard se préparent pour le début de la saison (archives).

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Jusqu’à maintenant, les homardiers madelinots avaient boudé le programme qui demeure un des rares du genre parmi les homardiers du Québec et de l’Atlantique. Sobeys a récemment demandé à ses grossistes que le homard des Îles soit étiqueté comme celui de la Gaspésie.

On comprend que c’est une implémentation pour les pêcheurs, que ce sont des coûts supplémentaires. On comprend cet enjeu, mais la demande a été faite et on a commencé à en voir. Je ne dis pas que tous les homards des Îles ont le médaillon.

Des prix aussi pour les pêcheurs

Puisqu’il y a abondance de homards sur le marché nord-américain, les prix sont à la baisse. On voit déjà une agressivité qui est plus importante au niveau du homard cette année, observe M. Bergeron.

Les acheteurs demeurent malgré tout conscients de l’importance de maintenir des prix adéquats pour soutenir la pêche. Le pêcheur, commente Stéphane Bergeron, va refuser d’aller pêcher en bas d’un certain prix, ce qui est normal. On doit respecter le fait qu’ils ont une famille à faire vivre, une industrie à faire vivre. Oui il y a une baisse de prix, mais elle n’est pas si substantielle que ça.

Des cordages sur une amarre au quai de Sainte-Thérèse de Gaspé.

L'incertitude règne au quai de Sainte-Thérèse-de-Gaspé quant aux prix payés au débarquement (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Les pêcheurs sauront la semaine prochaine si les prix seront vraiment au rendez-vous. Dans un contexte de pandémie, ce serait une bonne nouvelle pour les homardiers.

O’Neil Cloutier a toujours été convaincu que tous les efforts de conservation de la ressource et toutes les mesures pour faire valoir la qualité du produit finiraient par porter fruit. Si le prix reçu au Québec est fonction de l’identification, je dis bravo et peut-être que c’est le début d’une véritable traçabilité des produits marins du Québec et du homard en particulier.

Première transformation

Le marché du Québec est surtout celui du homard vivant. Cette année, Sobeys entend faire la promotion du homard cuit.

Des mains manipulent des homards cuits sur une table à pique-nique.

Sobeys fera la promotion du homard cuit (archives).

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Le produit demande moins de manipulation de la part des employés, ce qui permet d’adapter la mise en marché du produit aux directives sanitaires. On peut aménager des espaces en libre service pour que le consommateur puisse ramasser le homard et éviter les longues files d’attente, fait valoir le porte-parole de Sobeys.

Les promotions autour du homard cuit devraient aussi attirer les amateurs qui se tournaient habituellement vers la restauration pour déguster le célèbre crustacé.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches